Exercices Corrigés de Macroéconomie : IS-LM et Politique Fiscale
Classé dans Économie
Écrit le en
français avec une taille de 4,99 KB
Partie 1 : Questions de cours (60 points)
Vrai, faux, ou incertain et justifiez
1.1 Efficacité de la politique fiscale et demande de monnaie
Dans le cadre du modèle IS-LM, une politique fiscale expansionniste, basée sur une augmentation des dépenses publiques, sera plus efficace (c'est-à-dire qu'elle générera plus de production) si la demande de monnaie réelle est moins sensible au niveau de production. (15 pts)
Réponse : Vrai
L'explication est la suivante :
- Moins la demande de monnaie est sensible au revenu, plus la courbe LM est plate.
- Lors d'une expansion budgétaire (déplacement de IS vers la droite), l'augmentation du revenu crée un excès de demande de monnaie.
- Si la sensibilité est faible, cet excès de demande est modéré, ce qui entraîne une hausse plus faible des taux d'intérêt pour rétablir l'équilibre sur le marché monétaire.
- Une hausse plus faible des taux d'intérêt signifie un effet d'éviction plus limité sur l'investissement privé. Par conséquent, la politique budgétaire est plus efficace pour stimuler la production.
1.2 L'effet d'une politique de budget équilibré
Une politique d'autofinancement, où les dépenses et les impôts augmentent du même montant, n'aura aucun effet sur la production. Considérez une analyse en économie fermée et identifiez les hypothèses utilisées. (15 pts)
Réponse : Faux
Une telle politique aura un effet expansionniste sur la production. Cela est dû au théorème de Haavelmo (multiplicateur du budget équilibré).
L'explication réside dans le fait que le multiplicateur des dépenses publiques est supérieur (en valeur absolue) au multiplicateur des impôts. En effet, une augmentation des dépenses publiques se traduit intégralement par une augmentation de la demande agrégée, tandis qu'une augmentation des impôts réduit le revenu disponible, et seule une partie de cette réduction (déterminée par la propension marginale à consommer, qui est comprise entre 0 et 1) affecte la consommation.
Questions supplémentaires
1.3 Politique budgétaire et crise du crédit
Dans le cas d'une économie fermée et dans un contexte de crise financière (gel du crédit), expliquez pourquoi l'adoption d'une politique budgétaire expansionniste peut aggraver la crise du crédit. (15 pts)
Explication
Une politique budgétaire expansionniste, en augmentant la demande globale, déplace la courbe IS vers la droite. Pour un niveau de masse monétaire donné, cela génère un excès de demande de liquidité, ce qui pousse les taux d'intérêt à la hausse.
Dans un contexte de crise financière où le crédit est déjà restreint, une augmentation des taux d'intérêt a pour conséquences :
- Le coût du crédit augmente pour les entreprises et les ménages.
- L'accès au crédit devient encore plus difficile et rare.
Ainsi, la politique budgétaire, bien que visant à stimuler l'économie, peut paradoxalement aggraver la crise du crédit en rendant le financement encore plus coûteux et inaccessible.
1.4 Effet Fisher, déflation et risque de récession
Nous avons examiné l'effet Fisher qui établit la différence entre les taux d'intérêt nominaux et réels. Sur la base de l'équation de Fisher, expliquez pourquoi un scénario où l'inflation est systématiquement négative (et se situe en dessous des attentes) est compatible avec une forte probabilité de récession. (15 pts)
Explication
L'équation de Fisher stipule que :
Taux d'intérêt nominal ≈ Taux d'intérêt réel + Taux d'inflation anticipé
Lorsqu'un prêt est contracté, les parties se basent sur un taux d'intérêt réel anticipé (ex ante). Cependant, le taux d'intérêt réel qui s'applique réellement (ex post) dépend de l'inflation effective.
Si l'inflation est systématiquement négative (déflation) et inférieure aux attentes, cela signifie que le taux d'intérêt réel ex post est plus élevé que le taux ex ante convenu. Cela a plusieurs conséquences négatives qui augmentent le risque de récession :
- Alourdissement du fardeau de la dette : Les emprunteurs (ménages, entreprises, État) voient le poids réel de leur dette augmenter, ce qui réduit leur capacité de consommation et d'investissement.
- Report des dépenses : Face à la baisse des prix, les consommateurs et les entreprises peuvent reporter leurs achats, anticipant des prix encore plus bas à l'avenir. Cela contracte la demande globale.
- Baisse des profits des entreprises : La déflation peut réduire les revenus et les marges des entreprises, les incitant à réduire leur production et leurs effectifs.