Garanties d'Impartialité et d'Indépendance du Juge : Récusation et Abstention
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T-5 - Partie de l'indépendance et la propriété. Processus de litige
Processus de litige : Préserver l'impartialité du juge
Le processus de litige vise à préserver l'impartialité du juge à l'égard de l'objet en cause. La légitimité du juge dans un processus donné repose sur son manque d'adhérence ou de relation avec les parties ou la procédure en cours.
L'abstention et la récusation (ou défi) sont des garanties procédurales destinées à assurer l'impartialité de la cour pour appliquer un droit objectif et « désintéressé » à l'affaire.
L'Abstention : Obligation de transparence
L'abstention est une obligation pour tout juge ou magistrat. Elle est mise en œuvre par un acte de procédure par lequel le magistrat ou le juge doit :
- Divulguer sans délai, à la section ou division compétente, le fait qui motive l'une des raisons de disqualification.
- Demander à être relevé de ses fonctions dans le processus donné, afin de préserver l'impartialité du pouvoir judiciaire auquel il appartient.
L'autorité compétente peut accepter ou rejeter la demande d'abstention :
- Si rejetée : Le juge ou le magistrat ordonne de continuer à connaître de l'affaire, sans préjudice pour l'intéressé d'exhorter son rejet ultérieurement.
- Si acceptée : L'organe compétent rend une ordonnance mettant de côté la connaissance du processus et transmet la procédure à son remplaçant. Lorsque l'abstention concerne un organe collégial, la décision est dictée par le Conseil ou la section à laquelle il appartient.
Le Recours contre une récusation : Le Défi
Le défi est un acte initié par toute partie intéressée qui invite le juge ou le magistrat à se déclarer incompétent en raison de l'un des motifs d'opposition, demandant ainsi son retrait de la poursuite.
Seules les parties formelles, c'est-à-dire celles qui sont apparues en tant que telles dans le processus, peuvent contester, ainsi que le Ministère Public (MF) si son intervention est requise pour défendre l'intérêt public.
Les motifs de récusation (également motifs d'abstention)
Les motifs comprennent :
- Relation familiale ou affective : Relation de parenté jusqu'au quatrième degré avec les parties, ou jusqu'au second degré avec l'avocat ou le procureur, ou relation affective avec eux.
- Antécédents judiciaires : Le tribunal a déjà été accusateur ou inculpé une partie, même si la procédure n'a pas abouti ou si un acquittement a été prononcé.
- Sanction disciplinaire : Avoir été sanctionné par une plainte disciplinaire à la suite d'une plainte de la partie.
- Intervention antérieure : Avoir participé au processus en tant qu'avocat ou avoir défendu ou représenté une partie.
- Litiges personnels : Avoir porté plainte ou accusé l'une des parties, ou avoir un litige en cours avec l'une d'elles, ou avoir un intérêt direct ou indirect dans le processus.
- Relations personnelles : Amitié intime ou hostilité avec l'une des parties.
- Participation antérieure : Avoir participé à une enquête ou à la première instance du processus.
- Statut antérieur : Être ou avoir été partie dans le processus jugé par le juge, etc.
Procédure pour soulever la récusation
Dès qu'il prend connaissance de l'existence d'une cause de récusation, le projet de loi exige que l'objection soit soulevée par écrit, afin de déterminer la cause et d'incorporer une preuve prima facie devant le juge. Cela ouvre la « requête en récusation », qui se déroule comme suit :
- Transfert de l'écriture : Transfert aux autres parties pour adhésion ou opposition au défi, et communication au magistrat chargé d'examiner l'incident.
- Rapport du juge récusé : Transfert de la lettre d'opposition au juge récusé, qui doit faire rapport sur l'affaire au tribunal pour résolution.
- Recevabilité : Si l'incident est déclaré recevable par l'instructeur désigné légalement, celui-ci acceptera le motif contesté qui résoudra l'incident.
- Preuve : Si le motif n'est pas accepté, l'instructeur statuera sur la pratique du test proposé, puis enverra toutes les procédures au tribunal compétent pour décider de la disqualification.
- Décision finale : Le tribunal demande l'avis du MF et résout l'incident. Aucune opposition n'est permise contre cette décision.
En général, le pouvoir de statuer sur la requête en récusation des juges appartient à la section ou à la chambre à laquelle ils appartiennent. Si le défi concerne un juge, c'est le supérieur qui statue, sauf si la cause concerne un magistrat, auquel cas le même juge instructeur résout la requête en récusation.
Indépendance du juge face au supérieur et aux organes de gouvernement
Afin de préserver l'indépendance du juge contre ses supérieurs et les organes directeurs du pouvoir judiciaire, deux types de garanties sont établies :
Le Mandat : Garantie contre les supérieurs
Le mandat des juges constitue la principale garantie de l'indépendance judiciaire contre le haut magistrat. Sans lui, les organes directeurs pourraient se débarrasser des juges qui n'adhèrent pas à leurs positions et directives.
Les juges et magistrats ne peuvent être révoqués, suspendus, transférés ou mis à la retraite que pour les raisons et garanties prévues par la LOPJ :
- Perte de nationalité.
- Sanction disciplinaire très grave.
- Condamnation à une peine d'emprisonnement pour crime intentionnel.
- Invalidité.
- Retraite.
La suspension ou la cessation temporaire des fonctions judiciaires est prévue dans la LOPJ et peut être « provisoire ».
La Soumission du juge à l'acte de juger
L'indépendance de la magistrature est diffuse, englobant l'intégrité de tous les tribunaux, du magistrat le plus bas à la Cour suprême. Par conséquent, lorsqu'un juge est saisi d'une procédure particulière, il est absolument indépendant, non seulement des parties, mais aussi de ses supérieurs, qui ne peuvent même pas faire la moindre allusion sur la manière dont cette affaire devrait être réglée.
Les juges et magistrats doivent être « sous la seule réserve de la règle de droit ». Cette soumission à la loi, et seulement elle, est strictement nécessaire pour préserver le respect de l'indépendance judiciaire.
Le juge doit être soumis au reste du droit positif, à l'ensemble du système juridique, au-dessus et indépendamment de la jurisprudence qui, bien sûr, joue un rôle.
La soumission à la loi fonctionne de deux manières :
- Comme un mécanisme puissant pour préserver le principe de l'égalité de tous les citoyens exigeant une réponse judiciaire au même problème.
- Comme un facteur de fixité et de certitude, ou du moins de prévisibilité, des décisions de justice.