De Gaulle et Pompidou — Vᵉ République (1958–1974)

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I. Mise en place du régime (1958)

1) Rôle de De Gaulle

De Gaulle prononce un discours politique annonçant qu'il proposera une nouvelle constitution le 10 septembre 1958, place de la République à Paris. Le 28 septembre 1958, le projet est approuvé par référendum: « OUI » à 80 % des suffrages, avec une forte participation, ce qui constitue un succès pour le projet de De Gaulle. Le 4 octobre 1958, la Vᵉ République est proclamée.

2) Nouvelles institutions

Le nouveau texte organise les pouvoirs de la façon suivante:

  • Le pouvoir législatif appartient à l'Assemblée nationale et au Sénat.
  • Le pouvoir présidentiel est renforcé: mandat de 7 ans, possibilité de dissoudre l'Assemblée, nomination du Premier ministre, droit d'organiser des référendums, et qualité de chef des armées. Le président devient le personnage central de la République.
  • Le corps électoral est composé des Français âgés de 21 ans et plus (selon le régime alors établi).

II. De Gaulle président (1958–1969)

Élu président de la République en décembre 1958, De Gaulle consolide la Vᵉ République en renforçant le pouvoir exécutif. Le président de la République est élu au suffrage universel direct grâce au référendum de 1962. Ses discours, conférences de presse et déplacements en France forgent un lien direct entre le président et les Français. La révision constitutionnelle de 1962 instaurant l'élection présidentielle au suffrage universel légitime la prééminence du président.

1) Politique de « grandeur » pour la France

De Gaulle s'investit particulièrement dans la politique étrangère et de défense, domaine qu'il considère comme réservé. À son retour au pouvoir en 1958, il engage une politique visant à ce que la France pèse sur le destin du monde: elle retrouve son rang sur la scène diplomatique et affirme sa capacité à défendre ses intérêts.

  • Refus de l'alignement sur la combinaison des deux blocs, De Gaulle met en avant une troisième voie.
  • Restauration de la puissance de la France avec le développement d'une force de dissuasion nucléaire (1960) et une politique d'indépendance nationale.
  • Sortie de la France du commandement intégré de l'OTAN (1966) pour se démarquer des États-Unis.
  • En février 1965, il annonce sa volonté de remettre en cause la domination du dollar en proposant un système où l'or joue un rôle stabilisateur, afin de garantir l'équilibre monétaire et l'affranchissement des activités économiques françaises face aux devises américaines.
  • Politique active en faveur de la recherche scientifique et de l'autonomie technologique: le rayonnement et les innovations, notamment dans le secteur énergétique, contribuent à réduire la dépendance aux États-Unis.
  • Décolonisation: création en 1958 de la Communauté française pour l'Afrique noire, qui conduit à l'indépendance de plusieurs États en 1960. En Algérie, la guerre prend fin et les autorités acceptent de négocier avec le FLN; l'indépendance est acquise en 1962.

2) Exercice du pouvoir et oppositions

Au cours de son premier mandat, le Premier ministre Georges Pompidou (à partir de 1962) concentre son action sur le domaine économique: modernisation de l'agriculture, développement de l'industrie et des services dans un contexte économique favorable. Toutefois, l'inflation reste forte car les salaires augmentent moins vite que les prix.

La pratique du pouvoir de De Gaulle suscite des critiques. Lors de l'élection présidentielle de 1965, il est mis en ballottage et affronte au second tour (nom du rival absent dans le texte d'origine). Il remporte l'élection et entame un second mandat présidentiel. L'usure du pouvoir se confirme lors des élections législatives de 1967.

Le pouvoir est fragilisé par un mouvement social et étudiant massif qui paralyse la France en mai 1968 et révèle de nouvelles aspirations politiques, sociales et culturelles. Le pouvoir de De Gaulle est mis en cause par les contestations étudiantes et ouvrières: révolte des jeunes relayée par des grèves ouvrières et des manifestations réclamant la démission du président. Des accords sont signés avec les syndicats et de nouvelles élections législatives sont convoquées en juin (la majorité revient alors à De Gaulle). En 1969, De Gaulle démissionne.

III. Présidence de Pompidou — héritage gaulliste (1969–1974)

Élu face à une gauche divisée, Pompidou l'emporte au 2e tour avec plus de 58 % des voix. Ses réformes sont libérales, mais le régime reste conservateur et poursuit la continuité du gaullisme.

Il poursuit la politique de De Gaulle en privilégiant la modernisation économique, l'aménagement du territoire et l'intégration au marché européen. C'est l'époque de grands aménagements et du développement du tourisme de masse (création d'aéroports, autoroutes, etc.). En 1969, Pompidou décide d'affecter le plateau (la Défense) à la construction d'un centre culturel pluridisciplinaire.

En politique extérieure, Pompidou est favorable à l'adhésion de nouveaux États à la CEE et adopte un discours moins exclusivement patriotique. L'opposition de gauche se renforce en s'unifiant autour du PS.

Sous son mandat, la France connaît un dérèglement économique: le premier choc pétrolier de 1973 provoque une hausse brutale du prix du pétrole, l'inflation augmente, le chômage progresse et la croissance économique faiblit. Une phase de crise économique s'instaure. Pompidou meurt en avril 1974. Il aura représenté et œuvré en conformité et dans la continuité du gaullisme.

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