La Guerre froide (1947-1991) : Histoire et Enjeux

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Vocabulaire essentiel de la guerre froide

  • Guerre froide : période d'affrontements indirects (1947-1991) : idéologiques, économiques et diplomatiques entre deux camps appelés des « blocs », l'un occidental sous la direction des États-Unis et l'autre communiste sous la direction de l'URSS.
  • Démocraties populaires : terme utilisé par les communistes pour désigner le régime politique inspiré par le système soviétique.
  • Rideau de fer : expression désignant la frontière qui coupe l'Europe en deux, d'un côté les pays libres du bloc de l'Ouest et de l'autre les pays communistes du bloc de l'Est.
  • Bloc : ensemble des pays alliés idéologiquement, militairement et économiquement à une superpuissance.
  • Monde bipolaire : monde divisé en deux blocs rivaux.
  • Plan Marshall : plan d'aide économique proposé par les États-Unis aux pays touchés par la guerre afin qu'ils se reconstruisent en échange de l'instauration du capitalisme libéral (opposé au communisme) et de l'importation de produits américains (notamment des films).
  • OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) : alliance militaire autour des États-Unis signée en 1949, appelée bloc de l'Ouest.
  • Pacte de Varsovie : alliance militaire autour de l'URSS signée en 1955 par les démocraties populaires, appelée bloc de l'Est.
  • Blocus : opération militaire visant à isoler un territoire en coupant son ravitaillement et ses communications.

RDA et RFA : ce sont les deux pays issus de la partition de l'Allemagne en 1949. La République Fédérale d'Allemagne (RFA) est alliée des États-Unis, tandis que la République Démocratique Allemande (RDA) est alliée de l'URSS.

  • Propagande : ensemble des actions menées pour influencer l'opinion publique et l'amener à soutenir un gouvernement ou à avoir certaines idées.
  • Détente : période d'apaisement entre les États-Unis et l'URSS allant de 1962 à 1975.

I. Aux origines de la guerre froide

A. Deux puissances, deux idéologies

En février 1945, la conférence de Yalta décide du sort de l'Allemagne. L'ONU est créée en juin. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des tensions apparaissent entre les États-Unis et l'URSS, les deux grands vainqueurs. Chacun cherche à étendre sa zone d'influence. Leurs idéologies sont incompatibles : démocratie et capitalisme pour les États-Unis (réussite individuelle, American Way of Life), communisme totalitaire pour l'URSS (réussite collective et parti unique).

B. Le début de la guerre froide

Après-guerre, l'URSS de Staline impose des dictatures communistes dans les pays d'Europe de l'Est sous le nom de « démocraties populaires ».

En réaction, les États-Unis mènent des actions pour contenir l'avancée du communisme. En 1947, Harry Truman (président des États-Unis) critique la volonté d'expansion du communisme. Il souhaite l'empêcher de s'étendre grâce à l'aide économique du Plan Marshall qui consiste à proposer de l'argent aux pays européens pour qu'ils se reconstruisent suite aux destructions de la Seconde Guerre mondiale et éviter qu'ils ne basculent dans le communisme. On appelle cela la doctrine Truman.

L'URSS de Staline dénonce quant à elle une volonté des États-Unis de dominer économiquement le monde et annonce qu'elle cherchera à contrer leur impérialisme. On appelle cela la doctrine Jdanov. On parle alors d'un « rideau de fer » qui coupe l'Europe en deux : d'un côté les pays libres de l'Ouest et de l'autre les pays communistes de l'Est.

II. Deux blocs rivaux

A. La constitution d'un monde bipolaire

Deux blocs d'alliances opposées s'organisent : le bloc de l'Ouest derrière les États-Unis, dont les membres sont alliés militairement dans l'OTAN, et le bloc de l'Est derrière l'URSS, unis par le Pacte de Varsovie.

Le but de chaque camp est de consolider sa zone d'influence et de limiter l'extension du camp opposé. Pourtant, en 1949, le bloc de l'Est se renforce avec l'arrivée au pouvoir du communiste Mao Zedong en Chine. Berlin, divisée entre les quatre puissances vainqueurs de l'Allemagne nazie (France, Royaume-Uni, États-Unis, URSS), devient un symbole du monde bipolaire. Le blocus de Berlin par Staline (1948-49) et la construction du mur de Berlin (1961) par Khrouchtchev (successeur de Staline) symbolisent physiquement le rideau de fer qui divise le monde en deux.

Berlin est alors divisée en deux États : l'Ouest capitaliste appelé RFA (République Fédérale d'Allemagne) et l'Est communiste appelé RDA (République Démocratique Allemande).

B. L'équilibre de la terreur

En 1949, l'URSS se dote de l'arme atomique. Grâce à la dissuasion nucléaire, le conflit n'éclate jamais directement entre les deux grandes puissances qui craignent de voir leur territoire entièrement détruit par les bombes atomiques de l'adversaire. On parle alors d'équilibre de la terreur.

C. Compétition et propagande

Les États-Unis et l'URSS rivalisent dans tous les domaines, notamment dans la course aux armements (chacun cherchant à se doter d'armes toujours plus nombreuses et puissantes).

Ils mènent également une guerre idéologique et culturelle (radio, cinéma, BD...). Chaque État cherche à empêcher la propagation des idées de l'adversaire chez lui. En URSS, les dissidents sont arrêtés ou expulsés ; aux États-Unis, les Américains soupçonnés d'être communistes sont chassés de leurs emplois et emprisonnés (on parle de maccarthysme).

La conquête spatiale est utilisée comme un outil de propagande. En 1961, les Soviétiques envoient le premier homme dans l'espace (Youri Gagarine), mais en 1969, ce sont les Américains qui marchent sur la Lune (Neil Armstrong).

III. Crises et tensions pendant la guerre froide

A. Les crises de la guerre froide

Si l'URSS et les États-Unis ne s'affrontent jamais directement, il existe de nombreuses crises et guerres locales. Entre 1950 et 1953, les deux puissances se combattent indirectement en Corée. En 1962, la crise de Cuba (installation de missiles) met le monde au bord de la guerre mondiale.

Chaque crise est sur le point d'entraîner une guerre entre les deux Grands, mais elle n'éclate pas car ils craignent tous les deux la guerre nucléaire.

B. La détente

Pourtant, après la crise de Cuba, Kennedy (président des États-Unis) et Khrouchtchev (dirigeant de l'URSS) comprennent la nécessité de renforcer le dialogue entre les deux blocs.

S'ensuit une période appelée « détente » qui n'exclut cependant pas les conflits indirects, comme l'intervention américaine au Vietnam (1964-1975) ou l'intervention soviétique en Afghanistan (1979).

C. La fin de la guerre froide

Au milieu des années 1980, l'URSS est épuisée économiquement par la course à l'armement. En 1985, Mikhaïl Gorbatchev, nouveau dirigeant de l'URSS, est partisan de l'apaisement et signe avec le président Reagan le premier traité de désarmement nucléaire.

En Europe de l'Est, l'opposition au communisme se développe sans que l'URSS ne réagisse. Le 9 novembre 1989, c'est la chute du mur de Berlin. Dans toute l'Europe de l'Est, les régimes communistes s'effondrent.

En 1991, les principales nationalités de l'URSS proclament leur indépendance. L'URSS se morcelle en 15 États et disparaît à la fin de l'année. C'est la fin de la guerre froide.

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