La Guerre d'Algérie : Chronologie et Enjeux Majeurs (1954-1962)

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La Guerre d'Algérie : Trois Phases Clés

1. La radicalisation du nationalisme algérien en réponse à la politique française

L'Algérie, une société profondément inégalitaire

L’Algérie était une société profondément inégalitaire.

Les indépendantistes algériens se sont renforcés et ont vu dans l’échec de la domination française en Indochine un encouragement pour se lancer à leur tour dans une lutte armée contre la France. Mais leur position s’est radicalisée dès le 8 mai 1945 lorsque les autorités françaises ont eu recours à la violence et massacré des milliers de personnes à Sétif et Guelma.

La Toussaint Rouge et la naissance du FLN

En réponse, le 1er novembre 1954, la « Toussaint rouge », est marquée par une série d’attentats contre des intérêts français et des musulmans pro-Français. Cette date marque le début de la guerre d’Algérie. Le FLN (Front de libération nationale) va prendre peu à peu l’avantage sur les autres mouvements indépendantistes, en particulier le Mouvement national algérien (MNA) créé en 1954 par Messali Hadj.

La politique de fermeté française et l'envoi du contingent

À partir de 1956, après s’être contentée de donner des moyens à la police locale, la France se lance dans une politique de fermeté en Algérie : elle envoie le contingent.

Au plus fort de la guerre, 400 000 soldats français (y compris des réservistes) seront chargés du « maintien de l’ordre » dans la colonie. Cette politique de répression est soutenue par le million de pieds-noirs algériens.

L'escalade de la violence et l'impasse politique

Dans les deux camps, les cruautés se multiplient :

  • Massacres de civils musulmans pro-Français par le FLN.
  • Recours à la torture par des parachutistes de l’armée française, etc.

La rupture est totale et aucune solution politique n’aboutit face à l’intransigeance des partisans de l’Algérie française et à celle des indépendantistes (crise de mai 1958).

2. L'indépendance aux urnes et le terrible bilan humain

Le retour du Général de Gaulle en 1958

Sous la pression des pieds-noirs, de l'armée et de ses partisans, le général de Gaulle est rappelé au pouvoir en 1958, mais la situation est extrêmement délicate (il revient comme un « sauveur de la patrie »).

Le conflit et le déni médiatique

La guerre d'Algérie oppose ainsi des Algériens partisans du FLN, du MNA ou de l'Algérie française (harkis) à la fois en métropole et dans la colonie. Les journaux et les médias français ne donnent pas la véritable mesure de la situation, car ils parlent « d'événements » en Algérie et non d'une guerre, ce qui fait que l'opinion publique française n'a pas pris conscience de la gravité de la situation tout de suite.

Le processus d'émancipation et les accords d'Évian (1962)

De Gaulle constate rapidement l'impossibilité de mettre fin à la guerre. Malgré l'opposition des pieds-noirs et la création de l'OAS (Organisation de l'armée secrète : mouvement terroriste clandestin des partisans extrémistes de l'Algérie française), il entame des négociations avec le FLN.

Le putsch d’avril 1961 perpétré par les généraux Challe, Zeller, Jouhaud et Salan constitue un dernier effort, désespéré, pour arrêter ce processus d'émancipation, lequel, après la reddition du général Challe le 26 avril, aboutit à l'indépendance du pays lors des accords d'Évian signés en 1962.

3. Le FLN et l'armée algérienne s'emparent du pouvoir

Le triomphe politique du FLN et ses divisions internes

Politiquement, le FLN est le grand vainqueur de la guerre d'indépendance : en 1962, il a éliminé tous les mouvements rivaux et a triomphé de la puissance coloniale. Mais il est divisé en factions rivales. Il est finalement pris en main par Ben Bella, puis par le colonel Boumediene qui prendra le pouvoir avec l'appui de l'armée en 1965.

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