Géographie et Dynamiques de la Population Espagnole
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Sources démographiques de la population
Les études de géographie de la population analysent les relations entre les gens et l'espace. Elles s'appuient sur l'analyse des données démographiques basées sur :
- Le recensement : le comptage de la population des pays individuels à un moment donné. Il est mené tous les dix ans (années se terminant en 1).
- Le registre municipal : l'enregistrement des habitants d'une ville. Il collecte des données démographiques, économiques et sociales et est mis à jour le 1er janvier de chaque année.
- L'inscription : note les naissances, les mariages et les décès. Avec ces données, l'INE (Institut National de la Statistique) établit les statistiques du mouvement naturel de la population. D'autres sources incluent les statistiques et les enquêtes.
Répartition de la population
1. Caractéristiques de la distribution
La distribution spatiale est analysée par la densité de population (D = Population / Surface en km²). La densité espagnole a augmenté au fil du temps, mais présente de forts déséquilibres spatiaux dépassant nettement la moyenne nationale, créant des zones de dépeuplement.
- Les zones de haute densité : Baléares, Canaries, Ceuta et Melilla, ainsi que Madrid.
- Les zones de faible densité : l'intérieur de la péninsule.
2. Facteurs explicatifs de la distribution
- A) Ère pré-industrielle : l'économie était essentiellement agricole. Les plus fortes densités se situaient dans les plaines côtières. La découverte de l'Amérique a apporté la prospérité économique à la Castille, qui est devenue plus peuplée. Enfin, les plus fortes densités ont eu lieu dans les zones côtières méditerranéennes en raison du commerce maritime.
- B) Temps industriels : les facteurs naturels ont perdu de leur importance tandis que les contrastes de distribution se sont accentués. Madrid et les régions périphériques ont crû, soit par leur nature de croissance élevée, soit par l'activité économique (industrie).
- C) Temps post-industriels : les contrastes tendent à s'atténuer. La crise a réduit l'attrait des zones industrielles et l'émigration vers l'extérieur a diminué. Après la crise, on observe une consolidation de la population à Madrid et sur les axes de la Méditerranée et de l'Èbre.
Mouvement naturel de la population
Il s'agit de la croissance ou du déclin de la population dû à des causes naturelles (naissances, décès). L'accroissement naturel est la différence entre les naissances et les décès.
1. Régimes démographiques
1.1 Régime démographique ancien
Il s'étend jusqu'au début du XXe siècle et se caractérise par :
- Natalité : valeurs élevées car la société était rurale. Les enfants commençaient tôt à travailler pour aider aux travaux des champs et leur entretien était bon marché. Absence de systèmes efficaces de contrôle des naissances ; l'âge du mariage variait selon les périodes de crise.
- Mortalité : haute et oscillante. Causes : faible productivité agricole, maladies infectieuses (air, nourriture, eau), manque d'hygiène et retard de la médecine. Mortalité catastrophique provoquée par les épidémies, les guerres et les mauvaises récoltes.
- Mortalité infantile : très élevée, tant néonatale (4 premières semaines) que postnatale (jusqu'à 1 an), due aux infections et à la malnutrition. L'espérance de vie était faible en raison de la forte mortalité infantile et maternelle.
- Conséquence : le taux d'accroissement naturel était faible.
1.2 Transition démographique (1900-1975)
Le taux de natalité a chuté de manière discontinue :
- Décennie 1920 : récupération grâce à la prospérité économique.
- Entre 1930 et 1956 : baisse due à la crise de 1929 et à la Guerre Civile.
- Entre 1956 et 1965 : reprise de la natalité (baby-boom).
- De 1965 à 1975 : réduction de la taille des familles due au mode de vie urbain et industriel.
La mortalité a diminué régulièrement grâce à l'augmentation du niveau de vie et aux progrès médicaux (vaccins, antibiotiques). Les progrès de l'assainissement et de la médecine privée ont réduit la mortalité infantile. L'espérance de vie a augmenté grâce aux progrès en pédiatrie et au conseil infantile.
1.3 Régime démographique actuel (depuis 1975)
- A) Natalité : en baisse. Entre 1975 et 1998, diminution due à la situation économique, au retard de l'âge du mariage, à la contraception légalisée et à l'entrée des femmes sur le marché du travail. Depuis 1998, légère reprise grâce à l'immigration.
- B) Mortalité : reste faible, mais augmentation des maladies cardiovasculaires, cancers et maladies liées au vieillissement. L'espérance de vie est plus élevée pour les femmes. Les gains les plus importants ont eu lieu chez les personnes âgées.
- C) Accroissement naturel : a diminué jusqu'en 1998, puis a légèrement augmenté.
2. Déséquilibres régionaux du mouvement naturel
Aujourd'hui, toutes les communautés ont une faible natalité et mortalité. Pourtant, il existe des contrastes dus à la structure d'âge et aux migrations.
- A) Régions dynamiques : (Andalousie, Murcie, Madrid, Catalogne, Baléares) avec une population jeune, une natalité plus élevée et une forte croissance.
- B) Régions en déclin : (Galice, intérieur de la péninsule) avec une structure vieillissante, une faible natalité et une croissance négative.
Les migrations
Mouvements de population dans l'espace : émigration (départ) et immigration (arrivée). Le solde migratoire (SM) = Immigration - Émigration.
1. Migration intérieure
1.1 Migrations intérieures traditionnelles
Elles ont eu lieu entre le dernier tiers du XIXe siècle et la crise de 1975. Caractéristiques : motivation principalement professionnelle, flux unidirectionnels vers les zones industrialisées, profil de jeunes peu qualifiés.
- A) Saisonnières et temporaires : liées aux travaux agricoles ou à la recherche d'emplois urbains temporaires.
- B) L'exode rural : migration permanente vers les villes pour de meilleures conditions de vie, de santé, de culture et de liberté.