Fonctions urbaines, usages des sols et zonage urbain
Classé dans Géographie
Écrit le en
français avec une taille de 12,02 KB
Fonctions urbaines, usages des sols et zonage urbain
Les fonctions urbaines sont déterminées socio‑économiquement par les activités qui s'y exercent et par les habitants. Dans le développement des villes, les activités secondaires et tertiaires ont dominé. Elles sont généralement multifonctionnelles et l'ensemble de la ville se développe avec plusieurs fonctionnalités urbaines :
1. Fonction industrielle
Les villes ont grandi parallèlement au développement de l'industrie. Pour des raisons de circulation, la fonction industrielle devrait être proche des matières premières et des sources d'énergie ou avoir de bonnes voies de communication. De nombreuses industries sont situées dans des zones industrielles en périphérie de la ville en raison de contraintes environnementales et de facteurs économiques.
2. Fonction commerciale
Toutes les villes sont des centres de commerce et de distribution de produits. Selon l'importance de la ville, le commerce sera plus ou moins spécialisé.
3. Fonction résidentielle
La fonction résidentielle existe dans toutes les villes.
4. Fonction administrative
Fonctions associées à la gestion et aux activités tertiaires des entreprises. Elle est générée par l'accroissement des centres de décision politique et administrative.
5. Fonction touristique et de loisirs
Présente dans les villes attrayantes sur le plan touristique ou dotées d'un patrimoine historique riche, et qui disposent de bons services liés au tourisme.
6. Fonction culturelle et religieuse
Retrouvée dans les villes ayant une fonction universitaire ou religieuse historique. Le rôle du patrimoine a été plus important à certains moments historiques.
Zonage urbain
Le zonage urbain implique une spécialisation sectorielle dans la ville. Chaque ville se spécialise dans certaines activités ou usages ; parfois la spécialisation est absolue, parfois plusieurs usages coexistent dans un même secteur, l'un d'eux restant dominant. L'utilisation de l'espace urbain peut être trouvée selon les secteurs suivants :
Central Business District (CBD)
Le CBD (Central Business District) est la zone commerciale et d'affaires de l'élite économique, liée aux activités tertiaires les plus avancées. Elle est souvent au centre physique de la ville ou dans des lieux prestigieux et regroupe des bâtiments remarquables. Dans les grandes villes, on y trouve les sièges de grandes banques et d'autres centres du pouvoir économique et financier, comme les marchés boursiers ou les grandes entreprises. Dans des villes plus modestes, on y trouve des immeubles de banques, les boutiques les plus importantes, les grands magasins ou les enseignes de luxe. Cette zone centrale est caractérisée par une activité intense pendant la journée mais plus faible la nuit.
Quartiers historiques
Les quartiers historiques (casco histórico) présentent un plan irrégulier et des vestiges des périodes passées : bâtiments, monuments et patrimoine culturel et artistique. On y trouve aussi des bâtiments administratifs, des activités de loisirs, de culture et de commerce. L'activité commerciale y est souvent intense, tandis que la fonction résidentielle peut être dégradée dans certains quartiers historiques qui abritent des populations marginales ; d'autres quartiers historiques sont occupés par des classes moyennes ou aisées. Il existe un désir de restauration de ces zones.
Les zones résidentielles
Les zones résidentielles occupent la plus grande diversité urbaine. L'espace résidentiel résulte de la combinaison des types de construction, des périodes de formation, de la qualité des bâtiments, des allocations pour le logement et du niveau socio‑économique des occupants. Elles définissent les domaines sociaux de la ville avec une répartition claire en quartiers pour les classes supérieures, moyennes ou populaires.
On peut distinguer des zones dominées par des maisons individuelles en pâtés de maisons, des constructions en hauteur et des dispositions géométriques. Beaucoup de quartiers ont été construits pour loger la population immigrée des années 1960, donnant lieu à des villes‑dortoirs avec de grands immeubles, parfois insalubres et peu dotés en infrastructures et équipements. Ces quartiers ont parfois été intégrés aux régions métropolitaines et diversifié leurs fonctions grâce à l'amélioration des infrastructures.
On trouve aussi des quartiers résidentiels secondaires occupés par les classes moyennes et supérieures, constitués de logements de faible hauteur et de meilleure qualité, de zones verdoyantes et de lotissements. Il existe également des bidonvilles dans certaines zones.
Les zones industrielles
Les contraintes liées à la pollution et à l'urbanisme ont entraîné le regroupement de l'activité industrielle dans des zones spécialement aménagées. On tend à séparer les zones industrielles et résidentielles, mais des industries subsistent à proximité des ports ou le long des axes routiers.
Transports et grands équipements
L'espace dédié aux transports est essentiel dans la ville. On aménage des voies, des grandes voiries urbaines, des espaces de stationnement, des gares, des aéroports publics et privés et d'autres grandes installations d'importance croissante. On y trouve aussi des espaces verts, des équipements sportifs, des hôpitaux, des établissements d'enseignement et des grands magasins.
Les zones commerciales
Le commerce est distribué dans toute l'agglomération : la petite boutique se trouve dans tous les quartiers résidentiels, tandis que les commerces de centre‑ville, les grands magasins et les enseignes de forte fréquentation sont situés dans les zones commerçantes importantes et à fort trafic. Les grandes surfaces qui nécessitent de vastes étendues de terrain se retrouvent souvent en périphérie.
Hiérarchie urbaine et population en Espagne
- Hiérarchie urbaine
Plus de 78 % de la population espagnole vit dans les villes. La croissance urbaine espagnole a été inégale. Madrid (2 881 506 habitants) et Barcelone (1 505 581 habitants) sont les seules municipalités de plus d'un million d'habitants. Valence, Séville, Saragosse et Malaga dépassent le demi‑million. De nombreuses villes ont entre 10 000 et 500 000 habitants.
Certaines villes espagnoles ont perdu de la population en raison de la hausse du coût du foncier, de la détérioration des zones centrales et historiques et de l'intérêt croissant pour la nature et les meilleures conditions environnementales. Cette tendance a provoqué l'extension urbaine vers les villages ruraux proches et la dégradation de leur environnement.
Il existe un important déséquilibre dans la répartition de la population et des villes sur le territoire. La majorité de la population espagnole est concentrée dans un petit nombre d'agglomérations. Seules Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Saragosse et Malaga accueillent environ 20 % de la population nationale. Les plus grandes villes ont formé, depuis 1970, de grandes régions métropolitaines sur lesquelles elles exercent leur influence et qui hébergent une grande partie de la population espagnole. Certaines villes ont plus d'habitants que de nombreuses capitales de province.
Il existe une répartition inégale des villes sur le territoire : la côte et certaines îles sont plus urbanisées, tandis que l'intérieur est moins peuplé, à l'exception de Madrid et de son agglomération, considérées comme des villes de grande importance nationale. La périphérie a pris du poids et se reflète dans une diversité économique interne plus productive. L'intérieur a traditionnellement été centré sur des activités agricoles et des services moins spécialisés. Dans la périphérie, la Catalogne, la Communauté valencienne, la Galice, l'Andalousie et la frange cantabrique présentent un plus grand nombre de villes et un taux élevé d'urbanisation. Dans l'intérieur, Madrid et son aire d'influence dominent, tandis que Saragosse et, dans une moindre mesure, d'autres centres urbains comme Valladolid jouent aussi un rôle.
Système urbain hiérarchisé
Le système urbain espagnol est organisé hiérarchiquement : chaque ville a un certain nombre de fonctions et interagit avec le reste du système. Selon l'importance de chaque ville, on peut les hiérarchiser :
- Métropoles : elles occupent le sommet de la hiérarchie urbaine et ont des populations supérieures à 250 000 habitants. Elles jouent des rôles spécialisés et diversifiés, influant sur leur environnement en fournissant des biens et des services. À l'intérieur des métropoles, il existe une hiérarchie selon la taille, les fonctions ou l'étendue de leur aire d'influence.
- Villes nationales : Madrid et Barcelone. Elles pèsent fortement démographiquement, forment de grandes régions métropolitaines et sont intégrées aux réseaux européens et mondiaux. Elles se distinguent par plusieurs caractéristiques :
- Concentration du plus grand nombre de quartiers généraux d'entreprises et de centres de décision économique.
- Grande diversification économique et services hautement spécialisés, tels que les services aux entreprises et les services financiers, ainsi que la concentration de grandes entreprises de pointe.
- Dense réseau de transports et de communications permettant des liaisons rapides avec le reste du système urbain espagnol, l'Europe et le monde.
- Madrid, capitale de l'État, est aussi un important centre administratif politique.
Métropoles régionales : villes entre environ 300 000 et 1,5 million d'habitants, telles que Valence, Séville, Saragosse, Malaga, Bilbao, Las Palmas. Elles ont des flux avec les grandes métropoles nationales via un réseau de transport dense et exercent une forte influence sur le reste de leur région. Elles constituent la colonne vertébrale économique de leurs communautés autonomes, concentrant de grandes industries et des centres de services importants. Certaines ont aussi une fonction administrative ou touristique importante.
Submétropoles régionales : un ensemble de villes de plus de 200 000 habitants qui entretiennent des liens solides avec les métropoles régionales et servent de centres de services pour leurs provinces.
Petites et moyennes villes : elles remplissent des fonctions commerciales et tertiaires diverses. Leur population varie entre 50 000 et 250 000 habitants ; elles proposent principalement des services tertiaires, mais certaines peuvent présenter des spécialisations industrielles ou portuaires. Elles sont reliées par un réseau d'autobus et d'autres moyens de transport aux agglomérations voisines.
Rôle extérieur des villes et modèle des lieux centraux
Pour les fonctions extérieures, on considère les villes comme des lieux centraux qui fournissent des biens et services à un bassin de population. Plus les fonctions sont diversifiées et spécialisées, plus la ville est centrale. Un système urbain équilibré correspond au modèle des lieux centraux établi par le géographe allemand Walter Christaller, qui classe les lieux centraux en fonction de la qualité et de la variété des fonctions et leur attribue une aire d'influence en forme d'hexagone.
Dans le cas de l'Espagne, Madrid est le pôle principal et son influence s'étend sur une grande partie du territoire. En périphérie se trouvent des noyaux qui conservent leur importance : Barcelone, Valence, Séville, La Corogne, Bilbao. À distance intermédiaire se situent des villes de taille moyenne et des noyaux de moindre influence.