Glossaire Philosophique (A-E)
Classé dans Philosophie et éthique
Écrit le en
français avec une taille de 37,89 KB
Absolu
Cela n'a besoin de rien ni de personne, même pour concevoir de ne pas exister. S'applique correctement à Dieu.
Abstraction
Réunion mentale de ce qui est commun à de nombreux êtres individuels pour former un concept universel.
Académie
École philosophique de Platon.
Accident
Ce qui peut être modifié ou supprimé dans une substance sans changer sa nature.
Acte (ou Actualité)
Selon Aristote, ce qui est maintenant le résultat de ce qui était précédemment en puissance.
Admiration
L'admiration est considérée à la fois par Platon (Théétète, 155d) et Aristote (Métaphysique, I) comme l'origine de la philosophie. Selon ces auteurs, la philosophie est née de l'admiration, de l'étonnement, de la surprise, de l'émerveillement ou de la stupéfaction (significations associées au grec thauma, étonnant).
Cette admiration n'est pas une orientation vers des connaissances pratiques (visant à atteindre des objectifs spécifiques pour améliorer un aspect de notre existence), mais une confusion. Celui qui est admiré, qui éprouve le sentiment de surprise ou qui s'interroge sur un problème, ressent une certaine désorientation. Il est dans une situation similaire à celle vécue par un paradoxe (par opposition à la doxa ou opinion) : il admire des choses ou des problèmes qui ne répondent pas immédiatement à un ordre connu. La poursuite de cet ordre est la réponse à cette admiration.
Ainsi, Aristote dit aussi que les créateurs de mythes étaient, dans un sens, des philosophes, puisque les mythes sont composés d'éléments merveilleux générateurs d'admiration. Cependant, dans d'autres textes, il oppose le mythe à la raison ou au logos.
Acquis
Chez l'homme, tout ce qu'il tient de la médiation sociale et de la culture. S'oppose au droit d'aînesse (l'inné).
Affectivité
Ensemble de phénomènes comprenant : les émotions, les sentiments et les passions.
Aphorisme
Règle ou sentence brève proposée comme principe d'une science ou d'un art. De nombreux philosophes ont cultivé ce genre, notamment les présocratiques, Épicure, Marc-Aurèle, Montaigne, Pascal et Nietzsche.
Agnosticisme
Position philosophique qui nie à l'homme la capacité de démontrer l'existence de Dieu et de connaître la signification de la vie et la raison ultime de l'univers, en réduisant toute connaissance à la portée du phénomène et du rapport.
Joie
Sentiment agréable et vif, entre le plaisir et le bonheur, qui affecte toute la personne.
Aliénation
Du latin alienus : l'étranger, l'étrange. Situation dans laquelle l'individu est ou se sent étranger ou inauthentique. Terme popularisé par le marxisme pour décrire le processus par lequel l'individu ou la société transforme sa conscience pour la rendre incompatible avec ce qui devrait être attendu de son état.
Âme (Alma)
Principe vital immatériel, ce par quoi un être vivant se meut et sent. Chez l'homme, selon Aristote et la philosophie médiévale, elle est conçue comme une substance co-principe, spirituelle et immortelle, capable de comprendre, d'aimer et de sentir, qui informe le corps et constitue la nature humaine. Actuellement, elle est souvent comprise comme la conscience psychique et le sentiment.
Amitié
Affection désintéressée et mutuelle qui nourrit et renforce les échanges. C'est l'un des sentiments les plus nobles et nécessaires de l'homme.
Amour
Sentiment qui pousse à vouloir le bien de l'être aimé (une autre personne, un groupe de personnes ou une chose) et à s'identifier à sa possession. C'est une réalité humaine fondamentale, étroitement liée à la connaissance. En tant que penchant pour un bien qui ne lui appartient pas, l'amour crée le désir ; et par l'adhésion de l'esprit, l'amour se transforme en joie.
Analyse
Méthode intellectuelle qui sépare et distingue les parties d'un ensemble pour connaître leurs principes ou éléments. S'oppose à la synthèse.
Analogie
Similitude. Souvent utilisée dans le raisonnement par analogie.
Anamnèse
Souvenir, réminiscence. Concept important dans la philosophie de Platon.
Anarchie, Anarchisme
Du grec an arkhos : manque ou absence de chef. Pour comprendre son sens, il faut garder à l'esprit que la société humaine exige que des individus soient responsables de l'ordre de sa complexité et en assurent le respect. L'anarchisme est la doctrine et l'idéologie politique qui prône l'utopie de l'abolition de toutes les formes de gouvernement et de l'État, et l'exaltation de la liberté de l'individu.
Animal
Être organique qui vit, sent et se meut de son propre gré.
Antithèse
Vue opposée. Concept important dans la philosophie hégélienne et marxiste.
Anthropologie
Du grec anthropos et logos. Science de l'homme. Étude de l'homme menée par la psychologie, la sociologie, l'histoire, la linguistique, l'ethnologie et la philosophie. L'anthropologie philosophique considère les aspects métaphysiques de la constitution et du comportement humain.
Anthropomorphisme
Attribution de qualités et de traits humains à ce qui n'est pas humain.
Apparence
Aspect visible de la réalité. Depuis Socrate, la philosophie cherche la vérité qui se cache derrière les apparences.
Apathie
Impassibilité psychologique. Pour les stoïciens et les épicuriens, c'est l'objectif que doit atteindre l'homme : être indifférent à l'agitation de la passion et au choc de la douleur.
Apeiron
Mot grec désignant l'indéterminé.
Appétit
Tendance, désir, inclination naturelle. Impulsion instinctive qui mène à la satisfaction des besoins ou des désirs. Depuis Platon, on distingue chez l'homme deux types d'appétits : le sensible et l'intellectuel.
Aponie
Mot grec signifiant « absence de douleur ». L'un des buts de la philosophie d'Épicure.
Aporie
Mot grec. Signifie impasse de la pensée, raisonnement sans solution possible. Les paradoxes de Zénon sont célèbres.
A Posteriori
Raisonnement qui part de l'effet pour arriver à la cause. La connaissance s'acquiert par l'expérience. Il est opposé à l'a priori.
A Priori
Raisonnement qui examine les causes et les effets avant de les constater. Telles sont les preuves directes des mathématiques. La connaissance a priori est indépendante de l'expérience. Elle s'oppose à l'a posteriori. Pour Kant, la connaissance humaine a une composante a priori importante, ce qui lui confère une validité universelle.
Arbitre (Libre Arbitre)
Possibilité de choisir, expression de la liberté humaine.
Argument
Étapes de l'opération rationnelle qui cherchent à démontrer une thèse.
Beauté
Propriété des choses qui les rend attrayantes pour nos sens. Depuis les temps anciens, elle a été définie comme la splendeur de la forme. On la saisit avec les sens, l'intellect et les sentiments. Elle est largement comparable à la vérité et à la bonté.
Bien
Dans le sens objectif, ce qui rend un être parfait, ce qui lui est propre par nature. Dans le sens subjectif, ce qui produit la satisfaction et ce que nous trouvons utile. Dans le premier sens, il indique la plénitude et est comparable à la vérité et à la beauté.
Bien Commun
Dès lors qu'il est appelé à vivre en société, il existe un bien commun pour l'homme. C'est l'ensemble des conditions (paix, bien-être, valeurs, etc.) qui permettent une société digne de l'homme.
Chaos
État amorphe et indéfini avant la création du cosmos.
Aristocratie
Du grec aristos (meilleur) et kratos (pouvoir) : le gouvernement par les meilleurs, compris comme des privilégiés selon différents critères (intelligence, lignée, mérite militaire ou économique). En Grèce, elle était considérée, avec la monarchie et la démocratie, comme l'une des trois formes pures de gouvernement. Désigne aussi les couches sociales les plus favorisées.
Ascétisme, Ascèse
Mode de vie qui implique des efforts pour réduire et maîtriser les plaisirs des sens afin de parvenir à une plus grande maîtrise de soi ou à la perfection morale.
Ataraxie
État de l'âme qui a atteint la paix de l'esprit. But de la philosophie stoïcienne.
Autarcie
Maîtrise de soi, indépendance, absence de liens. Idéal de Socrate, des stoïciens et des épicuriens.
Autonomie
Du grec autos (soi-même) et nomos (loi) : indépendance, fait d'être sa propre loi.
Autonomie Morale
Le sens général de l'autonomie est conforme à l'éthique pour signifier le respect de sa propre conscience, comme l'ont montré notamment Kant et Max Scheler.
Autorité
Pouvoir politique et administratif, pouvoir des magistrats et des juges, principe qui est énoncé dans un moteur. L'autorité est nécessaire pour l'ordre du groupe humain. En tant que tel, elle est un élément de base stable qui crée, entretient et développe l'ordre social. Dans le sens le plus large, c'est le crédit attribué à des personnes exceptionnelles.
Hasard
Ce qui est produit par accident, pour des raisons que nous ne pouvons pas connaître. « Une étiquette pour notre ignorance », disait Aristote.
Capitalisme
Système économique fortement orienté vers le profit. Dans le capitalisme, le capital l'emporte sur l'homme, qui est considéré comme une simple force de travail. Il est caractéristique de l'époque moderne, où la production personnalisée, typique de l'artisanat, est remplacée par la production de masse, puis par la recherche de marchés de consommation et la capacité de créer artificiellement le besoin même de consommation. Il est habituellement accompagné d'une philosophie connexe : le libéralisme.
Caractère
En psychologie, se réfère à l'ensemble des qualités stables qui définissent la manière d'être et le comportement d'une personne. Avec le tempérament, il constitue ce que nous appelons la personnalité. Le caractère, contrairement au tempérament, n'est pas inné mais acquis ; il est plus libre, moins dépendant des facteurs somatiques. Nous sommes donc responsables de notre caractère, plus que de notre tempérament. Il est lié non pas à des facteurs génétiques, mais à l'éducation et à la culture.
Catégories
Chez Aristote, les différentes manières d'être, résumées en deux : la substance et les accidents. Chez Kant, les moyens de connaître (formes a priori de l'entendement).
Catégorique
Jugement et raisonnement qui affirment ou nient sans restriction ni condition.
Cause
Origine ou fondement de quelque chose, tout ce qui produit un effet. On distingue différentes causes : matérielle, formelle, efficiente, finale, instrumentale, première et secondaire.
Causalité
Relation de cause à effet universelle. Le principe de causalité stipule que chaque effet a une cause, et que dans des conditions identiques, les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Caverne (Mythe ou Allégorie)
Platon a écrit cette fiction pour comparer l'homme à un prisonnier enchaîné dans une grotte, où il ne peut voir que des ombres (et non le soleil ou la réalité). L'être humain est ainsi prisonnier des apparences sensibles et de son propre corps.
Certitude
Adhésion ferme de l'esprit à une vérité qu'il trouve évidente et incontestable. Ce n'est pas la même chose que la vérité (qui est la bonne compréhension de la chose), car la certitude est la conviction absolue de détenir la vérité.
Science
Définition générale
Ensemble systématique de connaissances démontrées. Elle cherche à être un reflet de la réalité, comme un plan reflète un bâtiment. La connaissance scientifique provient de l'expérience et repose sur une forte conceptualisation. Il existe des sciences naturelles et des sciences humaines.
Nature de l'activité scientifique
Du latin scientia, de scire (savoir). La science est l'activité culturelle humaine qui vise à la création et au fondement d'un ensemble de connaissances. Bien que cette activité puisse être confondue avec d'autres ayant un objectif similaire (comme la philosophie, l'art ou la religion), le travail scientifique se distingue par des caractéristiques spécifiques :
- C'est une connaissance rationnelle, qui se réfère au monde matériel ou à la nature.
- Elle vise à expliquer et à prédire des régularités.
- Elle est obtenue par une méthode expérimentale (observation, expérimentation et conséquences des faits observés).
- Elle est systématique, organisée par des hypothèses, des lois et des théories.
- C'est une connaissance objective et publique, cherchant à être reconnue par tous comme vraie ou acceptée par consensus universel.
Ainsi compris, le concept de science s'applique aux sciences empiriques (comme la physique ou la zoologie), mais aussi aux sciences formelles (comme les mathématiques et la logique). Ces dernières sont des sciences au sens plein du terme car, même si elles ne se réfèrent pas aux faits de la nature, elles constituent un savoir universel, systématique et méthodique, fournissant les outils de calcul et d'inférence nécessaires à la méthode et à la systématisation de la science empirique. De plus, elles maintiennent une relation avec la nature en tant que modèles ou façons de penser.
Histoire de la science
Historiquement, ce type de connaissance trouve ses origines en Grèce, au VIe siècle av. J.-C., dans les colonies ioniennes d'Asie Mineure, d'abord sous forme de connaissances mathématiques et astronomiques, puis sous forme de nouvelles cosmologies. La deuxième et dernière émergence de la science a eu lieu au XVIIe siècle, grâce au renouvellement du modèle astronomique du monde par Nicolas Copernic, puis à l'application des méthodes mathématiques aux phénomènes physiques par Galilée. Ces travaux ont conduit à la « science nouvelle », puis à la « science moderne », qui, avec la synthèse ultérieure de la mécanique classique de Newton, est devenue le modèle de connaissance scientifique pour toute civilisation ultérieure.
Quatre périodes caractérisent l'émergence et la constitution historique de la science :
- Le passage de la cosmogonie primitive (babylonienne, égyptienne, hébraïque et grecque) à la nouvelle cosmologie, initié par la pensée rationnelle des Ioniens (émergence de la philosophie au VIe siècle av. J.-C.).
- L'apparition de la tradition géocentrique et géostatique à travers l'œuvre de Platon et d'Aristote (astronomie et physique aristotéliciennes).
- La crise et la critique des idées d'Aristote (la Révolution Scientifique à l'époque moderne) avec la mise en place du paradigme de la mécanique newtonienne.
- Les modifications apportées à ce paradigme (et par conséquent au modèle classique de la science) par la théorie de la relativité restreinte d'Einstein, la cosmologie et la nouvelle physique quantique.
Valeur de la vérité scientifique
La philosophie des sciences met en évidence l'aspect provisoire des connaissances scientifiques et insiste sur le fait que la science est avant tout une activité rationnelle consistant à proposer des théories provisoires (des conjectures audacieuses) pour résoudre les problèmes découlant de notre adaptation à l'environnement. Ces théories sont soumises à l'épreuve de l'expérience, confrontées aux faits, afin de découvrir leur possible fausseté. Par conséquent, ce qui caractérise le développement de la science n'est pas seulement l'accumulation de connaissances, mais « l'enquête de vérité persistante et témérairement critique ».
Scientisme
Position qui affirme que seule la science empirique peut comprendre et expliquer la réalité de façon rationnelle. En conséquence, cette approche devrait être étendue aux domaines de la philosophie et de la morale.
Cyniques
Partisans grecs d'Antisthène (444-365 av. J.-C.). Ils se caractérisent par un rejet de toute norme sociale ou morale. Ils proposent une « vie naturelle », à la manière des chiens.
Cyrénaïques
Les adeptes d'Aristippe de Cyrène (né en 435 av. J.-C.), représentant un hédonisme absolu.
Cogito
Mot latin signifiant « je pense ». Désigne le célèbre Cogito, ergo sum : « Je pense, donc je suis » de Descartes.
Cognitif
En psychologie, relatif au développement des connaissances.
Compréhension (Logique)
En logique, la compréhension d'un concept est l'ensemble des caractères qu'il contient.
Communisme
Doctrine formulée par Marx et Engels, développée et construite par Lénine et ses partisans, qui interprète l'histoire comme une lutte des classes régie par le matérialisme historique et dialectique. Avant la chute du communisme européen, les communistes étaient convaincus de parvenir, après une dictature du prolétariat, à une société sans classes, sans propriété privée et sans État.
Concept
Du latin concipere (concevoir), il désigne la représentation intellectuelle de quelque chose ou d'un aspect de celui-ci. C'est l'idée générale et abstraite qui permet de comprendre et de communiquer la réalité. Chaque concept est caractérisé par sa compréhension (nombre de caractères couverts) et son extension (nombre d'individus auxquels il peut s'appliquer).
Conscience (Morale)
La raison humaine juge la moralité des actes, le bien et le mal. Elle est le sujet de l'existence d'une norme éthique objective : la loi naturelle. On distingue la conscience vraie ou douteuse, vraie ou fausse ; l'erreur peut être vincible ou invincible.
Conscience Psychologique
Capacité de l'homme de connaître la réalité et de se connaître soi-même (le self). La conscience ne peut être écrite.
Condition
Ce qui est nécessaire pour qu'un phénomène ou un acte d'une cause puisse se produire.
Connaissance
Du latin cognoscere. Opération par laquelle un être est présent à un autre dans un patrimoine. Acte par lequel un sujet appréhende ou saisit un objet. Les êtres qui savent s'approprient la chose connue et la possèdent intentionnellement : la forme qui existe dans le connaissant reproduit intentionnellement la forme qui se produit naturellement dans la réalité.
Conséquentialisme
Position éthique de type utilitariste. Elle soutient que la moralité d'une action dépend uniquement de ses conséquences effectives ou probables. Elle semble offrir des critères moraux clairs et vérifiables, mais ce n'est pas le cas : ses propres défenseurs n'arrivent pas à définir ce qui est utile. Et s'ils s'engagent à rechercher « le plus grand bonheur pour le plus grand nombre », ce principe est-il acceptable si la société n'a pas accepté les règles élémentaires de conduite décente ? « Qu'impliquerait la mise en œuvre du principe du bonheur maximum dans une société qui a appelé à l'assassinat de masse des Juifs ? » (MacIntyre).
Consensus
Accord mutuel entre des personnes d'opinions différentes. Face à des problèmes éthiques touchant plusieurs personnes ayant des approches différentes, le consensus doit être recherché, tout en sachant qu'il n'y a pas d'accord mutuel qui crée l'éthique.
Constitution
Loi fondamentale d'une organisation étatique. Son nom fait explicitement référence à ce qui constitue un État.
Contingent, Contingence
Du latin contingere : arriver, se produire. La philosophie considère comme contingent ce qui peut être ou ne pas être, arriver ou ne pas se produire ; ce qui n'est ni nécessaire, ni impossible. La contingence constitue un argument classique : si l'univers est contingent, il est nécessaire d'assumer une cause nécessaire pour expliquer son existence, cet être nécessaire que nous appelons Dieu.
Cosmologie
Étude du cosmos. La cosmologie philosophique propose une interprétation métaphysique du monde physique.
Cosmos
Mot d'origine grecque. Signifie univers ordonné. Il s'oppose au chaos.
Création
Au sens philosophique, la production de quelque chose sans matière préexistante. Ce type d'action va au-delà de la puissance de la nature, d'où il est attribué à Dieu seul. Beaucoup de philosophes pensent que l'univers, étant contingent, a été créé.
Créationnisme
En philosophie et en théologie, position qui attribue à Dieu la création du monde et de chaque âme humaine au moment de la conception. Ne pas confondre avec la position radicale qui, sous le même nom, nie l'évolution biologique et affirme que chaque espèce a été causée par un acte particulier de la création divine.
Croyance
Tenir pour vrai quelque chose qui n'a pas été vu ou prouvé. Elle peut se référer à des événements naturels ou religieux. C'est un mode de savoir imparfait, mais nécessaire étant donné les limites de la connaissance humaine : si nous ne savions que ce que nous avons vu ou prouvé, notre connaissance du réel nous laisserait pauvres et sans défense dans la vie.
Critique
Du grec krinein, qui signifie discerner, séparer, juger, décider. La critique philosophique est basée sur la recherche de ce qui soutient les propositions, activité qui nous permet de distinguer la vérité de l'erreur.
Qualité
Du latin qualitas. En philosophie, la qualité est le mode d'être qui est affirmé ou nié d'un sujet, et sa signification est souvent limitée à certains aspects sensibles de la perception. Il est traditionnel, depuis Locke, de distinguer entre :
- Qualités primaires : extension, figure, mouvement, résistance.
- Qualités secondaires : couleur, son, goût, etc.
Corps
Du latin corpus, peut-être lié au grec sarx (la chair). Tout objet qui peut être perçu par les sens. Depuis Aristote, les corps sont l'objet propre de la physique. Le corps a une extension, occupe l'espace et est matériel. Le corps s'oppose au spirituel.
Corps Humain
Le corps humain n'est pas une simple extension mécanique, mais un dépôt de puissance active qui explique la vie biologique et les facultés psychologiques. La philosophie classique voit le corps humain comme un corrélatif de l'âme. Chez Platon, ils se complètent accidentellement (le corps est le tombeau de l'âme) ; dans la tradition aristotélicienne et chrétienne, le corps et l'âme sont des co-principes substantiels qui ont besoin l'un de l'autre, comme la matière et la forme.
Culture
Du latin colere : cultiver. Au sens propre, la culture est l'art de cultiver l'esprit, de même que l'agriculture est le travail agricole.
Devoir
Du verbe latin debere. Il est défini comme l'obligation de faire ou de ne pas faire selon une norme. Son homologue est le droit. On distingue les devoirs individuels et sociaux, positifs (faire quelque chose) et négatifs, physiques et moraux, envers soi, envers les autres et envers Dieu. Le fondement du devoir est la condition naturelle de la nature humaine et, en fin de compte, l'auteur de cette nature.
Déduction
Procédé intellectuel par lequel on passe logiquement de l'universel au particulier. Elle descend des principes aux faits, de l'abstrait au concret, du général au particulier. Elle est le contraire de l'induction, et suppose la phase inductive de la conquête des concepts généraux.
Définition
Bref exposé énonçant clairement la compréhension d'un concept. Élément fondamental de la méthodologie scientifique et philosophique.
Déisme
Doctrine qui reconnaît Dieu comme l'Être suprême, compris de manière panthéiste comme la loi ou l'intelligence cosmique, sans admettre la révélation, la providence et le culte extérieur. Il diffère du théisme.
Démagogie
Pratique politique qui repose sur de fausses promesses et qui profite des instincts primaires de la population pour atteindre ses objectifs sans scrupule ni respect pour la justice. Dans la Grèce classique, le démagogue était celui qui régnait en marge de la justice et de l'éthique, cherchant à établir son propre pouvoir.
Démocratie
Du grec kratos (pouvoir) et demos (district ou territoire, qui désignait à Athènes certains de ses citoyens). La démocratie est le gouvernement dans lequel le peuple exerce la souveraineté par le vote, et où sont respectées les libertés, la loi, l'égalité juridique et des chances, l'autorité politique, la division des pouvoirs, l'alternance du pouvoir et l'autorité de supervision publique.
Démontrer
Afficher ou déclarer quelque chose avec des preuves rationnelles. La science et la philosophie sont basées sur des démonstrations.
Déontologie
Ensemble des devoirs éthiques propres à chaque profession.
Droit
Le droit est la manière dont les hommes régissent les relations professionnelles essentielles pour préserver l'ordre social. C'est un ensemble de règles ou de lois générées par la vie sociale elle-même pour organiser les activités de l'homme et assurer la liberté de ses membres. Il peut être naturel (ou humain) ou positif.
Droits de l'Homme
Ce sont ceux qui appartiennent à tout être humain du fait de son existence : le droit à la vie, à la liberté, à l'éducation, à l'intégrité corporelle, à l'égalité juridique, à l'honneur, etc. Leur respect est une condition sine qua non de la dignité humaine et une condition nécessaire à la paix.
Despotisme
Autorité absolue exercée par une seule personne, non limitée par la loi. Il est caractéristique de tout despotisme, en particulier du despotisme éclairé (XVIIIe siècle), qui prétend ne poursuivre que le bien commun. Il ne faut pas confondre despotisme et tyrannie, car le despotisme est d'origine légitime. Tocqueville a évoqué le danger de la démocratie se transformant en une tyrannie de la majorité.
Destin
Force inconnue à laquelle on attribue une influence puissante et arbitraire sur le monde et les hommes. Aussi appelé sort ou fatalité.
Déterminisme
Le déterminisme nie l'existence de la liberté, en faisant valoir que les actions humaines sont régies, comme tout le reste, par des lois physiques, biologiques ou sociales prédéterminées. C'est un préjugé qui cherche à appliquer à l'homme des schémas qui ne s'appliquent qu'au monde physique. De plus, la négation de la liberté humaine est contraire à l'expérience universelle et supprime le fondement de la responsabilité et de l'éthique.
Devenir
Concept philosophique introduit par Héraclite, pour qui l'essence de la réalité est son changement constant, son évolution permanente : « tout coule » (panta rhei).
Dialectique
Approche philosophique visant à découvrir et à clarifier la vérité en considérant des idées contrastées ou complémentaires. Des philosophes comme Héraclite, Zénon, Platon, Kant, Hegel et Marx ont utilisé cette méthode. Chez Hegel et Marx, la dialectique s'articule sur un triple mouvement : thèse / antithèse / synthèse.
Dialogue
Du grec dialogos : conversation entre plusieurs personnes. C'est une forme de pensée philosophique, rendue célèbre par Socrate, et c'est aussi, depuis Platon, la version littéraire de cette conversation. Il implique la délimitation des concepts, la discussion, la confrontation. Il cherche la vérité par le contraste des points de vue opposés.
Dieu
En philosophie, Dieu est la cause de tout ce qui existe, et il est conçu comme un être tout-puissant, éternel et prévoyant. L'idée de Dieu présente une caractéristique surprenante : elle est présente dans l'esprit de tous les hommes, même chez ceux qui nient son existence réelle. Dieu n'est pas accessible à la connaissance directe, mais la raison peut fournir des preuves de son existence, notamment les « cinq voies » rendues célèbres par Saint Thomas d'Aquin, issues de la philosophie grecque.
Division
Opération mathématique et logique qui consiste à décomposer un tout en ses parties. C'est l'un des fondements de la méthode scientifique.
Dualisme
Toute explication basée sur deux principes différents :
- L'âme et le corps (chez l'homme) ;
- La pensée et l'étendue (chez Descartes) ;
- Le Bien et le Mal (le manichéisme), etc.
Doute
Hésitation de l'esprit entre deux jugements contradictoires. Vient de l'adjectif latin dubius, dérivé du chiffre duo (deux), et c'est précisément l'oscillation ou le mouvement de l'esprit entre deux termes opposés. Il diffère de l'ignorance, de l'opinion et de la certitude.
Éclectisme
Attitude philosophique qui cherche à concilier le meilleur des autres théories. C'est une position intermédiaire, loin des extrêmes.
Écologie
Étude des relations entre les êtres vivants et leur environnement. L'écologie humaine étudie les problèmes causés par les activités humaines sur l'environnement naturel.
Économie
Du grec oikonomia (bonne administration des biens conçus pour répondre aux besoins humains). Ce terme désigne :
- La science politique qui s'occupe de la production, de la distribution et de la consommation des biens.
- Les compétences internes nécessaires pour bien gérer un ménage.
Effet
Résultat d'une cause. Du latin effectus, ce qui a été fait ou accompli. Un fait réel peut être considéré comme un effet.
Égoïsme
Caractère moral qui tend à rechercher uniquement ses propres intérêts.
Élément
Ce qui, par rapport à un composé, est simple et ne peut être décomposé. Entité ultime d'une réalité. Les premiers philosophes grecs pensaient que le monde matériel était composé de quatre éléments : la terre, l'eau, l'air et le feu.
Émotion
L'affect, l'humeur, le mouvement interne qui se traduit à l'extérieur. Peut être produit par des sentiments, des idées ou des souvenirs.
Empirique
Ce qui résulte de l'expérience.
Empirisme
Vient du grec empeiria : l'expérience. L'empirisme philosophique prend l'expérience sensorielle comme la seule source de connaissance. Francis Bacon est considéré comme son fondateur, car il préconise la méthode expérimentale. David Hume le pousse à sa conclusion logique : la négation de la causalité, de la substance, du moi psychologique, et de toute métaphysique.
Encyclopédie
Du grec enkyklios paideia (éducation complète, ensemble de toutes les sciences). Les Lumières françaises ont publié au XVIIIe siècle l'Encyclopédie : Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.
Être (Ente)
Du latin ens (l'étant). Ce qui est.
Entendement
Intelligence. Faculté intellectuelle par laquelle nous comprenons la réalité, en capturant et en séparant l'essentiel de l'accidentel. Elle diffère de la sensation, qui s'attache à l'aspect extrinsèque et accidentel. Elle passe du particulier à l'universel par le biais de l'abstraction.
Épicurisme
Doctrine d'Épicure (341-271 av. J.-C.) et de Lucrèce (98-55 av. J.-C.). Conception matérialiste du monde reposant sur l'atomisme de Démocrite. Elle préconise un hédonisme nuancé, compatible avec une certaine ascèse.
Épiphénomène
Pour les doctrines matérialistes, les facultés psychiques de l'homme (savoir, liberté, amour, etc.) ne sont que des phénomènes biochimiques très complexes : des épiphénomènes.
Épistémologie
Du grec epistémè (connaissance). Étude philosophique de la validité, de la justification et des méthodes de la connaissance.
Équité
Alors que la justice applique la loi à la lettre, l'équité respecte l'esprit de la loi et prend en considération chaque cas particulier. C'est l'administration la meilleure et la plus humaine de la justice.
Scepticisme
Du grec skeptesthai : observer, examiner. Théorie initiée par Pyrrhon (Ve siècle av. J.-C.). Elle affirme que la vérité n'existe pas ou que, si elle existe, l'homme est incapable de l'atteindre.
Scolastique
Du latin schola (école). Au Moyen Âge, désignait le centre dédié à l'enseignement des sept arts libéraux (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie et musique). Par extension, ce nom a été donné à la méthode adoptée par l'enseignement de la philosophie médiévale : présentation, questions, discussion et conclusions.
Essence
Du verbe latin esse : être. C'est la nature d'une chose. Ce qu'une chose est. Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est. Elle répond à la question « qu'est-ce que c'est ? » et s'oppose en ce sens à l'accidentel. C'est une notion centrale de la philosophie.
Espace
Immédiatement perçu comme le site ou le lieu qu'un objet peut occuper, mais il est extrêmement difficile de définir son concept. Newton l'a conçu comme un réceptacle vide immense, ayant une existence indépendante des corps qu'il contient. Aristote et Einstein l'ont conçu comme strictement relatif aux corps. Pour Kant, c'est une forme subjective de la connaissance humaine.
Espèce
En logique, un sous-ensemble du genre. En biologie, l'ensemble des êtres vivants ayant des caractéristiques essentielles et pouvant se reproduire entre eux.
Esprit
Du latin spiritus (souffle ou souffle vital). Du grec pneuma et nous. La production d'idées et la prise de décision sont des caractéristiques essentielles des êtres humains, elles sont parmi les plus puissantes au monde, et ne sont pas des actes physiques (elles n'ont ni masse ni extension, on ne peut ni les mesurer ni les peser, elles n'ont pas de couleur ni n'occupent d'espace). À cet effet, on reconnaît une cause qui est au-delà de la perception des sens et qui est l'essence de l'homme : l'esprit, ou l'énergie immatérielle capable de comprendre et d'aimer.
État
En philosophie politique, l'organisation et la structure de gouvernance d'un pays, la communauté politique organisée. Ses éléments comprennent : les gouvernants et les gouvernés, le territoire, les lois et les institutions.
Stoïcisme
École de philosophie fondée par Zénon de Kition (Chypre, 333-262 av. J.-C.), qui donnait ses leçons sous un portique (stoa en grec). Le stoïcisme recommandait l'indifférence au sort et aux passions (l'apathie et la nonchalance). Sénèque, Épictète et Marc-Aurèle furent les principaux penseurs stoïciens.
Éternité
La définition classique la décrit comme la possession parfaite et simultanée d'une vie sans fin. Ainsi conçue, elle est un attribut de Dieu.
Esthétique
Du grec aisthetikos (relatif à la sensation). Partie de la philosophie qui étudie le beau, ou la beauté en général, et, d'une manière particulière, les conditions dans lesquelles le beau est reçu et créé, ainsi que les critères selon lesquels il doit être évalué. Actuellement, c'est la philosophie critique de l'art élaborée à partir de différentes perspectives.
Éthique
Partie de la philosophie qui étudie le comportement moral de l'homme : l'usage correct de la liberté, orienté vers ses vertus. Du grec ethos, qui signifie action personnalisée (ou coutume, caractère).
Eudémonisme
Position philosophique qui place le bonheur de l'homme comme fin suprême (du grec eudaimonia).
Évidence
Du latin evidentia : ce que l'on voit. C'est la clarté avec laquelle quelque chose s'exprime à l'intelligence, entraînant l'adhésion à la vérité. On distingue les évidences matérielles, morales et métaphysiques. Tous les critères pour distinguer le vrai du faux peuvent être réduits, en définitive, au critère de l'évidence : il n'y a de certitude que là où il y a effectivement une preuve objective.
Évolution
Hypothèse proposant un processus de changement incrémental chez les êtres vivants, par lequel est produite, depuis les origines de la vie, l'immense variété des espèces qui ont existé et existent. Bien qu'il y ait eu une certaine pensée évolutionniste chez Augustin et les philosophes grecs, l'éventail des hypothèses scientifiques n'est apparu qu'avec Lamarck et Darwin, au XIXe siècle.
Existentialisme
Nom désignant certains philosophes qui revendiquent l'importance de l'existence humaine concrète contre l'abstraction des idéalistes. Parmi les existentialistes majeurs figurent Kierkegaard, Heidegger, Jaspers, Sartre et Marcel.
Expérience
Du latin experientia : obtenir la preuve. Elle est souvent identifiée à la connaissance sensible qui nous révèle des faits singuliers et patents. Mais il existe aussi une expérience intellectuelle qui nous révèle que nous comprenons, aimons et existons.
Extension
En logique, l'ensemble des êtres auxquels un concept peut être attribué. S'oppose à la compréhension.