L'Europe au XVIIIe siècle : Ancien Régime et Lumières

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L'Ancien Régime

Au début du XVIIIe siècle, la majeure partie de l'Europe était sous l'Ancien Régime. Ce terme définit les sociétés européennes de l'époque moderne, qui maintenaient un mode de vie basé sur l'économie agraire de type seigneurial, la monarchie absolue, la société d'ordres et une population stagnante en raison de crises démographiques périodiques.

L'Agriculture Seigneuriale

D'un point de vue économique, l'agriculture était l'activité la plus importante. Il s'agissait d'une agriculture de subsistance avec un système agricole basé sur la rotation triennale avec jachère. Les rendements étaient très bas et orientés vers l'autoconsommation. Il n'y avait pas de spécialisation des cultures, et les échanges étaient peu nombreux et se réalisaient sur les marchés locaux ou régionaux. La production animale était limitée, les céréales constituant l'aliment de base.

La Monarchie Absolue

D'un point de vue politique, le roi détenait le pouvoir absolu. La monarchie était de droit divin, concentrant tous les pouvoirs en la personne du roi qui ne rendait de comptes à personne. Malgré son pouvoir absolu, le roi était assisté par certaines institutions (Conseil d'État). Pour certaines questions, il devait également consulter les Parlements (États Généraux en France et Cortes en Espagne). Le Parlement était composé de représentants des trois ordres et avait pour rôle de conseiller le roi et d'approuver de nouveaux impôts.

L'Expansion Économique

Le XVIIIe siècle fut une période de paix relative. Une période d'équilibre international s'est instaurée. La population a augmenté considérablement, passant de 100 à 200 millions d'habitants en Europe entre 1650 et 1800. Cette croissance démographique est due à l'absence de grandes épidémies, à l'introduction de nouvelles cultures (pomme de terre, maïs, etc.) et, de manière générale, à une conjoncture plus favorable. Cette augmentation a entraîné une croissance de la demande pour tous types de produits, ce qui a provoqué une hausse des prix et des profits pour les propriétaires. La production a donc augmenté.

Le Commerce Colonial et la Traite Négrière

Le XVIIIe siècle a vu une grande expansion du commerce maritime européen, en particulier avec l'Amérique. La Grande-Bretagne, la Hollande, la France, l'Espagne et le Portugal échangeaient des produits manufacturés européens contre des matières premières provenant des colonies. Certains produits coloniaux tels que le sucre, le café, le tabac et le cacao étaient d'usage courant en Europe. La base de ce commerce était le commerce triangulaire, dont la traite négrière était un élément essentiel. Les esclaves étaient capturés en Afrique, puis transportés en Amérique dans des conditions épouvantables, où ils étaient vendus pour travailler dans les plantations agricoles. Les principales destinations étaient les Antilles, le Brésil et les colonies anglaises d'Amérique du Nord. Le commerce triangulaire touchait donc trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Amérique. Les produits manufacturés européens étaient échangés contre des esclaves africains, qui étaient ensuite vendus en Amérique en échange de produits agricoles (café, cacao, tabac, etc.).

La Société d'Ordres

Une des principales caractéristiques de cette société était son inégalité civile. Elle était divisée en deux groupes bien distincts : les privilégiés (noblesse et clergé) et les non-privilégiés (tiers état). C'était une société fermée dans laquelle chaque homme ou femme appartenait à un ordre dès sa naissance, et il était quasiment impossible de changer de statut social. La noblesse et le clergé constituaient les ordres privilégiés. Ils possédaient la majeure partie des terres, qu'ils exploitaient selon le système seigneurial, monopolisaient tous les postes importants et étaient exemptés d'impôts (ils représentaient entre 2% et 3% de la population). La noblesse vivait des rentes accumulées grâce à ses terres. Elle bénéficiait de privilèges honorifiques (réserve de bancs à l'église, etc.), économiques (exemption de travail dans les travaux publics, etc.) et fiscaux (pas d'impôts et droit d'en percevoir sur les paysans). Le clergé vivait des revenus de l'exploitation de ses terres et du patrimoine, ainsi que de la dîme. Ce n'était pas un groupe homogène, car le haut clergé jouissait du luxe et des privilèges de la noblesse, tandis que le bas clergé était issu du tiers état et menait une vie modeste (moins de 1% de la population).

Le tiers état constituait l'ordre des non-privilégiés (entre 90% et 95% de la population) et regroupait des personnes très différentes, tant du point de vue économique que du statut social (bourgeois, artisans, paysans, etc.). Ils étaient unis par leur opposition aux privilèges et au régime féodal, et par leur revendication de l'égalité civile. La bourgeoisie comprenait les grands artisans, les commerçants et les banquiers. C'était le groupe économiquement le plus actif et sa richesse s'est accrue grâce à la croissance économique du XVIIIe siècle. Cependant, elle manquait d'influence politique, restait marginalisée dans les cercles du pouvoir et aspirait à un plus grand pouvoir politique et à un prestige social accru. Les classes populaires urbaines comprenaient les artisans, les fonctionnaires, les soldats, les ouvriers des manufactures, etc. Les paysans constituaient le groupe le plus important de la population. Leurs conditions de vie étaient très dures, car ils étaient obligés de travailler les terres des groupes privilégiés et de payer de lourds impôts (droits seigneuriaux).

Les Principes des Lumières

Le siècle des Lumières fut un mouvement intellectuel qui s'est développé en Europe au XVIIIe siècle et dont les idées ont inspiré l'indépendance américaine et la Révolution française. Il a eu deux précurseurs importants au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles : Isaac Newton et John Locke. Le premier a introduit la méthode scientifique, et le second a critiqué le pouvoir absolu et a proposé la séparation des pouvoirs.

Les philosophes des Lumières, principalement français, prônaient une foi absolue en la raison (l'intelligence humaine) comme seul moyen de comprendre et d'expliquer le monde. Ainsi, les nouveaux philosophes se sont opposés à la conception médiévale du monde basée sur le géocentrisme, la religion et la tradition. Ils étaient déistes, rejetaient la supériorité d'une religion sur les autres et condamnaient l'intolérance religieuse. Ils se fondaient sur la raison, considéraient que la nature était source de justice et de bonté, et proclamaient que l'homme était né pour être heureux.

Les Trois Pouvoirs et leurs Fonctions

(Cette section est manquante dans le texte original et doit être complétée en fonction du contexte)

Les Alternatives des Lumières à l'Ancien Régime

Sur le plan social : contre la société d'ordres, ils défendaient les principes d'égalité et de liberté, ainsi que la mobilité sociale en fonction du mérite (valeur et intelligence personnelles).

Sur le plan politique : contre l'absolutisme, ils prônaient la séparation des pouvoirs.

Sur le plan économique : contre le mercantilisme, ils défendaient la physiocratie.

Les Deux Révolutions Anglaises

Depuis le Moyen Âge, en Angleterre, le pouvoir royal était limité par l'action des deux chambres du Parlement : celle des Lords (noblesse et clergé) et celle des Communes (bourgeoisie, représentants des villes). Les rois avaient besoin de leur consentement pour lever des impôts ou déclarer la guerre.

Cependant, au XVIIe siècle, une dynastie, les Stuarts, a cherché à gouverner sans le contrôle du Parlement. Ces faits ont conduit à une guerre civile entre les défenseurs du Parlement et ceux de la monarchie absolue. Le roi Charles Ier fut exécuté et la République fut proclamée.

Oliver Cromwell, le principal artisan de ce changement politique, transforma la République en une dictature militaire. Après la mort de Cromwell, le Parlement rétablit la monarchie.

Charles II, le nouveau roi d'Angleterre, dut accepter le contrôle du Parlement et vota en faveur de l'Habeas Corpus. Ce texte garantissait les libertés individuelles et empêchait le roi de procéder à des détentions arbitraires. Une deuxième révolution mit fin à la monarchie absolue des Stuarts, et le Parlement offrit la couronne à Guillaume d'Orange. Le nouveau roi jura la Déclaration des Droits (Bill of Rights), qui limitait les pouvoirs du monarque et soumettait certaines de ses décisions au Parlement.

L'Angleterre fut ainsi le premier pays à avoir une monarchie limitée, le souverain étant soumis au Parlement. Les pouvoirs exécutif et législatif étaient séparés, et un troisième pouvoir, la justice, était indépendant.

La monarchie parlementaire britannique devint un modèle pour les philosophes français des Lumières.

Le Système Politique Anglais

(Cette section est manquante dans le texte original et doit être complétée en fonction du contexte)

Le Despotisme Éclairé

La plupart des monarques européens ont continué à exercer un pouvoir absolu. Certains d'entre eux, comme Frédéric II de Prusse, Marie-Thérèse d'Autriche et Charles III d'Espagne, ont tenté de concilier le principe de l'autorité absolue avec les idées de progrès et de modernisation des Lumières. Les despotes éclairés ont promu des ministres réformistes avec la volonté d'agir pour le bien du peuple, ce qui définit parfaitement le caractère du despotisme.

Leurs réformes politiques ont été marquées par la rationalisation de l'administration publique, la réforme de l'éducation, la modernisation de l'agriculture, le développement des manufactures et la libération partielle de la production et du commerce.

Les possibilités de cette voie réformiste étaient très limitées. Il n'était pas possible de réformer l'économie tout en maintenant intacts la société d'ordres et le pouvoir absolu. Les contradictions de cette voie réformiste ont ouvert la porte à l'ère des grandes révolutions libérales du XIXe siècle.

L'Indépendance des États-Unis

Les treize colonies anglaises établies sur la côte est de l'Amérique du Nord ont mené au XVIIIe siècle le premier soulèvement contre une métropole coloniale.

Les habitants de ces colonies, encouragés par les idées d'égalité, de liberté et de tolérance des Lumières qui parvenaient d'Europe, se sont opposés à la métropole pour défendre leurs intérêts et leurs droits.

Les colons américains n'étaient pas d'accord avec les impôts et taxes (en particulier sur le thé), ni avec le monopole commercial que l'Angleterre exerçait sur leur territoire. Comme la loi ne leur accordait aucune représentation au Parlement de Londres, ils ont déclaré leur intention de ne pas obéir à des lois qui n'avaient pas été votées par leurs représentants.

Le 4 juillet 1776, les délégués des treize colonies, réunis à Philadelphie, ont rédigé la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique, dont le préambule a été écrit par Thomas Jefferson. Elle affirmait le droit de tous les peuples à la liberté et à la recherche du bonheur, et le devoir des gouvernants de respecter les droits inaliénables du peuple, c'est-à-dire les droits que tout être humain possède dès sa naissance.

La Constitution Américaine et la Déclaration des Droits

La guerre contre la métropole fut longue, et les insurgés bénéficièrent du soutien de volontaires européens, animés par leurs idées de liberté. La Grande-Bretagne reconnut l'indépendance du territoire américain en 1783, après la défaite de Yorktown. George Washington, un général qui avait dirigé l'armée rebelle, fut nommé premier président des États-Unis d'Amérique.

En 1787, le nouvel État américain rédigea la première constitution écrite de l'histoire. La Constitution garantissait la séparation et l'équilibre des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), établissait une forme républicaine de gouvernement avec des pouvoirs étendus au président, et une structure fédérale, car les territoires du nouveau pays disposaient d'une grande capacité d'autogouvernement (police, justice, éducation, etc.).

Au-dessus des États se trouvait le gouvernement fédéral, responsable des affaires étrangères, de la défense, des finances et de la monnaie du nouveau pays.

La Constitution fut complétée par une Déclaration des Droits qui garantissait la liberté de religion, de presse, d'expression, de réunion et le droit d'être jugé par un jury. De plus, nul ne pouvait être privé de la vie, de la liberté ou de ses biens sans une procédure judiciaire équitable.

Définitions

Mercantilisme : Doctrine économique qui prône l'intervention de l'État dans l'économie et le protectionnisme.

Physiocratie : Doctrine économique qui considère que la richesse provient de la terre et qui prône la liberté économique.

Contrat Social : Théorie selon laquelle les individus s'accordent pour former une société et se soumettre à un gouvernement.

Souveraineté Nationale : Principe selon lequel le pouvoir suprême appartient à la nation.

Siècle des Lumières : Le XVIIIe siècle est appelé le siècle des Lumières car, après une longue période d'obscurantisme, les philosophes pensaient que la lumière de la raison allait enfin éclairer les ombres de la Terre.

Droits Inaliénables : Droits que tout être humain possède dès sa naissance.

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