Les Formes du Dol et de la Culpabilité en Droit Pénal
Classé dans Philosophie et éthique
Écrit le en
français avec une taille de 6,42 KB
Les formes du dol et de la culpabilité
Dans les formes de la culpabilité, la plus lourde est le dol. Tous les crimes visés par le Code Pénal sont intentionnels (frauduleux), mais il est vrai qu'entre la tromperie et la culpabilité, il existe des échelles différentes. Elles doivent être évaluées progressivement pour déterminer si nous parlons de responsabilité volontaire ou d'obligation téméraire. Ainsi, il existe deux sortes de culpabilité :
La culpabilité délictueuse : le dol
Elle contient le dol, c'est-à-dire l'intention. Pour cette figure, il doit y avoir deux éléments :
1. L'élément cognitif
Il est formé par deux types de connaissances :
- D'abord, savoir que la conduite est illégale et contraire à la loi.
- Ensuite, connaître les éléments de la nature et les conséquences de l'action.
Concernant la connaissance des éléments du type, le sujet ne doit pas connaître la nature juridique exacte du concept, mais simplement savoir que, par exemple, il tue autrui pour son propre avantage, avec préméditation. Dans le cas du vol, il suffirait de savoir qu'il s'approprie quelque chose qui ne lui appartient pas. En ce qui concerne la connaissance de l'illégalité de l'action, aucune connaissance technique n'est requise ; il suffit que le sujet sache qu'il fait quelque chose d'interdit. En parlant de la connaissance de l'illégalité, vient également la connaissance de l'existence d'une cause de justification.
2. L'élément volitif
Une conduite délibérée sera ainsi constituée par des actes illicites commis sciemment, intégrant le caractère volontaire du sujet qui agit. L'intention n'est pas un simple vœu, mais l'élément nécessite une véritable volonté : poursuivre le résultat final et en accepter la conclusion. Le but signifie connaître et vouloir la réalisation de l'infraction, et nécessite donc que ces deux éléments se produisent (élément cognitif et volontaire).
Les classes de dol selon l'intensité
Le dol dépend de l'intensité plus ou moins forte de l'élément volitif. On distingue deux catégories de dol direct :
Le dol direct de premier degré
Le sujet a pour but de diriger sa conduite vers la réalisation de l'infraction. Il est indifférent que le résultat soit certain, probable ou simplement possible. Exemple : un membre de l'ETA mettant une bombe dans la voiture d'une personne qu'il veut tuer.
Le dol direct de second degré
Le sujet est nécessairement lié au résultat qu'il accepte comme une conséquence de son action, même s'il ne l'a pas poursuivi directement. Exemple : l'ETA veut tuer une personne, mais sait que la voiture piégée est conduite par un chauffeur. Par conséquent, bien qu'il ne cherche pas la mort du pilote, cette seconde mort relève du dol direct de second degré.
Le dol éventuel
C'est la troisième catégorie en intensité. Le sujet ne vise pas directement le résultat, mais l'accepte comme probable. Dans la représentation que le sujet se fait des faits, le résultat est susceptible de se produire et le sujet y consent.
Distinction entre dol éventuel et imprudence consciente
Il est parfois difficile de distinguer le dol éventuel de l'imprudence consciente, qui est la forme la plus sévère de l'insouciance. Ce qui caractérise cette dernière est précisément l'absence d'élément volitif. Ainsi, dans le cas de la culpabilité consciente et du dol éventuel, le sujet sait que ses actes peuvent entraîner certaines conséquences, mais en cas de dol éventuel, il en admet la probabilité.
Théories sur la différence entre dol et imprudence
Théorie de la probabilité
On est en présence de dol éventuel lorsqu'il est probable que le résultat se produise, alors qu'il y a culpabilité consciente lorsque la production du résultat est simplement possible. Le risque ici réside dans les jugements de valeur portés par le juge.
Théorie du consentement
Cette théorie considère que le sujet agit volontairement en s'étant représenté les conséquences de ses actes sans chercher à les éviter. À l'inverse, nous serions face à une conduite imprudente lorsque l'individu agit en essayant d'éviter ce résultat. Il existe deux sous-théories :
Théorie hypothétique du résultat
Nous cherchons à savoir si le sujet aurait accepté le résultat via une vue théorique de ce qu'il aurait fait s'il avait été certain que le résultat se produirait. Ainsi, si le sujet avait renoncé à agir, nous sommes face à une imprudence ; si, au contraire, le sujet avait agi de toute façon, il y aurait dol.
Théorie positive du consentement
Elle tient compte de la façon dont l'action a été réalisée et si le résultat aurait pu être évité ou non. Si l'action a été menée négligemment, il y aurait dol ; si, en revanche, le sujet a agi avec l'intention de se soustraire au résultat, alors il n'y a que culpabilité consciente.
Critiques des théories et théorie de la conformité
Critique de la théorie des probabilités
Le danger est de résoudre l'évaluation du dol en se basant uniquement sur la personnalité du sujet.
Critique de la théorie du consentement
Elle ne résout pas les cas où, malgré une forte probabilité de résultat, le sujet reste optimiste et espère l'éviter. Selon certains auteurs, il n'existe pas de règle assurant que le sujet accepte le résultat simplement par sa représentation préalable, et il est difficile de déterminer si la personne approuve réellement le résultat.
Théorie de la conformité (Théorie de Jescheck)
Cette théorie, incarnée par Jescheck, est aussi connue comme la théorie mixte car elle tente de combiner les deux éléments. Pour qu'il y ait dol éventuel, le sujet doit prendre au sérieux la possibilité de réalisation de l'infraction, sans exclure sa commission, et se conformer en même temps à cette probabilité. Elle repose sur la représentation d'un degré minimum de probabilité du résultat afin de s'assurer que le sujet accepte et veut la réalisation du type légal, même avec un désir léger.