Éthique, Morale et la Recherche de Dieu
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Vertu et Vice : Fondements de la Morale
105. La Vertu
Personne n'est dit vertueux pour avoir accompli un seul acte bon. La vertu est une disposition constante de la volonté à tenir compte des normes morales par la répétition d'actes bons. Le comportement parfaitement vertueux est l'idéal vers lequel les hommes doivent tendre. La vertu ne signifie pas l'absence de passion, mais de les placer à la place exacte qu'elles méritent. Aristote a défini quatre vertus cardinales, autour desquelles s'articule la vie morale : la justice, la prudence, le courage et la tempérance. La prudence dicte ce qu'il faut faire dans chaque cas afin que l'action soit conforme à l'ordre moral. La justice donne à chacun ce qui lui revient selon la loi. Le courage rend l'individu brave face aux risques. La tempérance maintient le désir du plaisir dans le bon ordre.
107. Droits et Devoirs
On distingue deux ensembles de devoirs :
1) Les devoirs envers soi-même :
- Conserver et perfectionner son propre être.
- Développer son intelligence (s'efforcer de savoir tout ce dont on a besoin).
- Améliorer sa maîtrise de soi (agir en vertu des normes morales).
Le corps et la vie sont des conditions nécessaires à la réalisation de notre objectif temporel et éternel. Le corps est l'instrument naturel de l'âme. Cette obligation s'oppose au suicide, car seul Dieu a autorité sur la vie.
2) Les devoirs envers autrui :
- La vérité doit être respectée dans les relations avec autrui, car le mensonge est toujours mauvais et brise le fondement de la vie sociale (la confiance).
- D'autres droits incluent le droit de préserver sa réputation et son honneur, le droit à la vie et à la santé, à l'intégrité physique, et le droit à la propriété privée.
- Ce dernier droit, qui garantit l'indépendance par la libre disposition des biens matériels, est toutefois limité par les exigences de la justice sociale.
Enfin, la légalité du duel est remise en question.
108. L'Homme et la Société
L'homme est destiné à la vie sociale. Il n'est autosuffisant ni spirituellement, ni physiquement. Pensons aux communautés conjugales, civiles et culturelles. Ce sont des unions stables de plusieurs individus, ainsi qu'une union morale dans un but commun. Il convient de souligner un élément essentiel : l'autorité, le pouvoir de diriger effectivement les membres vers la fin de la société. Sans autorité, il n'y aurait pas de coopération efficace, en raison de l'égoïsme et de la paresse. L'éthique s'intéresse aux sociétés dites naturelles, celles auxquelles l'homme est destiné par nature.
109. La Famille
La famille se compose de deux sociétés partielles : le couple et les parents. La société conjugale est une union stable d'un homme et d'une femme pour la procréation et l'éducation des enfants. L'essence et le but du mariage sont immuablement fixés par la nature. La procréation et l'éducation sont la fin première du mariage, comme le démontrent les traits anatomiques et physiologiques de chaque sexe et la sexualité. Cependant, l'homme étant un être intelligent et libre, la procréation doit être suivie de l'éducation dispensée par les parents, dotés par la nature de compétences particulières. Cette finalité première, qui répond à la dignité et aux besoins de l'espèce humaine, impose le devoir d'un amour intime, conscient et constant, d'une amitié capable de porter le fardeau de l'éducation des enfants. Enfin, le mariage est la seule voie légale pour satisfaire l'instinct sexuel. La réalisation de ces objectifs exige la stabilité de la famille. L'éducation requiert la collaboration du père et de la mère, et l'aide mutuelle est impossible sans une liaison stable entre les époux. Le mariage doit être monogame, un homme avec une femme. La polyandrie rend incertaine l'attribution de la paternité, et la polygamie met gravement en péril la paix intérieure et place les femmes dans une position défavorable notable. Le mariage est également indissoluble, ce qui garantit la dignité des femmes, l'éducation des enfants et l'assistance mutuelle des conjoints.
Science et Religion : La Recherche de la Vérité
Stephen Hawking, dans son livre Le Grand Dessein, déclare : « Puisqu'il existe une loi comme celle de la gravité, l'univers peut se créer et se crée effectivement à partir de rien. » Il ajoute : « La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, et il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu pour expliquer la création de l'univers. »
Cependant, un étudiant en philosophie ou en science empirique sait que « rien ne vient de rien ». S'il y a un effet, il doit y avoir une cause. Avant Pasteur, on admettait la « génération spontanée », mais nous ne pouvons pas revenir à cette explication absurde. Dire que l'univers a surgi spontanément de nulle part est une évasion peu sérieuse du problème, car tout effet doit avoir une cause.
Dans le conflit entre science et religion, la religion a envahi le champ de la science (comme dans le cas de Galilée), et la science envahit maintenant le champ de la théologie. Les sciences expérimentales travaillent sur le physique et devraient éviter d'entrer dans le métaphysique, qui est au-delà de leur domaine d'étude. La réalité a des manifestations physiques qui font l'objet de la recherche scientifique. Une autre partie n'est pas matérielle, mais elle est tout aussi réelle. La pensée, l'âme et Dieu sont importants, bien que non matériels.
La pensée est basée sur des opérations dans le cerveau, que la science étudie à travers des manifestations électriques ou chimiques. Cependant, la science ignore complètement l'émergence des pensées, des désirs et des sentiments. L'esprit est uni substantiellement au corps, mais il est essentiellement indépendant de lui dans ses plus hautes fonctions : savoir, aimer, espérer, résister ou céder aux impulsions du corps. Ces expériences ne sont pas régies par les lois de la matière. Nos esprits sont libres et peuvent programmer tous nos actes s'ils le souhaitent. Nous ne sommes pas soumis aux lois de la matière, car elles ne sont pas facultatives mais nécessaires, et sont toujours respectées, comme la loi de la pesanteur. Nos corps sont soumis aux lois de la matière, mais notre esprit fonctionne librement et indépendamment de la matière, tout en étant lié au corps.
Les sciences travaillent dans le domaine des faits matériels et ne doivent pas dépasser les limites de l'examen de Dieu. La recherche de Dieu est une tâche très facile pour certains, longue et ardue pour d'autres, mais toujours couronnée de succès. Certains y consacrent leur vie, tandis que d'autres abandonnent. Les orgueilleux, centrés sur eux-mêmes, ne se soucient ni de leurs semblables ni de Dieu. Seul un cœur humble peut voir les merveilles de la création, traces du Créateur. Le Dieu caché se montre à ceux qui le cherchent avec humilité et persévérance.
On a cru que le meilleur endroit pour trouver Dieu était la solitude du désert. La reconnaissance de nos limites nous permet de sentir sa présence dans l'immensité de l'univers, dans les forces de la nature, dans la relation entre les minéraux, les plantes et les animaux. Dieu est aussi derrière la douleur, la maladie, la pauvreté et la mort. Il nous a donné l'intelligence pour résoudre les maux qui résultent de notre nature imparfaite. Tout prend son sens, même si nous ne pouvons pas toujours le comprendre. Dieu seul sait évaluer chacune de nos douleurs ou de nos renoncements. Le sens des choses qui nous semblent injustifiées ou cruelles se révélera peut-être plus tard, ou peut-être ne le connaîtrons-nous pas dans cette vie. Dieu donne un sens à ce qui semble ne pas en avoir.
La religion et la science constituent une force unique dans l'effort pour atteindre l'objectif souhaité : la vérité. Chacune le fait avec ses propres outils. La méthode scientifique a connu un tel succès qu'elle tend à revendiquer le monopole du savoir et de la vérité. La science devient narcissique, se basant sur ses succès, mais oubliant ses limites. Nous avons aujourd'hui plus de choses qu'il y a mille ans, mais il est difficile de dire si nous sommes plus heureux. Nous avons une domination complète sur toutes choses, mais nous sommes faillibles et mortels. L'injustice, le manque de liberté et le crime n'ont pas disparu.
Maritain souligne la valeur de l'« intuition » dans la recherche de Dieu. Trouver la personne que l'on aime ne sera pas le résultat de statistiques, de ratios ou de projections. Une intuition soudaine nous dira que c'est la personne que nous recherchons. Il en va de même avec Dieu. Nous ne trouverons pas Dieu par les preuves matérielles offertes par la science empirique, car il n'y a pas de preuve matérielle de ce qui est réel mais non matériel.