Les Harkis : entre tragédie et oubli
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Définition et origines des Harkis
Tout au long de cet essai, je parlerai des Harkis, l'un des mots les plus contestés pendant la guerre d'indépendance algérienne. Tout d'abord, nous devons définir clairement ce terme : « Harki », qu'est-ce que cela signifie ? Qui est désigné par ce terme ?
Ce terme péjoratif se réfère principalement aux Algériens musulmans qui servaient d'auxiliaires à l'armée française pendant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962). La raison pour laquelle ces Algériens soutenaient la France était, par exemple, qu'ils ne pouvaient pas renoncer à l'aide financière qu'ils recevaient, grâce à laquelle ils pouvaient soutenir leurs familles et leur fournir un foyer sûr. D’autres étaient simplement en opposition avec le FLN et souhaitaient maintenir le soutien de la France en Algérie. Cependant, ils n'avaient pas beaucoup de dévouement à la République, mais ils n'avaient pas d'alternative.
Les motivations des supplétifs
Une autre cause qui a déterminé que certains Algériens sont devenus Harkis était qu'ils considéraient le FLN comme des bandits, des marchands, lesquels sont dénommés fellaghas (bandit en arabe). La plupart des musulmans algériens qui avaient participé à la Seconde Guerre mondiale en soutenant l'armée française étaient habitués à obéir aux soldats, aux militaires de carrière, et non aux bandits. C’est ce que l’on a pu voir dans l’extrait du roman d’Alice Zeniter, L’Art de perdre. Le personnage principal y explique pourquoi il était impossible pour lui d’adhérer au FLN, bien qu’il ne soit pas fondamentalement contre l’indépendance de son pays, l’Algérie.
Le rapatriement et les camps de transit
Un autre point qui devrait être traité par rapport aux Harkis est leur « rapatriement » en France après la déclaration d’indépendance de l’Algérie et, plus particulièrement, la façon dont ils ont été parqués dans des « camps ». Ces camps étaient de vastes étendues de terre au milieu de nulle part où toutes les personnes non rapatriées en Algérie étaient regroupées à ce moment-là. Ces camps avaient également servi pour des populations telles que :
- Les Espagnols républicains qui se sont échappés du régime de Franco ;
- Les Juifs ;
- Les Gitans ;
- Enfin les Harkis, les personnes les plus recherchées en Algérie pendant la guerre.
L'un des camps les plus connus est celui de Rivesaltes, dans lequel 10 000 personnes vivaient dans des casernes.
Conditions de vie et intégration forcée
Ni les Français ni les Algériens ne voulaient s'occuper des Harkis après la guerre. La France voulait juste réhabiliter sa propre image et l'Algérie voulait faire voir à la France qu'elle s’occupait, d'une certaine façon, de ces personnes.
Cependant, les conditions de vie étaient désastreuses : les gens avaient peur, ils étaient totalement pauvres et la plupart étaient analphabètes.
Les tâches qui ont été attribuées à ces personnes étaient comme une sorte de cours dans lequel :
- Les femmes apprenaient à utiliser les machines à coudre électroniques ;
- Les hommes apprenaient à raccourcir les messages ;
- Les enfants apprenaient des chansons populaires.
C'était très triste et, d'une manière injuste, la France voulait montrer au peuple français qu’elle s’occupait bien de ces gens et qu’elle en ferait de bons citoyens, capables de s’intégrer dans la société française.
Répression et mémoire
Après les accords d'Évian et la fin de la guerre en 1962, les Harkis et leurs descendants ont subi une sévère répression en Algérie par le FLN, qui a tué environ 100 000 d'entre eux.
La plupart émigrèrent en France, où ils furent aussi traités comme des « ordures ». Leurs droits n'ont pas été reconnus avant 2001.
À mon avis, cette question est probablement l'une des plus tristes dans le contexte de la guerre d'Algérie, où des personnes totalement innocentes ont subi une répression injuste et sanglante. Les Harkis sont des personnes qui étaient considérées comme des traîtres par les Algériens et comme des lâches par les Français ; ils se sont retrouvés sans patrie à la fin de la guerre. Plus personne ne voulait d’eux.