Guide complet des douleurs articulaires et musculaires

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Arthrose et rhumatismes : comprendre l'usure

Les cartilages qui protègent la surface des os à l’intérieur des articulations perdent leur souplesse au fil du temps ; de ce fait, leur capacité d’amortissement diminue. Ils se fissurent sous les contraintes de pression liées aux mouvements. Les surfaces articulaires sont moins bien lubrifiées, les ligaments deviennent fibreux. La souplesse et la flexibilité générale s’en trouvent affectées.

L'arthrose, couramment appelée rhumatismes, est un vieillissement des articulations qui est lié à l'usure. Les formes d’arthrose les plus fréquentes sont l’arthrose cervicale (responsable de maux de nuque), l’arthrose lombaire (responsable de mal de dos), l’arthrose de la hanche, l’arthrose du genou mais également celle des pieds et des mains. Les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes. C’est un réel problème de santé publique, qui représente une des principales causes de la perte d’autonomie des personnes âgées.

Quels sont les symptômes de l’arthrose ?

L’arthrose provoque des douleurs articulaires et des raidissements des articulations. La personne se plaint d’avoir mal aux genoux, à la hanche ou d’avoir des difficultés à bouger ses doigts. Les symptômes disparaissent en général pendant le sommeil. Les douleurs des articulations sont plus intenses au réveil (jusqu'à ce que les articulations s'échauffent) et après un exercice plus soutenu qu'à l'ordinaire (jardinage, bricolage, randonnée, etc.). La maladie évolue par poussées, des épisodes douloureux alternant avec des périodes d’accalmies. Dans les stades avancés, la mobilité des articulations devient limitée : difficultés à saisir et manipuler des objets, à se déplacer, à s'habiller, etc.

Arthrite ou arthrose ?

Il ne faut pas confondre arthrite et arthrose. L’arthrite aiguë est généralement due à une infection bactérienne. Elle se traduit par une violente inflammation, de la fièvre, et nécessite un traitement d’urgence. L’articulation est rouge, chaude, enflée et très douloureuse. L’arthrite chronique évolue sur de longues périodes. Elle est souvent d’origine auto-immune (le système immunitaire agresse les cartilages articulaires) : c’est le cas par exemple de la polyarthrite rhumatoïde ou de la spondylarthrite ankylosante.

Comment soigne-t-on l’arthrose ?

Les traitements de l'arthrose reposent essentiellement sur l'utilisation de médicaments contre la douleur et l'inflammation.

Les traitements antalgiques par voie orale

L'arthrose est habituellement soulagée par des traitements antalgiques pris par voie orale. Les substances préconisées sont :

Dans le traitement de l'arthrose, le paracétamol peut également être pris à la dose de un gramme, quatre fois par jour, mais uniquement sur prescription médicale. En cas de traitement anticoagulant oral et de prise d’une dose de quatre grammes de paracétamol par jour pendant quatre jours ou plus, une surveillance accrue du traitement anticoagulant peut être nécessaire. Les médicaments à base de paracétamol listés ci-dessous sont ceux comportant une indication spécifique dans les douleurs de l’arthrose.

Contusion et hématome : symptômes et soins

Une contusion est une blessure sans gravité apparente, produite par un choc sans qu’il y ait déchirure de la peau. Elle se soigne habituellement sans intervention médicale, mais peut requérir des soins locaux et des médicaments contre la douleur.

Quels sont les symptômes des contusions ?

La région atteinte est sensible au toucher et douloureuse lorsque l’on bouge. Parfois, une tache bleu violacé apparaît, qui devient par la suite jaune ou verdâtre, signe d’un épanchement de sang (ecchymose) sous la peau. Parfois, une poche de sang peut s’installer (hématome) et déformer la région atteinte.

En général, les contusions guérissent sans complication. Il peut être nécessaire de s’assurer, auprès d’un médecin, de l’absence d’entorse ou de fracture.

Comment réagir en cas de contusion ?

Que faire en cas de contusion ?

Dans l’immédiat, limitez le gonflement en appliquant la règle « GREC » qui signifie :

  • G : Glace
  • R : Repos
  • E : Elévation du membre
  • C : Compression de la lésion avec un pansement compressif

L’application de compresses froides ou de poches de glace calme les douleurs et empêche la partie lésée d’enfler exagérément. Ne placez jamais de glaçons en contact direct avec la peau (risque de gelure), mais entourez-les de plastique et d’un linge. La durée de l’application ne doit pas dépasser vingt minutes. Attendez ensuite vingt autres minutes avant de recommencer.

Après l’application de glace, entourez l’endroit blessé d’un pansement compressif pour empêcher le gonflement de progresser. Renouvelez les phases de refroidissement et de compression trois fois par jour, pendant deux jours.

Maintenez le membre blessé en position surélevée (au moins 45° pour la jambe), cela fait régresser le gonflement plus rapidement ou l’empêche de s’aggraver.

Si la peau n’est pas lésée, vous pouvez appliquer des crèmes ou des gels anti-inflammatoires et antalgiques. En cas de douleur, on peut prendre un antalgique par voie orale.

Quels médicaments contre les contusions ?

La prise orale d’un médicament antalgique permet de soulager la douleur, à condition d’éviter l’aspirine, qui pourrait aggraver les saignements.

La plupart des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) destinés à traiter les contusions survenant après un traumatisme nécessitent une prescription médicale.

Des enzymes à visée anti-œdémateuse sont également proposées en traitement d’appoint. Leur intérêt n’a pas été réellement démontré. Si la peau ne présente pas de plaie, il est possible d’appliquer sur la blessure une crème, une solution ou un gel pour soulager la douleur et limiter la formation d’un gonflement.

Il existe également diverses préparations à base d’arnica, d’anesthésiques locaux, d’extraits d’aloès ou encore de substances proches de l’héparine. Ces médicaments ne dispensent pas des mesures visant à limiter le gonflement : froid, élévation et repos. En cas de persistance de la douleur au-delà de trois jours, sollicitez un avis médical.

Douleurs musculaires : crampes et courbatures

Survenant souvent à la suite d’une sollicitation trop intense de la musculature, les courbatures et les crampes sont généralement bénignes. D’autres types de douleur musculaire peuvent survenir, signalant parfois un problème plus sérieux (élongation, déchirure, etc.). Un médicament contre la douleur et un décontractant musculaire peuvent aider à soulager les cas difficiles.

Quels sont les symptômes des courbatures et des crampes ?

Les courbatures se manifestent quelques heures après un effort inhabituel, voire le lendemain, ou lors de certaines infections comme la grippe. Les muscles atteints sont sensibles à la pression et douloureux au moindre mouvement. À l’occasion de courbatures sévères, la musculature est contractée, parfois enflée et chaude au toucher.

La crampe est une contraction musculaire douloureuse, involontaire et intense, qui apparaît le plus souvent lors d’un effort physique. Pendant la durée de la crampe, il est difficile de bouger le membre atteint. Au bout de quelques minutes, la contraction diminue et disparaît, mais il subsiste une sensation désagréable. Certaines personnes ressentent des crampes soudaines la nuit, notamment dans les jambes.

Comment prévenir les courbatures et les crampes ?

  • Avant l’effort physique, procédez à un échauffement efficace.
  • Si vous êtes peu entraîné, évitez de trop solliciter d’emblée votre musculature.
  • Une bonne hydratation est indispensable. Buvez avant, pendant et après l’effort.
  • Pratiquez des exercices d'étirement pour prévenir les crampes du mollet.
  • Des crampes nocturnes répétées peuvent provenir d’un manque d’eau et de sel.

Les traitements des courbatures et des crampes

Les médicaments antalgiques

En cas de douleur, il est toujours possible de prendre un médicament antalgique par voie orale. De nombreux traitements d’appoint locaux sont également destinés à soulager les courbatures par massage. Ces remèdes contiennent des substances variées : AINS, salicylates, camphre, eucalyptus ou menthol pour l’effet révulsif.

Douleur sciatique et cruralgie

Les douleurs sciatiques, couramment appelées « sciatiques » ou « cruralgies », sont liées à des lésions de la colonne vertébrale. Elles peuvent être handicapantes et nécessitent toujours une consultation médicale. Seules les douleurs sciatiques anciennes et connues peuvent être soulagées en automédication.

Quels sont les symptômes des douleurs sciatiques ?

Lorsqu’une douleur irradie dans la fesse, le long de l’arrière de la cuisse et parfois jusqu’au bas de la jambe, on parle de douleurs sciatiques. Dans certains cas, la douleur passe sur le devant de la cuisse et descend sur le côté de la jambe.

Quelles sont les complications éventuelles de la sciatique ?

Une hernie discale qui appuie longtemps sur un nerf peut être la cause de modifications de la sensibilité (fourmillements, perte de sensibilité), de paralysies partielles ou même de troubles des intestins ou de la vessie.

Quelles sont les causes des douleurs sciatiques ?

La colonne vertébrale se compose de vertèbres séparées par des disques intervertébraux. Avec le vieillissement, ces disques perdent leur élasticité. Certains mouvements peuvent les amener à comprimer un nerf. Lorsque le nerf sciatique est comprimé, les douleurs se ressentent à l’arrière de la cuisse jusqu’au mollet ou au pied.

Comment soulager les douleurs sciatiques ?

Les douleurs sciatiques peuvent être soulagées par des médicaments antalgiques oraux, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), voire des injections de corticoïdes. Parfois, des relaxants musculaires sont prescrits.

Douleurs articulaires : causes et prévention

Quels sont les symptômes et les causes ?

Les arthrites proviennent d’une inflammation ou d’une infection. L’arthrite aiguë est généralement due à une infection bactérienne nécessitant un traitement d’urgence. L’arthrite chronique, comme la polyarthrite rhumatoïde, est une maladie auto-immune.

L’arthrose est due à l’usure des cartilages liée à l’âge. Elle concerne surtout les personnes âgées, celles en surpoids, les sportifs et les femmes après la ménopause.

Les douleurs articulaires peuvent également résulter d'un traumatisme ou d'une sollicitation trop intense des tendons et ligaments (tendinites). Enfin, elles peuvent apparaître lors d'une grippe ou d'une crise de goutte.

Quelles sont les complications et comment prévenir ?

Les complications incluent des déformations articulaires et une limitation de la mobilité. Pour prévenir ces douleurs :

  • Réduisez votre excédent de poids.
  • En cas de goutte, diminuez la viande et l’alcool, et buvez beaucoup d’eau.
  • Pour les sportifs, privilégiez l’échauffement et l’hydratation.

Que faire en cas de douleurs au réveil ?

Certaines personnes souffrent de douleurs matinales qui disparaissent avec le mouvement. Elles peuvent être liées au surmenage, au manque d'activité ou à une arthrose. Le médecin peut prescrire des médicaments antalgiques.

Entorse et foulure : les bons réflexes

Un mouvement brusque peut provoquer une atteinte des ligaments : c'est l'entorse. Elle peut être bénigne, moyenne ou grave.

Quels sont les symptômes des entorses ?

L’entorse bénigne (foulure) est un simple étirement. L’entorse moyenne implique des ligaments distendus ou partiellement rompus. Dans l’entorse grave, le ligament est entièrement rompu, parfois avec arrachement osseux. Une entorse peut s'accompagner d'une luxation ou d'une fracture.

Que faire en cas d’entorse ?

  • Appliquez la règle « GREC » (Glace, Repos, Élévation, Compression).
  • Utilisez une attelle ou une bande élastique pour maintenir l'articulation au repos.
  • Prenez un antalgique oral en évitant l’aspirine.

Traitements locaux : sprays, gels et pommades

Si la peau n’est pas lésée, appliquez des anti-inflammatoires locaux (AINS). Attention aux préparations à base de kétoprofène qui peuvent provoquer des réactions de photosensibilité. L'exposition au soleil est à proscrire durant le traitement.

Mal de dos et lombalgie : soulager la douleur

Le mal de dos (dorsalgie ou lombalgie) est une cause majeure de consultation. La sédentarité et le stress en sont des facteurs fréquents.

Quels sont les symptômes du mal de dos ?

Les douleurs apparaissent souvent au niveau du cou ou du bas du dos. Elles augmentent lors des mouvements, de la toux ou du rire. Le lumbago se manifeste par des douleurs subites et violentes après un geste brusque.

Comment soigne-t-on le mal de dos ?

Le traitement repose sur le repos (maximum trois jours), des médicaments contre l'inflammation (AINS), du paracétamol et des relaxants musculaires. Des séances de kinésithérapie peuvent être nécessaires. Pour les lombalgies chroniques, une prise en charge globale est indispensable, incluant parfois des antidépresseurs pour les douleurs nerveuses ou la chirurgie en cas de hernie discale sévère.

Ostéoporose : prévenir la fragilité osseuse

L'ostéoporose touche une femme sur trois après la ménopause. Elle fragilise les os, augmentant le risque de fractures.

Complications et causes de l’ostéoporose

Les fractures les plus fréquentes concernent le poignet, les vertèbres (tassement vertébral) ou le col du fémur. La perte osseuse s’accélère à la ménopause à cause de la baisse des estrogènes. À l'inverse, le surpoids peut avoir un effet protecteur relatif sur la masse osseuse.

Comment soigne-t-on l’ostéoporose ?

Une bonne hygiène de vie est cruciale : calcium, activité physique, arrêt du tabac. Le médecin peut prescrire des traitements préventifs ou curatifs à prendre sur le long terme (au moins quatre ans). Un apport en vitamine D et en calcium est souvent nécessaire. Des protecteurs de hanche peuvent également être conseillés pour prévenir les fractures chez les personnes âgées.

Tendinite : causes, symptômes et traitements

Quels sont les symptômes des tendinites ?

Lors d'une tendinite, des douleurs apparaissent au niveau du tendon. On distingue trois types :

  • Type I : douleur au début de l'effort.
  • Type II : douleur persistante durant l'effort.
  • Type III : douleur permanente gênant la vie courante.

Les zones touchées sont variées : hanche, genou, coude (tennis-elbow), épaule, poignet, etc.

Quelles sont les causes et complications ?

Les tendinites sont dues à une fatigue des tendons suite à une sollicitation prolongée ou inhabituelle. Des erreurs sportives (mauvais matériel, déshydratation) ou certains antibiotiques (quinolones) peuvent en être la cause. Sans traitement, le tendon peut se calcifier, réduisant la mobilité.

Comment soigner une tendinite ?

Le repos est essentiel. Les antalgiques et les anti-inflammatoires par voie orale ou locale réduisent la douleur et l’inflammation.

Torticolis et maux de nuque

Les maux de nuque sont fréquents et souvent causés par une mauvaise posture. Le torticolis se caractérise par des muscles contractés rendant les mouvements de la tête impossibles.

Causes et complications du torticolis

Outre les mauvaises postures, l'arthrose cervicale ou une hernie discale peuvent être en cause. Le torticolis spasmodique est une forme plus rare liée à un dysfonctionnement neurologique. Chez l'enfant, une nuque raide avec fièvre peut signaler une méningite, imposant une urgence médicale.

Comment soigner le torticolis ?

Utilisez des antalgiques (paracétamol, AINS) et des relaxants musculaires. La chaleur et les massages avec des pommades contenant des terpènes (menthol, camphre) aident à détendre les muscles. Un collier en mousse peut apporter un soutien temporaire.

Hématome et ecchymose : que faire ?

Les hématomes sont des accumulations de sang sous la peau suite à un choc. Les ecchymoses (« bleus ») sont des épanchements plus diffus.

Symptômes et complications

Un hématome peut se situer sur la paupière (œil au beurre noir), l'oreille ou sous un ongle. Les complications dépendent de la zone : un choc à l'œil nécessite une surveillance de la rétine.

Comment soigner les ecchymoses ?

L’application rapide de glace limite la taille du bleu. Des préparations locales à base d’arnica ou des médicaments vasculoprotecteurs par voie orale peuvent être utilisés pour accélérer la guérison.

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