Le football, arme de l'indépendance algérienne

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Le rôle du football dans l'indépendance de l'Algérie

Bien que cela semble difficile à croire, le football a joué l'un des rôles les plus importants dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie.

Le contexte sportif et politique

Pendant la Coupe du monde 1958, la France était l'une des équipes favorites. Elle comptait des joueurs de haut niveau tels que Kopa, Piantoni et Fontaine, qui a marqué treize buts lors de cette édition suédoise. L'entraîneur Albert Batteux disposait alors de trois des meilleurs joueurs algériens : Mekhloufi, Zitouni et Brahimi.

Après la Seconde Guerre mondiale (1945), la soif d'indépendance en Algérie a considérablement augmenté. Le FLN a gagné en influence et a décidé d'entamer le processus, dur et sanglant, de l'indépendance. Le 1er novembre 1954, le Front de libération nationale (FLN) a organisé trente attentats contre des postes de police et des casernes militaires, symboles de la présence coloniale française. Cet événement, appelé la « Toussaint rouge », marque le début de la guerre d'Algérie.

Le football comme arme de propagande

Peu avant cet événement, le FLN a découvert une arme de propagande majeure pour soutenir la cause de l'indépendance : le football. Cette prise de conscience a eu lieu lors de la victoire de l'équipe du Maghreb contre l'équipe de France, lors d'un match commémorant les 1 400 victimes du tremblement de terre d'Orléansville (devenu plus tard El-Asnam).

La création de l'équipe du FLN

Le FLN décide alors de créer sa propre équipe de football. Tout commence après un entraînement de l'AS Saint-Étienne, lorsque Rachid Mekhloufi retrouve ses collègues Mokhtar Arribi (Lens) et Abdelhamid Kermali (Lyon). Ils lui disent : « Rachid, demain nous partons ». À sa question « Où ? », ils répondent : « En Algérie pour soutenir nos frères en faveur de l'indépendance ». Rachid accepte sans hésiter.

Le lendemain, Rachid joue contre Béziers, match remporté 2 à 1 grâce à son but à la 80ème minute. Blessé, il est admis à l'hôpital pendant 36 heures, où il planifie son évasion avec l'aide de l'ancien footballeur et membre du FLN, Mohammed Boumezrag.

Une évasion vers la liberté

En train, ils traversent la Suisse et l'Italie pour rejoindre Rome, puis prennent un avion pour la Tunisie, où ils sont accueillis par le président Habib Bourguiba. Si la plupart des joueurs réussissent leur fuite, certains échouent, comme Mohamed Maouche (Stade de Reims), détenu à la frontière de Lausanne et emprisonné pendant trois mois.

L'impact international

La fuite des joueurs algériens a causé un énorme problème pour la Fédération française de football et pour la FIFA. Ces instances ont tenté d'étouffer l'événement et ont menacé de sanctionner tout pays soutenant la cause algérienne.

La FIFA a échoué : l'équipe algérienne a disputé 91 matchs amicaux en quatre ans, avec un succès quasi constant. Leur plus grande victoire reste toutefois l'indépendance obtenue en 1962 après les accords d'Évian.

En conclusion, le football n'est pas qu'un simple divertissement de masse ; utilisé stratégiquement, il peut devenir une arme de propagande capable d'atteindre des objectifs historiques, comme l'indépendance d'un pays.

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