Évolutions Politiques en Espagne : Libéraux Modérés et Progressistes (1833-1868)
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3 Les évolutions politiques
Les évolutions politiques, concomitantes au début de la guerre civile pour la succession de Ferdinand VII en Espagne, ont marqué le début de la construction de l'Espagne libérale.
3.1 Libéraux Modérés et Progressistes
Les libéraux se sont divisés en deux tendances : modérée et progressive. Cette division a structuré le jeu politique jusqu'en 1868. Les deux tendances acceptaient la Constitution, le suffrage et les libertés politiques et institutionnelles individuelles, mais différaient sur leur interprétation.
Le Libéralisme Modéré
Ce groupe puisait ses racines dans la tradition historique et les idées libérales issues de la Révolution française. Il était composé de libéraux doceañistas et de groupes libéraux qui s'étaient séparés des exaltés. Leur principale préoccupation était de bâtir un État unitaire et sécuritaire, avec une gestion centralisée. Le pouvoir devait être contrôlé par les classes possédantes et éclairées, ce qui impliquait un suffrage censitaire.
Le Libéralisme Progressiste
Les progressistes trouvaient leur soutien principal auprès de la classe moyenne, des intellectuels, des commerçants, des artisans... tout en cherchant à attirer les masses. Ils reprenaient les idées de la Constitution de 1812, notamment la souveraineté nationale, et souhaitaient limiter le pouvoir législatif du Roi. Ils défendaient le statut, mais en étendant la participation au vote. Ils étaient partisans d'une économie de libre marché et souhaitaient remplacer la conscription par une armée de métier.
3.2 Le Statut Réel
Le premier effort réel pour évoluer vers le libéralisme, sous l'impulsion du libéral Martínez de la Rosa, fut l'adoption du Statut Réel. Ce statut représentait une transition entre l'Ancien Régime et le nouveau statut. Il s'agissait d'une sorte de Charte octroyée, car il n'avait pas été rédigé par les Cortes, mais par la Couronne. Il ne réglementait pas clairement les pouvoirs du Roi ou du gouvernement et ne garantissait pas pleinement les droits politiques et individuels. Cette loi suscita l'ire des libéraux, car toute initiative de prêt reposait sur le Roi, alors que les libéraux aspiraient à une véritable Constitution.
3.3 Radicalisation de la Couronne et des groupes privilégiés
Les groupes privilégiés ont toujours soutenu le libéralisme modéré. Cependant, la nécessité de mener la guerre carliste et d'obtenir un soutien contre le travail forcé obligea la Reine à gouverner avec le secteur progressiste et à mettre en œuvre des réformes.
La Radicalisation des Libéraux pendant la Guerre Carliste
La guerre carliste entraîna une radicalisation des libéraux. À Madrid, les milices urbaines du royaume exigèrent des mesures de réforme. En août 1836, une mutinerie militaire eut lieu à La Granja, forçant la Reine à rétablir la Constitution de 1812 et à nommer chef du gouvernement José María de Calatrava, une figure du Triennat libéral.