Gouvernement et Société dans les Villes Médiévales

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Le Gouvernement des Villes Médiévales

L'Autonomie Politique Urbaine

L'autonomie politique des villes varie considérablement. Il existe un large éventail de situations intermédiaires, allant de la dépendance des villes anglaises à l'autonomie des villes-États italiennes. Les franchises urbaines affectent le statut des individus. Les citoyens peuvent jouir de libertés économiques. Le rachat ou l'achat de droits sur les terrains urbains permet aux résidents de profiter pleinement ou partiellement de l'autonomie gouvernementale. En raison de ces différences dans l'autonomie politique, il existe diverses institutions urbaines. On peut toutefois distinguer certains traits communs. Le gouvernement de la ville se compose généralement de trois niveaux :

  • L'assemblée générale de tous les résidents ou des chefs de famille, théoriquement souveraine.
  • Le conseil, qui délibère sur toutes les questions relatives à la gestion urbaine.
  • Le pouvoir exécutif.

La procédure de nomination des membres de ces organes combine souvent l'élection, la cooptation et le tirage au sort.

L'Unité Urbaine

En acquérant une autonomie politique, la ville retrouve son unité. Unité juridique, la ville devient une communauté juridique. Le sceau, les armoiries, la salle du conseil, la cloche : ce sont les manifestations les plus visibles de l'unité et de la liberté des villes. Cette unité est également topographique : la construction des murs permet aux autorités municipales d'unifier les noyaux de peuplement dans un même espace urbain.

La Société Urbaine Médiévale

Formation et Renouvellement du Patriciat Urbain

Dans chaque ville, une poignée d'hommes détient à la fois le pouvoir politique et la domination sociale. Ils sont connus sous le nom de magnati en Italie. Traditionnellement, les historiens pensaient que ceux qui monopolisaient les consulats et autres hautes magistratures urbaines aux XIe et XIIe siècles étaient des hommes nouveaux. Aujourd'hui, nous savons que ce patriciat dérive souvent d'un ministère primitif. L'importance de la noblesse urbaine a été sous-estimée. Les gentilshommes citadins dominent la vie urbaine au XIIe siècle. Ils sont généralement propriétaires de bastions dans la ville, qu'ils utilisent pour asseoir leur pouvoir. Il ne faut pas négliger non plus l'importance du clergé urbain : chanoines des chapitres cathédraux, clercs de la « famille » des évêques, moines des monastères établis près de la ville, curés urbains.

Les chartes de franchise témoignent de la formation d'une bourgeoisie urbaine. Les familles de la vieille noblesse urbaine du ministère et les nouvelles classes mercantiles tendent à fusionner. Ces alliances peuvent toutefois être rompues par les rivalités et les luttes de factions. Au XIIIe siècle, la bourgeoisie d'affaires renverse parfois le gouvernement des vieux patriciens urbains. À Florence, les magnati sont exclus du pouvoir en 1293, tandis qu'à Gand et à Bruges, les révoltes des « nouveaux riches » encouragent les artisans à s'opposer aux anciens lignages.

"Popolo Grasso" et "Popolo Minuto"

Certains historiens ont pu penser que la société médiévale urbaine était égalitaire. En réalité, la société urbaine est stratifiée, et l'argent est le principal critère de différenciation sociale. Le patriciat fonde son pouvoir sur le contrôle des finances publiques et la répartition des impôts. Avec le développement du travail salarié, l'endettement des artisans devient un facteur de domination. Les artisans et petits commerçants, le bas clergé et les travailleurs forment un « peuple » dont la définition sociale en milieu urbain est difficile pour l'historien. Dans les premiers registres fiscaux, qui apparaissent à la fin du XIIIe siècle, les citoyens sont classés en fonction de leur imposition. Parfois, les moins imposés sont qualifiés de minuti. La distinction entre grassi et minuti est difficile à établir. La spécialisation du travail entraîne une répartition des différents groupes sociaux dans l'espace urbain. Dans les grandes villes, la difficulté du logement aggrave les inégalités sociales. Un marché du logement locatif se développe. Mais il existe encore plus pauvres que les minuti : ceux qui ne peuvent pas payer d'impôts.

Assistance et Cadres de Sociabilité

La ville médiévale doit prendre en charge ses pauvres. Des hôpitaux urbains se développent. L'hôpital médiéval est une fondation pieuse destinée à accueillir les pauvres, les malades et les pèlerins. Cette charité a des implications économiques et sociales, car les hôpitaux tirent des revenus de biens fonciers. La société urbaine est structurée par divers cadres de sociabilité. Le premier est la famille, dont la taille et la structure dépendent du niveau social. Ce sont les clans aristocratiques qui contrôlent la vie publique dans certaines villes. La faible taille des familles d'artisans les rend vulnérables en cas d'épidémie. Cette structure familiale est renforcée par la parenté fictive. La tendance au regroupement s'exprime dans la paroisse, dont les limites coïncident avec celles du voisinage, qui constitue le deuxième cadre essentiel de la sociabilité urbaine. Le développement urbain a parfois favorisé l'apparition de lieux publics où les populations et les cultures se mélangent. Mais dans l'ensemble, l'espace de sociabilité reste le quartier : l'église paroissiale, le cimetière voisin, la fontaine ou le puits public, les bains. Le troisième cadre de la sociabilité urbaine est la structure de production artisanale.

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