Guide des modes de production dans l'industrie télévisuelle

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1. Contenu de la production propre

En termes de production nationale, le réseau encourage et finance le programme selon deux modes : interne et externe.

a) La production nationale (« in-house »)

Elle est exécutée avec le matériel et les ressources humaines propres à la chaîne, comme c'est le cas pour les informations de l'ETP. Ces productions sont entièrement réalisées au sein de la télévision, de la conception à la production jusqu'à la diffusion.

b) Le contenu externe autoproduit

Également appelés produits connexes (délégués ou auto-délégués), il s'agit de contenus produits par des sociétés dédiées spécifiquement à la création de formats, mais avec la collaboration et la supervision des chaînes. On parle de production extérieure lorsqu'elles font appel à des sociétés de production indépendantes. Sur ces produits, la chaîne détient les droits de propriété. Ils peuvent être diffusés autant de fois que souhaité sur l'antenne, mais peuvent également être commercialisés et distribués sur d'autres réseaux, tant au niveau national qu'international.

Pourquoi la production externe domine-t-elle aujourd'hui ?

  • Réduction des effectifs : Avec ce système, les réseaux ont réduit leur personnel artistique et technique (scénaristes, réalisateurs, techniciens) et surtout l'effort créatif initial.
  • Gestion des risques : La chaîne sélectionne les projets indépendants et assume les risques de développement. Selon les données du cabinet GECA, sur 129 développements diffusés en 2007, plus de 80 % ont échoué en termes d'audience.
  • Diversité des choix : La chaîne a plus de possibilités de sélection en ne se concentrant pas uniquement sur les projets de son personnel interne.
  • Réduction des coûts : La concurrence entre les producteurs indépendants permet d'offrir des produits à moindre coût par rapport aux coûts fixes internes.

2. Contenu de production externe (« house out »)

Il s'agit de productions entièrement réalisées par des entreprises tierces, qui sont louées pour une diffusion sur une période limitée. La chaîne n'est pas impliquée dans la phase de production.

3. Contenu de la co-production

Il s'agit d'une collaboration entre des diffuseurs (comme CBS) et d'autres chaînes de télévision ou sociétés de production de films et vidéos, où chaque partie finance un pourcentage du projet.

Analyse du contenu interne autoproduit

Les productions réalisées entièrement à partir des ressources financières, humaines et techniques de la télévision elle-même entrent dans cette section. Ce système présente certains avantages : un plus grand contrôle du processus, une optimisation des moyens techniques et des bénéfices supplémentaires lors de la revente des programmes. Cependant, ce modèle peut être problématique en raison d'une structure organisationnelle souvent rigide et fonctionnalisée, poussant certains créatifs vers le secteur privé pour plus de liberté et une meilleure rémunération.

Évolution historique et types de programmes

La production propre est née durant la période de la Paléotélévision, particulièrement en Europe, où les stations d'État dominaient l'industrie. Dans les années 80, la déréglementation a favorisé l'émergence d'une industrie décentralisée. Aujourd'hui, l'activité interne se concentre sur trois piliers :

  1. L'information : Le genre national par excellence (journaux, émissions spéciales, sports). C'est là que l'investissement humain et technique est le plus fort. Par exemple, Antena 3 a augmenté son temps d'antenne informatif de 18,57 % en 2005 à 23,08 % en 2007. Ces programmes créent l'image de marque et le prestige.
  2. La culture : Formats à budget limité ne représentant pas un risque financier excessif.
  3. Les variétés : Talk-shows, concours, programmes jeunesse et séries documentaires.

Le marché de la production externe déléguée

Depuis la déréglementation des années 90 en Espagne, un marché important de producteurs indépendants s'est développé. Dans ce modèle, la télévision gère la création via une entreprise indépendante ou accepte un projet externe. La chaîne prend les décisions commerciales majeures, évalue les coûts, supervise le développement et conserve la propriété intellectuelle. La télévision fournit la quasi-totalité du budget et paie les coûts d'infrastructure, tandis qu'un producteur-délégué de la chaîne défend ses intérêts auprès du producteur exécutif externe.

Contenu externe acheté (« hors domicile »)

Dans ce mode, une société extérieure réalise entièrement un produit audiovisuel fini, vendu pour un nombre de diffusions défini. La chaîne paie des droits de diffusion mais ne possède pas la propriété légale et ne peut pas exploiter le produit commercialement. Ces contenus sont achetés sur les marchés internationaux (NATPE, Monte-Carlo, MIP, MIPCOM).

Avantages et fenêtres de diffusion

Ces contenus sont moins chers et garantissent souvent un succès (films, séries, documentaires) car leurs performances sont déjà connues sur d'autres marchés. La période de service est généralement de 2 à 3 ans. La diffusion est structurée autour du concept de « fenêtres » :

  • Sortie en salles de cinéma.
  • Sortie en vidéo/DVD.
  • Télévision à péage (Pay Per View, chaînes premium).
  • Télévision généraliste.

Ce secteur est largement dominé par l'industrie américaine, malgré les mesures correctives européennes comme la loi « Télévision sans frontières ».

La co-production : un partenariat financier

Cette méthode est utilisée pour les productions à gros budget (téléfilms, fictions de série). Chaque partie paie un pourcentage du financement et acquiert une part de la propriété. Les droits d'exploitation et les bénéfices sont divisés au prorata de la contribution économique. La co-production est souvent considérée comme une variante stratégique de la production externe.

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