Formes d'État : absolu, de droit et État-providence

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Formes d'État au sens strict

Formes historiques

État absolu

- État absolu : forme d'État appelée aussi monarchie absolue, née en réaction à l'ordre féodal précédent. C'est un processus long qui se caractérise par la concentration du pouvoir. Le pouvoir devient dit « absolu » car il est concentré dans une seule institution, la Couronne : elle concentre toute la puissance et se pose parfois au‑dessus de la loi. Le monarque peut se croire au‑dessus de la loi et, en pratique, le peuple est juridiquement inégal.

L'État ne reconnaît pas l'égalité des droits pour tous. La société est divisée en ordres (domaines) et chaque ordre a des droits et des obligations différents. Le statut n'est pas défini par le revenu mais par la naissance. Il y a trois niveaux :

  • Noblesse : appartient par la naissance ; la noblesse a des droits et des obligations spécifiques. Exceptionnellement, le roi peut conférer un titre.
  • Clergé : le clergé est une catégorie distincte, divisée en clergé supérieur et clergé inférieur ; la position est en général irréversible.
  • État tiers ou tiers‑état : correspond à la majorité de la population, mais il est lui‑même divisé en différents groupes (artisans, paysans, forgerons, etc.).

État de police ou État caméral

- État de police / État caméral : variante de l'État absolu. Il se caractérise par la volonté de la Couronne d'agir pour le « bien » du peuple. On y retrouve le despotisme éclairé, résumé par la formule « tout pour le peuple, mais sans le peuple » (référence à Carlos III). On parle d'« État de police » en Espagne et en France ; on appelle « états caméraux » ceux où l'administration centrale (la chambre, les conseillers de la chambre) joue un rôle important, phénomène courant en Europe centrale.

Forme actuelle : la règle de droit

Règle de droit : quatre caractéristiques

- Règle de droit : elle comporte quatre caractéristiques principales :

1. L'État de droit

Tous les citoyens sont égaux devant la loi : la réglementation et l'application de la loi traitent tous les individus de manière égale. On parle désormais de citoyens (auparavant on disait sujets). Tous, sans exception, sont soumis à la loi. C'est une condition nécessaire au fonctionnement du marché.

2. Partage des pouvoirs

Le pouvoir, autrefois concentré dans la Couronne, est divisé. Les défenseurs de l'État de droit estiment que le pouvoir doit être séparé afin qu'aucune instance ne puisse agir sans contrôle. Il est nécessaire d'organiser des mécanismes de contrôle mutuel :

  • Assemblée législative : élabore les lois.
  • Exécutif : applique les lois.
  • Judiciaire : sanctionne les violations de la loi.
3. Contrôle réciproque des pouvoirs

La manière dont les pouvoirs se rapportent les uns aux autres détermine diverses formes de gouvernement. Les mécanismes de contrôle et d'équilibre entre pouvoirs façonnent le régime politique.

4. Droits et libertés civils

Cela marque une rupture radicale : les individus possèdent des droits que l'État ne peut pas leur retirer. Ces droits sont constitutifs des États de droit.

Cela constitue une innovation complète par rapport aux régimes antérieurs où le statut (bon sujet) était un privilège. L'État reconnaît désormais certains droits ; toutefois, ils ne sont pas toujours garantis dans tous les contextes.

L'État libéral

L'État libéral est un État d'abstention : il se positionne comme un spectateur et limite ses fonctions. Il est généralement réduit à deux missions :

  • La défense extérieure et intérieure.
  • Le maintien de l'ordre public interne.

L'État libéral assure l'égalité théorique sur le marché mais n'intervient pas activement dans celui‑ci, laissant le marché s'autoréguler pour atteindre un équilibre. Cette conception correspond aux premières étapes du droit libéral.

Cependant, l'État intervient progressivement sur le marché : il met en place un régime fiscal (impôt sur le revenu, progressivité possible) et commence à jouer un rôle économique, notamment en matière de régulation du travail.

Alternatives aux formes d'État libéral

Les formes d'État présentent trois alternatives par rapport à l'État libéral :

  • Deux alternatives opposées à la règle de droit : l'État communiste ou socialiste, et les régimes autoritaires ou totalitaires.
  • Une alternative qui approfondit et développe l'État libéral de droit (c'est sur cette voie que nous nous concentrons) : l'État‑providence ou État social.

État communiste ou socialiste

- État communiste ou socialiste : exemple : l'Union soviétique. Fondé sur la pensée de Karl Marx, le projet vise l'abolition des classes ; à terme, la théorie marxiste prévoit la disparition de l'État lui‑même (état sans classes ni État).

Régimes autoritaires et totalitaires

- Autoritaires / totalitaires : ces régimes cherchent à intervenir sur tous les aspects de la vie politique et sociale. Ils se caractérisent par la logique « qui n'est pas avec moi est contre moi » et par un contrôle généralisé.

État‑providence (État social)

- État‑providence / État social : forme dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Il résulte d'un mouvement de pensée économique (notamment keynésianisme) qui reconnaît l'imperfection des marchés et fait de l'État un acteur important. L'État intervient pour corriger les déséquilibres et garantir des droits et protections.

Droites et libertés politiques :

  • Les droits civils : droits liés à la personne et à sa place dans la société (par exemple : droit de réunion, liberté d'association, liberté d'expression).
  • Les droits politiques : droits de participation politique : droit de vote, droit d'être élu, droit d'adhérer à un parti politique, etc.

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