Évolution du Théâtre Français : De la Comédie Profane Médiévale à la Tragédie de Racine
Classé dans Langue et de philologie
Écrit le en
français avec une taille de 4,97 KB
La Scène Profane : Les Origines de la Comédie
Les premières pièces comiques de la littérature française sont des morceaux réalistes ou bouffons qui ont contribué à exclure de l'Église la représentation des drames liturgiques. L'exagération du geste et de la voix est à l'origine des premières représentations comiques. Les monologues et les dits sont très intéressants et étaient très utilisés dans les représentations médiévales.
La Ville d'Arras : Centre du Théâtre Médiéval
La ville d'Arras est une ville de théâtre ; c'est une étape incontournable du théâtre médiéval, devenant le centre de production théâtrale le plus important. Les bourgeois exigeaient des spectacles comiques, mais c'était un théâtre profane de qualité. Les banquiers et commerçants ont favorisé l'arrivée des représentations.
De la Fête des Fous à la Sottie
En 1210, le Pape Innocent III condamna comme jeux insensés les fêtes qui se déroulaient dans les églises et qui s'appelaient les Fêtes des Fous. Celles-ci vont quitter les sanctuaires et envahir la cité. Les différents métiers sont les premiers à maintenir dans les rues la tradition du carnaval et des Saturnales. Avant, la réjouissance et le sentiment qui dominaient se retrouvaient dans ces fêtes de fous et aussi dans la Sottie.
La Sottie est avant tout le moyen d'expression favori des collégiens et des basochiens. L'élément important des sotties est le rire. Le sot devient le censeur de la société ; il met en cause la politique et la religion. Ce théâtre devient un moyen de propagande.
La Moralité
La Moralité apparaît semble-t-il vers le XVIe siècle et elle est très populaire en France. Elle substitue les personnages traditionnels par des allégories. Les allégories sont de longueur assez variable ; les plus modestes ne comptent que peu de vers. La Moralité accorde moins de place à la mise en scène. Elle s'intéresse surtout à éveiller la psychologie des spectateurs à travers la représentation. Ses principaux thèmes sont l'amitié, la compassion...
La Farce
La Farce constitue le genre médiéval le plus durable du point de vue de la représentation. Elle repose sur la primauté de l'action et sur les caractères. Il y a un grand mouvement sur la scène, les personnages sont en action. Les effets de surprise, le quiproquo et le thème du trompeur trompé sont fréquents. La Farce est moins satirique que la Sottie et elle aime susciter le rire en caricaturant le réel. Les farces sont très cruelles avec les femmes. Le but des farces médiévales est avant tout de faire rire. Ces personnages sont normalement des paysans, des artisans, etc.
Le Théâtre Tragique de Racine
L'Intrigue Racinienne
Dans ces tragédies raciniennes, les intrigues sont vraisemblables car elles ont été choisies pour montrer des caractères naturels dans des situations ordinaires. Toutes les intrigues raciniennes sont fondées sur l'histoire ou sur la légende, et le sujet est un fait historique pris dans les légendes. Dans toutes ces pièces de théâtre, l'histoire est employée par l'auteur pour donner plus de dignité aux personnages, pour situer l'action dans un lointain historique et finalement pour susciter autant que possible l'originalité des civilisations légendaires. L'histoire devient ainsi un moyen et non pas une fin. Ce que l'auteur fait, c'est modifier l'histoire pour rendre l'action plus vraisemblable.
La Conception du Héros Racien
La principale caractéristique du héros racien est la fatalité tragique, et c'est pour entretenir l'émotion particulière d'où naît le plaisir tragique. La tragédie racinienne est le spectacle d'une fatalité qui triomphe de la faiblesse humaine. Chez Racine, la passion est toute puissante, et surtout l'amour physique qui est la passion dominante. Cette passion est beaucoup plus présente chez les femmes que chez les hommes.
Les Principales Caractéristiques de l'Action Racinienne
L'action dramatique est en général simple, changée de peu de matières. L'action est subordonnée aux caractères et elle aboutit à une crise psychologique intérieure qui est provoquée par le jeu naturel des sentiments. Racine considère qu'il lui faut très peu d'événements pour faire naître et grandir les sentiments.
En ce qui concerne le mécanisme tragique, le dramaturge a parfaitement su régler les manifestations de cette fatalité. Cette fatalité est présente dès le début de la pièce. Dès le début, le spectateur sait qu'une issue tragique semble difficilement évitable. Le spectateur sait, par intuition, que la situation, une fois qu'elle est définie, la crise apparaît menaçante. Il y a d'abord un fait qui fait éclater la crise et un fait qui fait éclater la catastrophe.