Les Fondements de la Sociologie : Théories et Concepts Clés
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Qu'est-ce que la Sociologie ? Définitions et Pères Fondateurs
La différence entre sociologue et psychologue ? Un psychologue étudie la santé mentale d’un individu, tandis qu'un sociologue analyse une société.
En sociologie, on ne s’intéresse pas aux individus, mais plutôt à ce que les individus ont en commun.
Émile Durkheim était le père fondateur de la sociologie. Pour lui, la sociologie est d’abord l’étude des *« faits sociaux »*, définis comme étant des :
Manières d’agir, de penser ou de sentir, extérieures à l’individu, et qui sont douées d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui.
Un fait social est un phénomène social qui existait avant votre naissance et qui existera après votre mort. Exemples :
- Le suicide
- La violence
- La négligence
- La pauvreté, etc.
Un fait social doit être étudié d’une façon neutre et scientifique, non *biaisée*.
Pour Max Weber, la sociologie est l’étude des actions et du sens que les individus donnent à leurs gestes.
Utilité de la Sociologie
- Prendre conscience des croyances populaires.
- Nous aide à comprendre ce qui se cache derrière un geste, un discours ou une croyance.
- Peut servir à résoudre des problèmes sociaux.
Les Règles Méthodologiques de Durkheim (À l'Examen)
1. Éviter les propos normatifs
Il ne s’agit pas de dire ce qui « devrait » être, mais plutôt de décrire et d’analyser ce qui est.
2. Se débarrasser des prénotions
Une idée préconçue qui est souvent erronée.
- Sociologie spontanée : Lorsqu’une personne parle d’un phénomène à partir de sa propre expérience.
- Démarche scientifique : S’appuie sur des preuves qui peuvent être qualitatives ou quantitatives.
3. Échapper aux jugements de valeur
- Le piège de l’ethnocentrisme : Le fait de juger les pratiques d’une culture sur la base des valeurs de sa propre culture.
- La neutralité axiologique : La science de la moralité. Le chercheur doit rester moralement neutre et doit éviter tout jugement de valeur.
4. Les deux types de connaissances
- Quantitatives : Des données chiffrées.
- Qualitatives : Ne sont pas basées sur des chiffres, mais plutôt sur des entrevues et des observations.
Séance 2 & 3 : Invitation à la Sociologie, Paradigmes et Concepts
La Sociologie : Fille des Révolutions (Barbusse & Glaymann, 2000)
Le Contexte Événementiel : Révolutions Française et Industrielles
La sociologie est née dans un contexte événementiel assez particulier, c’est-à-dire au même siècle que les deux grandes révolutions européennes.
Au niveau de la Révolution Française, elle signifie de grandes transformations au niveau de la stratification sociale (fin de la monarchie, donc les pauvres ne sont plus en train de crever de faim).
La 1re Révolution Industrielle a causé un boom. La 2e Révolution Industrielle a accéléré le processus d’urbanisation. Les révolutions ont causé des ruptures économiques et politiques qui vont inspirer Marx, Weber, Durkheim, Tocqueville, etc.
Pendant cette époque, des changements politiques, économiques et sociaux sont observables.
Auguste Comte va mettre la science comme étant la source principale de la connaissance.
L'Articulation entre l'Individu et la Société
Grande question en sociologie et en philosophie.
Le déterminisme social est le courant de pensée qui considère que l’individu est le résultat ou le produit des structures sociales qui l’entourent. Lorsqu’on parle de déterminisme social, on explique le parcours de l’individu par les structures et par les institutions (famille, école, gouvernement) qui l’entourent.
Synonyme de déterminisme social : holisme (à l’examen).
Le contraire du déterminisme social, c’est l’individualisme méthodologique. On considère que la société est le résultat des actions individuelles et que l’individu est maître de ses propres gestes.
Durkheim dit que si une personne se suicide, c’est parce qu’elle a des caractéristiques autour d’elle qui font qu’elle est plus à risque.
Weber explique que l’addition de différents comportements va venir créer le capitalisme (les gens posent des actions qui ont un sens pour eux). Cela crée un phénomène, dont le phénomène du capitalisme. Il s’intéresse au sens des actions des gens. Pourquoi les gens travaillent et mettent de l’argent de côté sans jamais le dépenser ? Une action sociale pour lui, c’est une action qui est porteuse de sens.
Auguste Comte (1798 – 1857)
Philosophe français né pendant la Révolution Française. L’inventeur du mot *sociologie*.
Il est le 1er à amener l’idée/nécessité de créer une nouvelle science sociale : la sociologie.
Il a inspiré Durkheim.
On étudie Comte pour 3 raisons :
- Inventeur de la sociologie.
- Le fondateur du positivisme.
- La loi des trois états.
Le Fondateur du Positivisme
Le positivisme, c’est la doctrine qui fonde la connaissance sur des faits scientifiques (démontrables). On est à la recherche de la vérité, et la vérité se présente par la description du phénomène de cause à effet.
La Loi des Trois États
Plus on avance dans le temps, plus on avance dans la société. La source de la connaissance varie dans le temps. Dans les sociétés plus primitives, la connaissance reposait sur des croyances religieuses, des idées abstraites.
Auguste Comte visait la société scientifique.
C'est le passage des sociétés gouvernées par des croyances irrationnelles à des sociétés où la connaissance scientifique et la rationalité se développent.
C'est la transition dans le temps d’une société à l’autre.
La Loi des Trois États :
- État théologique (ou fictif): Société primitive. Les gens expliquent les phénomènes en les attribuant à des êtres ou à des forces supérieures.
- État métaphysique (ou abstrait) : Correspond au Siècle des Lumières. L’état métaphysique est essentiellement un état de transition. On explique les phénomènes par la nature.
- État positif ou scientifique : La connaissance est basée sur la science et les phénomènes sont expliqués par des lois de corrélation (des liens entre plusieurs phénomènes).
L’évolution de la société dépend de la source des connaissances.
La loi des trois états explique que la source des connaissances permet la transition d’un type de société à un autre.
Qu’est-ce qui fait qu’on passe d’une société primitive à une société moderne ? Avec les sociétés primitives, les connaissances se fondent sur des croyances surnaturelles.
Alexis de Tocqueville (1805 – 1859)
Développe sa pensée à la suite de son séjour aux États-Unis. Il se rend compte que le système démocratique américain est supérieur à ce qu’il voyait en Europe (la monarchie).
Un Théoricien de la Démocratie
Un penseur de la démocratie. Il est séduit par la démocratie aux États-Unis. C’est un idéal parce que c’est un terrain vierge avec très peu d’histoire et beaucoup d’espace à conquérir.
Chaque 50 ans rapproche les non-nobles des nobles.
Pour Tocqueville, la démocratie est plus qu’un régime politique, c’est une tendance dans l’évolution des sociétés : la démocratie est le rapprochement des conditions entre les classes sociales. Dans l’aristocratie, il y a une séparation radicale entre les différents groupes sociaux. Dans l’aristocratie, la position sociale d’un individu est apprise très, très jeune. Dès l’enfance, le pauvre est habitué à l’idée d’être commandé (dès l’enfance, le pauvre connaît sa situation). Donc les gens obéissent à leur classe sociale (ils sont emprisonnés dans leur classe sociale). Tocqueville explique que la démocratie permet la mobilité sociale et donc, dans une démocratie, on va pouvoir être témoin d’une égalisation.
Dans la démocratie, les gens ne sont pas emprisonnés dans leur classe sociale.
Le phénomène de l’égalisation, pour Tocqueville, est universel et irréversible. La démocratie amène l’égalité parce que les gens ne sont plus emprisonnés dans leur classe sociale et peuvent monter dans l’échelle. La démocratie et l’égalité sont liées. Pourquoi ? Dans un système démocratique, les positions ne se transmettent pas héréditairement, tandis que dans l’aristocratie, c’est transmis.
Tocqueville : La démocratie est ce qui fait avancer une société.
Deux groupes sociaux dans l’aristocratie : les aristocrates.
L’Amérique : un modèle de société démocratique (Démocratie + égalité).
La démocratie n’est pas un système parfait.
Les Dangers de la Démocratie
Dans la démocratie, les hommes d’État ont une fortune à faire.
La démocratie est le meilleur système pour l’ensemble de la société. Lorsque les riches gouvernent, les pauvres restent en péril et vice versa. La démocratie va servir le plus de personnes.
- L’individualisme (texte 18/19)
- L’anarchie
- Le despotisme démocratique
- Le despotisme de la majorité
Karl Marx (1818 – 1883) : Économiste, Philosophe, Sociologue
Contexte de transformation économique, politique et sociale.
Les aristocrates possèdent des moyens de production. Karl Marx considère qu’il y a deux groupes dans une société (ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas). Ceux qui sont pauvres ont une force de travail que les aristocrates n’ont pas. Karl Marx identifie deux classes sociales principales. D’un côté, il y a la bourgeoisie (les capitalistes) et de l’autre côté, il y a le prolétariat (classe ouvrière).
Prolétariat (classe ouvrière) : Possède sa force de travail qu’elle vend contre un salaire payé par le bourgeois (vend sa force de travail et dont l’employeur va faire un profit sur sa tête).
La Bourgeoisie (capitaliste) : Possède des moyens de production.
L’ouvrier travaille donc pour le bourgeois.
Les capitalistes veulent toujours maximiser leurs profits en baissant les coûts de production, en exploitant la force de travail du prolétariat (en ne le payant pas à sa juste valeur). La relation entre le prolétariat et la bourgeoisie est une relation de dominé à dominant. C’est donc une relation inégalitaire.
Pourquoi le bourgeois est-il riche ? Parce qu’il possède les moyens de production.
Une seule façon de monter dans la pyramide ? Posséder les moyens de production.
Dans la vision de Marx, la seule variable qui détermine la classe sociale d’appartenance, c’est de posséder les moyens de production.
La classe sociale d’appartenance d’une personne dépend de sa position dans le mode de production, c’est-à-dire comme détenteur des moyens de production ou non. Ce qui définit la classe d’appartenance, ce n’est pas le salaire à proprement parler, mais plutôt le rapport de production.
Ces deux classes ont des rapports conflictuels. Que veut le bourgeois ? Maximiser sa marge de profit au prix des conditions de travail des ouvriers. La maximisation du profit se fait au détriment des conditions ouvrières. Le prolétaire souhaite l’amélioration de ses conditions de vie, ce qui entraîne une perte de profit pour le bourgeois. Donc, on est face à une équation à somme nulle.
Relation dominé / dominant.
La bourgeoisie dispose d’une armée de réserve, donc elle n’a pas besoin individuellement du prolétaire.
Il y a une troisième classe dans une société : la petite bourgeoisie (les marchands, les notaires, les médecins et les avocats). Ils ne sont pas contraints de vendre leur force de travail pour survivre, par contre, ils ne possèdent pas de moyens de production non plus. Ils sont donc dans l’intermédiaire.
Différence entre bourgeoisie et petite bourgeoisie ? La petite bourgeoisie n’a pas de pouvoir politique, alors que la bourgeoisie en a. Ils n’ont effectivement pas le même poids politique.
Individualisme social :
Le Capitalisme selon Marx
- La Bourgeoisie vs. Le Prolétariat
- La lutte des classes
XXX QUESTION D'EXAMEN XXX
Quelle est la vision déterministe de Karl Marx ? Pourquoi peut-on qualifier Karl Marx comme étant déterministe ?
Selon Marx, la place de l’individu dans la société ne dépend pas de sa volonté, ne dépend pas de ses capacités, ne dépend pas de son effort, ni de sa beauté. La place d’un individu dans une société dépend que d’un seul facteur : la place de l’individu dans la société dépend de sa place dans le mode de production. Dans le mode de production, il y a des gens qui possèdent les moyens de production et d’autres qui vendent leur force de travail.
La classe des gens dans une société détermine leur vie entière.
Le rapport entre le prolétariat et la bourgeoisie est inégal. C’est un rapport de force et le prolétaire a besoin du bourgeois, mais le bourgeois n’a pas besoin du prolétaire parce qu’il dispose d’une armée de réserve de travailleurs. Les prolétaires n’ont pas encore de conscience collective. Marx ne s’intéresse pas à la naissance du capitalisme, mais à son fonctionnement et pour lui, le capitalisme signifie la propriété privée des moyens de production. Si on est tous propriétaires, la société s’effondrera.
Si une personne possède les moyens de production, elle est bourgeoise. Si une personne est obligée de travailler, elle va toujours être prolétaire. Une seule façon de devenir bourgeois : [Posséder les moyens de production].
Une Posture Déterministe
- Idée centrale : ce qui se joue dans l’ordre économique détermine l’organisation et l’évolution des sociétés.
Le Mode de Production Capitaliste
- Les moyens de production sont détenus par un petit nombre de personnes, qui n’ont pas besoin de travailler pour vivre : la bourgeoisie.
- Les autres doivent « vendre leur force de travail » pour vivre : le prolétariat.
Émile Durkheim
De la Division du Travail Social
La solidarité selon Durkheim :
« Tout ce qui force l’homme à compter avec autrui, à régler ses mouvements sur autre chose que les impulsions de son égoïsme. »
Durkheim = la base = la division du travail.
Marx voit deux classes sociales. Durkheim va s’interroger à savoir d’où viennent ces différences.
Durkheim va s’inscrire dans la tradition de Comte. La sociologie doit être reposée sur des faits vérifiables. On étudie Durkheim parce qu’il s’inscrit dans le même mode de pensée que Comte. Les contributions méthodologiques de Durkheim : il définit la sociologie comme une science qui étudie les faits sociaux. Une dimension sociale et sociologique. Selon Durkheim, on se devait d’étudier les faits d’une façon neutre. (Deux œuvres de Durkheim.)
Il va expliquer que toutes les sociétés (des plus primitives aux plus modernes) possèdent une conscience collective. Ce sont des valeurs, des opinions et des façons de penser qui leur sont propres et partagées par l’ensemble des membres. Pour qu’il y ait une cohésion dans une société, la conscience collective doit être présente. Il définit également la solidarité : le ciment qui lie au sein d’une société, ce qui [unit les membres].
Deux Types de Solidarité
- Solidarité mécanique : Ce sont des sociétés anciennes et primitives. Dans ces sociétés, la cohésion sociale naît de la similitude entre les individus. Les gens ont les mêmes valeurs, les mêmes croyances et parcours de vie. Dans ces sociétés-là, le groupe est plus important que l’individu. L’individu est donc absorbé par le groupe. La particularité individuelle n’est ni acceptée ni tolérée. La personnalité individuelle est absorbée dans le groupe.
- Solidarité organique : Société moderne. Les gens sont interdépendants. La société va se transformer en solidarité organique. La solidarité n’est plus basée sur la ressemblance, mais plutôt sur l’interdépendance. Pourquoi organique ? Durkheim fait un parallèle entre le fonctionnement de la société et le fonctionnement du corps humain (différences d’organes qui jouent des rôles différents, mais sont tous interdépendants). Durkheim explique que les individus ont tous des rôles à jouer dans la société. La solidarité naît de l’interdépendance de l’individu. Le ciment qui unit ces individus, c’est leur interdépendance, car chacun dépend du travail de l’autre.
Durkheim met l’accent sur le fait que dans les sociétés plus anciennes, on voit une cohésion qui est basée sur la ressemblance entre les individus. Quand Durkheim explique les deux types de solidarité, il parle de l’Europe primitive et agricole, une Europe qui est en train de se transformer et de se moderniser. Dans l’Europe plus moderne, il explique que la société sera basée sur l’interdépendance. Cette interdépendance provient de la montée de la division du travail. Dans les sociétés modernes, on divise de plus en plus les tâches. Ceci est possible grâce à l’évolution technologique et à la croissance démographique. On voit donc une montée dans la division du travail. Différentes personnes ont différents rôles à jouer dans une société, d’où la division du travail. La période de transition/changement est une période que Durkheim va appeler l’anomie. L’anomie, c’est le dérèglement d’une société lorsqu’il y a une absence de règles sociales pour intégrer les individus. Ces dérèglements ont des conséquences comme le suicide.
La solidarité mécanique, on peut tenter de la recréer. Durkheim explique que les gens dans une société organique sont tous interdépendants. On va donc recréer une forme de société mécanique. En créant des associations professionnelles, on forme une solidarité où le groupe est plus important que l’individu. La société technique, on peut la grouper lorsqu’on met des gens qui ont le même travail/parcours professionnel.
Le Suicide : Intégration et Régulation Sociales
Durkheim : le suicide est un fait social. Un fait qui doit être expliqué de façon objective et décrit d’une façon neutre. Durkheim explique que les femmes ont beaucoup plus de problèmes de santé mentale que les hommes, mais elles se suicident moins. Hypothèse : le suicide n’est pas une question de santé mentale, mais plutôt le résultat d’autres facteurs tels que l’âge, le sexe, le statut matrimonial et la religion. Le taux de suicide varie selon certains critères sociaux.
Le suicide, une question d’intégration et de régulation de la société.
Distinction du suicide comme fait social par rapport au suicide comme acte individuel.
Durkheim découvre que le taux de suicide varie en fonction de critères sociaux, dont :
- L’âge : Le suicide augmente avec l’âge. Plus notable chez les personnes âgées.
- Le sexe : Plus visible chez les hommes que chez les femmes.
- Le statut matrimonial : Plus visible chez les veufs et les célibataires que chez les gens mariés.
- La religion : Il y a plus de suicides chez les protestants que dans d’autres religions. Chez les Juifs, le taux de suicides est bas, alors qu’ils ont beaucoup de problèmes de santé mentale.
Lorsque Durkheim fait ces découvertes, il suit la même méthodologie que Comte. Il base ses observations sur des preuves. Si le suicide était une problématique de santé mentale, on ne trouverait pas ces régularités d’une manière aussi claire. Durkheim va démontrer que le suicide dépend de certains critères sociaux. Là, on est dans le déterminisme social. Ça ne dépend pas de la personne, mais plutôt de ses caractéristiques sociales.
Récapitulatif sur le Suicide et l'Intégration
S’intéresse au suicide. Explique que le suicide a des régularités dans les profils des gens qui se suicident.
Trois preuves qui démontrent que le suicide n’est pas un acte individuel, mais plutôt un acte social :
- Le taux de suicide varie en fonction des critères sociaux (le suicide ne tombe pas au hasard).
- Durkheim a une vision déterministe du suicide. Le risque qu’une personne se suicide varie selon le type de solidarité de la société dans laquelle il vit. Dans les sociétés à solidarité mécanique, les gens se suicident moins parce qu’ils sont absorbés/intégrés par le groupe. Dans les sociétés à solidarité organique et dans la période de transition entre les deux types de société (période d’anomie), le suicide va augmenter.
- Le suicide est une question d’intégration et de régulation.
Intégration : Le processus par lequel la société exerce une emprise sur les individus. L’idée ici, c’est que l’attachement des individus à un groupe les préserve/protège du suicide.
Régulation : Le processus qui vise à harmoniser le comportement des individus dans une société. Durkheim explique qu’une personne qui est bien intégrée est en quelque sorte protégée par la société. Par contre, une personne qui est mal intégrée est davantage à risque de se suicider.
Les quatre types de suicide :
- Le suicide égoïste : Se produit lorsqu’une personne n’est pas assez intégrée socialement (une personne n’est pas assez rattachée aux autres, individu isolé). Ex. : célibataire, n’a pas d’amis, qui n’appartient pas à un groupe.
- Suicide altruiste : Se produit lorsqu’une personne est trop intégrée (excès d’intégration). Ce type se produit lorsqu’une personne ne s’appartient plus. Ex. : suicide collectif dans une secte, ou une personne qui perd son compagnon d’arme (veut suivre le groupe).
- Suicide anomique : Défaut de régulation. Lorsque les normes sont moins claires, surtout dans les périodes de transition. Ex. : Au Québec dans les années 60, pendant la Révolution Tranquille.
- Suicide fataliste : Se produit lorsqu’une personne est confrontée à un excès de régulation. La vie sociale est tellement réglée que la personne n’a plus de marge de manœuvre. Exemple : un esclave ou un prisonnier. Le suicide survient puisque l’individu n’a pas d’avenir et donc les normes sont tellement rigides que l’individu perd complètement le contrôle sur sa vie.
Durkheim et Marx ont une chose importante en commun. Dans les deux cas, le comportement de l’individu est conditionné par son environnement social. Pour Marx, la place de l’individu dans une société ne dépend pas de facteurs qui n’ont rien à voir avec la volonté intérieure de l’individu. La perspective déterministe les unit.
Marx [Déterminisme économique].
Durkheim [Déterminisme social/moral].
Une transformation dans la conscience collective.
Max Weber (1864 – 1920)
S’intéresse au capitalisme (pour Marx, la propriété privée des moyens de production). Weber ne s’intéresse pas au mécanisme, mais plutôt à sa naissance. D’où vient le capitalisme ? Il est né dans les pays protestants. Il fait le lien entre l’avènement du capitalisme et le protestantisme. Ce parallèle : dans le protestantisme, on encourage les gens à travailler fort dans le but d’avoir du succès, mais pas pour de l’argent. Le succès représente un signe que Dieu leur fait pour leur dire qu’ils sont sauvés. Selon Weber, le capitalisme est une éthique protestante. Le protestantisme, en particulier le calvinisme, encourage des comportements particuliers, dont le travail, la discipline, le goût du travail, la frugalité, tout en proscrivant tout caractère hédoniste.
Il s’intéresse aux activités sociales. (EXAMEN)
Faire la différence entre fait et activité sociale. Selon Durkheim, la sociologie est l’étude des faits sociaux. Ces faits sont stables et ont toujours existé. Durkheim porte son intérêt sur des faits qui se perpétuent dans le temps. Weber ne s’intéresse pas à ce qui est stable, mais concentre son attention sur l’étude des événements et changements qui sont créés par des individus. Weber s’intéresse aux actions sociales (l’étude de l’activité sociale). Activité sociale : un comportement humain qui a une signification pour la personne qui la réalise. Pour qu’un comportement soit considéré comme une activité sociale, ce comportement doit être porteur de sens.
Récapitulatif : Pour Weber, la sociologie c’est la science de l’action parce que Weber s’intéresse non pas à ce qui est stable, mais plutôt à ce qui change. Weber concentre son attention sur l’étude des changements qui sont créés par les individus. Action sociale : une action qui a un sens pour la personne qui porte cette action-là.
Selon Weber, le catholicisme verrouillait/empêchait le développement du capitalisme parce que chez les catholiques, on contribuait à la charité.
La Sociologie comme Science de l'Activité Sociale
Action sociale : a du sens pour une personne qui pose l’action.
Exprime le fait que l’addition des actions individuelles vient créer la société. L’individu n’est pas déterminé par sa société. Débat individu vs. Société.
La Sociologie comme Science Compréhensive
La notion d’idéal-type. Idéal-type : une manière de se représenter la réalité. « Idéal » ne fait pas référence à un modèle de perfection, mais plutôt dans le sens « d’idée ». Il s’agit, pour Weber, de faire une construction théorique afin de faciliter la compréhension. Un modèle théorique qui n’existe pas dans sa plus pure expression dans la réalité. C’est un outil méthodologique. Idéal-type = une construction théorique qui accentue certains faits de la réalité pour en faciliter la compréhension. Ex. : capitalisme, bureaucratie. N’existent pas à leur plus pure expression, mais nous aident à comprendre.
À qui doit-on la notion de l’idéal-type ? WEBER. (Question d'examen)
L'Éthique Protestante et le Développement du Capitalisme
Weber s’intéresse à la naissance du capitalisme. Il s’intéresse au lien entre le protestantisme et le capitalisme. Sa théorie : les Calvinistes ont, génération après génération, économisé leur argent en travaillant très fort. Le but du travail n’était pas de le dépenser, mais plutôt de réussir et de démontrer leur salut. Weber explique que les protestants ont une éthique de travail particulière. Ils ne jouissent pas des biens matériels. D’une génération à l’autre, cela fait en sorte qu’une famille protestante va se constituer un grand capital. L’addition d’un comportement + un autre = créer quelque chose au sein de la société.
Le protestantisme encourage des comportements particuliers, dont le travail, la discipline, le goût du travail, la frugalité, tout en proscrivant tout caractère hédoniste. Le résultat ?
Les valeurs véhiculées et les comportements recommandés par le protestantisme favorisent l’accumulation du capital.
Comparaison entre Durkheim et Weber
1. Représentation de la Société
Durkheim : La société fonctionne comme une réalité qui est extérieure aux individus. Pour Durkheim, le comportement individuel est en partie déterminé par la société. Durkheim s’intéresse aux faits sociaux. La méthode ? Une approche holiste, donc le déterminisme social.
Weber : La société résulte des actions des individus (actions sociales). La méthode ? Il va essayer de comprendre le sens que les gens donnent à leur comportement. Donc une approche d’individualisme méthodologique. Toutes les actions de tous les individus. Les individus font des choix stratégiques.
Marx, Durkheim et Weber vont amener la création de différents courants théoriques.
2. Représentation de l'Individu
3. Objet de la Sociologie
4. Méthode
La théoricienne, et ensuite la théorie. L’approche du conflit s’inspire de Marx, et pas le contraire. (Examen)
Le Fonctionnalisme (Inspiré de Durkheim)
Approche qui voit la société comme un système composé de parties fortement liées entre elles et relativement stables, qui ont chacune un rôle à jouer pour assurer le fonctionnement de l’ensemble de la société.
Approche macrosociologique : on étudie à la grande échelle. Voit la société comme un système composé de parties fortement liées entre elles. S’inspire des travaux de Durkheim. Dans cette théorie, on conçoit la société comme étant un système de parties interreliées. Ces parties ont un rôle à jouer. Autrement dit, on perçoit la société comme étant [un organisme]. Quand on parle de fonctionnalisme, ils regardent les grandes parties (l’État, la famille, la justice, etc.). Ils approchent l’étude de la société avec l’idée que chacun de ces piliers a une fonction/un rôle à jouer. Ce courant de pensée s’inspire de la biologie. La société, c’est comme le corps humain. Chaque organe a un rôle à jouer. Lors des problèmes sociaux, il y a une institution qui n’a pas joué son rôle.
Au niveau de la criminalité. Pour Durkheim, c’est un fait qui est extérieur aux individus. Durkheim dit que la criminalité a une fonction importante. La criminalité sert à définir les valeurs sociales collectives. Pourquoi ? Elle permet de définir les valeurs communes et d’entretenir la solidarité. Le fait de discuter des actions comme actions criminelles permet de définir ce qui est acceptable au sein d’une société (mentalité acceptable/inacceptable).
MORALEMENT NEUTRE
L'Approche du Conflit Social (Inspirée de Marx)
Macrosociologique. La théorie du conflit dit que ce n’est pas tout le monde qui a le même accès au pouvoir et à la richesse. Ce sont des gens qui ont des caractéristiques similaires.
- Postule que la société est composée d’individus antagonistes, dont les individus qui ont des intérêts différents, qui luttent pour la maîtrise du pouvoir et la possession de la richesse.
- Postule que le pouvoir est une équation à somme nulle : Si les hommes prennent plus de pouvoir, ça veut dire que les femmes en ont moins.
- Marx s’inscrit dans le courant de cette approche.
- Points communs entre le fonctionnalisme et l’approche du conflit social : ce sont des approches macrosociologiques. Vision déterministe. Les deux mettent l’accent sur les impacts sociaux sur l’individu. Les gens sont le résultat des structures sociales.
L'Approche Interactionniste (Inspirée de Weber)
Cette approche considère que la société résulte des actions menées par les individus en tant que membres de groupes sociaux et qui, loin de subir passivement les contraintes sociales, agissent sur elles au jour le jour.
Le chercheur doit être présent pour observer.
Microsociologique : Le chercheur doit être sur place pour étudier le phénomène qui l’intéresse.
On considère que la société est le résultat des actions individuelles/comportements, qui font sens pour les personnes qui adoptent ces comportements-là.
Analyse Sociologique de l'Abandon Scolaire
- La théorie fonctionnaliste : Macrosociologique. Consiste à aller voir ce qui ne fonctionne pas au niveau de l’école. L’école ne remplit pas son rôle. Le remède ? On va réformer l’école. Le but ? Rendre l’école plus performante pour diminuer le décrochage scolaire. Le fonctionnalisme, c’est l’approche la plus utilisée et la plus simple à comprendre.
- La théorie du conflit : Macrosociologique. L’approche du conflit met en relief les inégalités. Le décrochage est un résultat d’inégalités sociales. Il y a moins de décrochage dans les milieux aisés que dans les milieux appauvris. Suggère des réformes structurelles dans l’ensemble de la société. Là, on va vouloir diminuer les inégalités sociales.
- La théorie interactionniste : Microsociologique. On s’intéresse aux rapports entre individus. On s’intéresse aux interactions du décrocheur avec son entourage. Le décrocheur a eu de mauvaises interactions dans son parcours scolaire, ou avec d’autres décrocheurs/potentiels décrocheurs. Solution ? Rendre les interactions plus agréables pour l’étudiant.
Récapitulatif Général des Fondateurs
Examen le 24 Mai
Comte : Fondateur du positivisme : la connaissance doit être basée sur des choses fiables. La source de la connaissance évolue dans le temps. La connaissance provient des lois de corrélations des phénomènes.
Durkheim s’inscrit dans la pensée de Comte. S’inspire du positivisme. Fait ses théories sur la base de statistiques/preuves.
Alexis de Tocqueville : Faisait le lien entre la démocratie et l’égalité. La démocratie amenait l’égalité. Les gens ont la chance de monter dans l’échelle sociale, tandis que dans l’aristocratie, non.
Karl Marx : Un penseur qui se situait dans le déterminisme social. Selon Marx, la classe d’un individu dans une société dépend de sa place dans le mode de production. Si une personne ne possède que sa force de travail, il se retrouve dans une position de dominé, c’est-à-dire ouvrier ou prolétariat. Ils ont des intérêts contradictoires. Plus le prolétariat essaie d’améliorer ses conditions de vie, plus le bourgeois perd son argent.
Troisième classe : petite bourgeoisie : classe indépendante. Pas contrainte de vendre sa force de travail à un bourgeois. Très peu de pouvoir politique comparé à la classe bourgeoise. La bourgeoisie a un pouvoir politique que la petite bourgeoisie ne détient pas.
Émile Durkheim : Reconnu pour ses contributions méthodologiques. Explique que la sociologie est l’étude des faits sociaux. Donc, un fait qui a toujours existé et qui existera toujours. Lorsqu’on étudie le suicide, on l’étudie d’une façon neutre. Le véritable fondateur de la sociologie. Durkheim décrit une transformation dans le type de solidarité. Conclusion : dans les sociétés plus anciennes, la solidarité est basée sur la ressemblance. D’où l’idée de solidarité mécanique. Dans cette société, le groupe est plus important que l’individu. La déviance est très peu tolérée et le travail est très faiblement divisé. Avec la montée de la division du travail, suite à la croissance démographique, on voit une transformation. Donc la solidarité organique. Travail découpé. Tous les gens ont un rôle et une fonction à jouer. Dans ce type de société, ce qui unit les individus, c’est l’interdépendance. L’individu n’est plus autant absorbé par le groupe. Durkheim note une hausse du suicide dans cette société. 1er élément qui peut affecter le suicide : le type de société dans laquelle une personne vit (ce ne sont pas des sociétés, mais des solidarités organiques). 2e élément qui est à risque d'augmenter la possibilité qu’une personne se suicide : critères de vie sociale. Le suicide n’est pas seulement causé par des problèmes de santé mentale. 3e élément : le niveau d’intégration et de régulation d’une société. Si une personne est en excès d’intégration, cette personne est plus à risque de se suicider (ANOMIE).
Séance 4 & 5 : L'Apprentissage de la Vie en Société : Culture et Socialisation
Aperçu : Culture et Socialisation
- Une définition de la culture.
- L’intériorisation des éléments de la culture : le processus de socialisation.
- Les canaux de transmission des éléments de la culture : les agents de la socialisation.
- La formation de l’identité personnelle et sociale.
Qu'est-ce que la Culture ?
- Tout ce qui est créé et transmis par l’homme en tant que membre de la société.
- Les composants de la culture : valeurs, langue, traditions, croyances, productions artistiques.
En sociologie, « culture » désigne tout ce qui est créé et transmis par l’homme.
Une valeur = conception collective de ce qui est acceptable (Ex. : l’égalité).
Norme : acceptée par la majorité.
Tous les composants d’une culture sont appris.
L'Intériorisation des Éléments de la Culture : Le Processus de Socialisation
Comment apprend-on les valeurs d’une société ?
Socialisation : Ensemble des processus par lesquels l’individu est construit par la société globale et locale (déterminisme social).
Guy Rocher : définition de la socialisation.
Processus de socialisation : débute à la naissance. Se termine lorsque la personne n’est plus un être social. Plus intense [dans l'enfance].
La Socialisation : Un Processus Inachevé
Socialisation primaire : Le plus intense dans l’enfance, mais se poursuit jusqu’à ce que la personne ne soit plus un être social.
Socialisation secondaire : De la fin de l’adolescence jusqu’à ce que la personne ne soit plus un être social.
Les éléments de la culture sont transmis par les agents de la socialisation. Ils vont intégrer ces agents à la société.
Qui socialise ? Les agents de socialisation :
- La famille
- L’école
- Les pairs
- Les médias
- Le monde du travail
- La religion
Les Agents de la Socialisation
Deux Visions du Processus de Socialisation
- Approche Holiste : La socialisation est le formatage d’individus.
- Approche Interactionniste : [La socialisation est un processus actif].
La Socialisation s'effectue en fonction :
- Du temps : (Période historique) : les normes changent selon la période historique.
- De l’espace : (Lieux géographiques) : une norme qui est forte quelque part n’est pas fortement forte dans une autre société.
- Du groupe social : Les valeurs sont différentes dans différentes classes sociales.
Pierre Bourdieu et la Transmission des Capitaux
Les Caractéristiques Pertinentes pour Définir l'Identité
1. Les Capitaux :
- Le capital économique
- Le capital culturel
- Le capital social
- Le capital symbolique
2. L’Habitus
Raisonnement de Bourdieu dans "La Distinction"
Charles Horton Cooley
La Mise en Scène de la Vie Quotidienne (Goffman)
L’identité selon E. Goffman :
- L’identité est mouvante.
- L’identité est le produit de chaque interaction en face à face.
Selon Goffman, le monde social est un théâtre, et l’interaction une représentation.
Comparaison entre les Travaux de Bourdieu et Goffman
- Les caractéristiques retenues comme pertinentes pour définir l’identité.
- Processus par lequel l’identité se constitue.
- Les liens entre microsociologie et macrosociologie.
La Socialisation Différenciée selon le Sexe et le Genre
- Le sexe et le genre.
- Le processus d’acquisition du sexe social :
Socialisation Primaire :
La famille, le berceau d’acquisition de l’identité de genre ?
Socialisation Secondaire :
Une remise en question de l’essentialisme.
Essentialisme : Conception selon laquelle les hommes et les femmes, par leur « nature » différente, auraient des caractéristiques bien définies, inaliénables et intemporelles.
Une critique de l’essentialisme.
Simon de Beauvoir.
Margaret Mead et la Construction Culturelle du Genre
Résultats de la recherche de M. Mead :
- Chez les Arapeshs : les tempéraments ne sont pas différenciés selon le sexe. Les hommes et les femmes sont doux et sensibles.
- Chez les Mundugumors : les tempéraments ne sont pas différenciés selon le sexe. Les hommes et les femmes sont violents et agressifs.
- Chez les Chambuli : les tempéraments sont différenciés selon le sexe, mais avec des caractéristiques opposées par rapport à la représentation dominante dans les sociétés occidentales : les hommes sont doux et sensibles, les femmes sont agressives.
Conclusion des Travaux de Mead
- Les tempéraments ne sont pas toujours différenciés selon le sexe.
- Lorsqu’une différenciation existe, elle ne suit pas nécessairement le modèle dominant en Occident.
- Donc, les tempéraments associés à chaque sexe ne relèvent pas de la nature, mais d’une construction culturelle et d’un conditionnement social.