Fondements et Limites de la Connaissance Humaine
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La Connaissance : Quête de la Réalité et ses Limites
La connaissance est l'activité par laquelle l'homme cherche à comprendre la réalité. Il n'y a pas de connaissance absolue, pas de connaissance infinie, parce qu'il faudrait une science achevée et une intelligence infinie, et ni l'une ni l'autre ne sont à notre portée. Non, la vérité, c'est ce qui est ou ce qui correspond exactement à ce qui est. C'est pourquoi aucune connaissance n'est la vérité, parce que nous ne connaissons jamais absolument ce qui est, ni tout ce qui est.
La phrase signifie que notre perception du monde est toujours filtrée par ce que nous savons déjà. Autrement dit, nous ne voyons pas la réalité de manière pure et objective, mais à travers le prisme de nos connaissances, croyances et expériences. Montaigne dit aussi que notre compréhension du monde est subjective : nous interprétons ce que nous voyons en fonction de ce que nous avons appris.
- Croyance (+ fort, subjective) : C'est une certitude individuelle et subjective qui peut reposer sur l'autorité ou sur la confiance, mais qui n'a pas été validée de façon objective (ex. : Si Dieu existe ou pas).
- Opinion (- fort, subjective) : Elle repose sur de multiples fondements, plus ou moins objectifs et rationnels. Une opinion est personnelle, mais elle peut être débattue, exposée, confrontée, ce qui permet souvent d'évoluer (ex. : Pedro Sánchez est le meilleur président d'Espagne).
La connaissance se différencie parce qu'elle s'appuie sur des données et des faits objectifs, concrets et rationnels, qui peuvent être validés collectivement (objective).
"Science normative et irréversible" : Cela signifie qu'elle oppose du plus vrai au moins vrai, et parce qu'on n'y retombe jamais dans les erreurs qu'on a comprises et réfutées. Oui, aucune science n'est définitive. Aucune théorie n'est absolument vraie, ni même absolument vérifiable. Mais il doit être possible, s'il s'agit d'une théorie scientifique, de la confronter à l'expérience, de la tester, de la falsifier. Les théories qui résistent à ces épreuves remplacent celles qui y succombent, qu'elles intègrent ou dépassent.
Oui, il y a des connaissances non scientifiques. Tu connais ton adresse, tes goûts, et ce n'est pas de la science. La perception et l'expérience sont déjà des savoirs. (Ex. : si tu dois témoigner devant un tribunal, ils vont te demander tes connaissances (ce que tu sais) pas de démontrer scientifiquement.) Être sceptique, c'est penser que rien n'est certain.
Sapere Aude : Oser Savoir
La devise des Lumières est "Sapere aude", qui signifie "Ose Savoir". Cette expression a été popularisée par Kant. La devise "S..." est vraiment puissante, car elle transmet un message d'autonomisation intellectuelle et de liberté. Elle invite les individus à ne pas se contenter de ce qu'on leur dit, mais à remettre en question, et à penser de manière autonome. Personnellement, je pense que ce principe reste précieux aujourd'hui. Nous vivons dans un monde saturé d'informations, mais aussi de désinformation, et avoir le courage de douter, de poser des questions et d'explorer par soi-même est essentiel pour aller vers une compréhension plus profonde du monde.
La citation d'Aristote suggère que la recherche de la vérité est à la fois facile et complexe : bien qu'il soit simple de commencer à la chercher, l'atteindre complètement est très difficile en raison de nos limites. La vérité absolue est inaccessible, mais cela ne signifie pas que l'on ne puisse pas s'en rapprocher partiellement. L'essentiel est de ne pas abandonner cette quête, en reconnaissant que même si nous n'atteignons jamais la vérité totale, nous pouvons progresser vers une compréhension plus profonde.
Connaissance et Bonheur
La connaissance est-elle une source de bonheur ? Depuis l’Antiquité, les philosophes se questionnent sur le lien entre savoir et bien-être. Certains pensent que connaître, c'est se libérer de l’ignorance et accéder à une vie plus épanouie. D'autres, au contraire, estiment que la connaissance peut être source d’angoisse en nous confrontant à des vérités difficiles.
Le Savoir comme Émancipation
D’un côté, savoir permet de mieux comprendre le monde et d’éviter les illusions. Kant, avec son idée des Lumières, affirme que l’émancipation passe par la connaissance et l’usage de la raison. Par exemple, les progrès scientifiques ont amélioré la qualité de vie et la santé, offrant ainsi une forme de bonheur.
La Connaissance comme Fardeau
Cependant, la connaissance peut aussi être un fardeau. Montaigne explique que nos idées sont limitées et subjectives, ce qui peut entraîner le doute et l’incertitude. Le scepticisme montre que ne jamais être sûr de rien peut engendrer de l’angoisse. Par exemple, découvrir des injustices ou des vérités douloureuses peut affecter notre sérénité.
Conclusion sur le Bonheur
Ainsi, la connaissance peut à la fois libérer et inquiéter. Le bonheur ne dépend pas seulement du savoir, mais de la manière dont on l’utilise pour mieux vivre. En conclusion, si l'on utilise cette connaissance de la réalité, on peut être plus heureux.
L'Épistémologie : Les Conditions de la Connaissance Scientifique
L'épistémologie s'occupe des conditions de la connaissance scientifique. Éléments : Le sujet qui connaît est tout être qui a la capacité de se rendre compte de quelque chose. L'objet de la connaissance est tout ce dont nous pouvons nous rendre compte.
Aspects de la Connaissance
2 aspects :
- Subjective : Connaître une chose consiste d'abord à avoir une opinion sur elle (les sophistes pensent que la connaissance réside entièrement dans l'opinion subjective).
- Objective : Platon pense qu'elle consiste à savoir ce que sont les choses en elles-mêmes, objectivement.
Facultés Cognitives
- La sensibilité : C'est la faculté de recevoir des objets extérieurs des impressions, des sensations.
- La perception : C'est le processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle (cf. *classroom*).
- L'entendement : C'est la faculté de former des concepts, de saisir ou contempler des idées, de reconnaître ou construire des universaux (la faculté active).
- Les concepts : Les concepts sont des signes mentaux qui représentent les choses de manière universelle et abstraite.
- Les jugements : Les concepts, je peux les réunir dans un jugement. C'est l'acte de la pensée qui affirme ou nie, et qui ainsi pose le vrai. Ce qui précède : penser c'est concevoir, juger, raisonner, l'activité qui consiste à relier des représentations (raison).
Lois de la Perception
Les lois de la perception sont :
- Loi de continuité : Nous percevons comme une unité les éléments qui sont proches entre eux.
- Loi de direction : À travers de l'image, le regard est porté à un certain endroit.
- Loi de l'anomalie : L'attention est concentrée sur un élément qui diffère des autres ; parmi ce qui est normal, il y a quelque chose d'anormal.
- Principe de la figure et du fond : C'est le principe le plus fondamental. Quand vous regardez ce qui vous entoure, une partie de votre champ perceptif (la figure) semble se détacher du reste, qui passe à l'arrière-plan (le fond).
Sophistes et Nihilisme
Les sophistes ne pensaient pas que rien n'est certain, mais penser que rien n'est vrai. Les conséquences : car si rien n'était vrai, ni faux, il n'y aurait aucune différence entre la connaissance et l'ignorance, ni entre la sincérité et le mensonge. Les sciences n'y survivraient pas, ni la morale, ni la démocratie. Si tout est faux : tout est permis : on peut truquer les expériences ou les démonstrations. Si l'on peut penser n'importe quoi, on peut faire n'importe quoi : la sophistique mène au nihilisme, comme le nihilisme à la barbarie.