Histoire et Concepts Clés de la Philosophie Occidentale
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Philosophie Antique
Étude du cosmos (le principe de toutes choses) et des êtres humains.
Thalès de Milet
"L'eau est le commencement de toutes choses." Il est considéré comme le premier scientifique à ne pas fonder ses explications sur les dieux. Il introduit deux postulats de la science : tout est régi par des lois, et l'homme peut connaître ces lois. Il fut le premier à prédire une éclipse de Soleil.
Pythagore
"Le nombre est le commencement de toutes choses." Il affirmait que tout est traduisible en nombres. La découverte de la racine carrée de deux, irrationnelle, a remis en cause certains fondements de sa pensée qui se voulait entièrement rationnelle.
Héraclite
"Tout coule." (Panta rhei). Toutes les choses changent constamment. Le changement est permanent.
Parménide
"Ce qui est, est. Ce qui n'est pas, n'est pas. L'être est, le non-être n'est pas." Ce qui est ne peut pas ne pas être, et ce qui n'est pas ne peut pas être. Le changement impliquerait qu'une chose qui était cesse d'être, ou qu'une chose qui n'était pas commence à être, ce qu'il juge impossible.
Empédocle
L'archè (le principe) de toutes choses n'est pas unique, mais multiple. Il postule quatre éléments fondamentaux : le feu, la terre, l'air et l'eau, qui sont éternels et immuables, mais se combinent et se séparent sous l'action de l'Amour et de la Haine.
Protagoras
"L'homme est la mesure de toutes choses." L'homme perçoit les choses selon sa propre perspective. La vérité est individuelle et peut changer.
Gorgias
"Rien n'est ; si quelque chose était, nous ne pourrions le connaître ; si nous pouvions le connaître, nous ne pourrions l'exprimer." Il adopte une position sceptique, doutant de la possibilité d'une connaissance vraie de la réalité.
Socrate
"Je sais seulement que je ne sais rien." Il cherchait à éveiller la conscience de ses interlocuteurs par le dialogue (maïeutique). Il croyait au respect absolu des lois, ce qui l'a conduit à accepter sa condamnation à mort. "Connais-toi toi-même" est une de ses maximes fondamentales.
Platon
"Connaître, c'est se ressouvenir." Il distingue deux mondes : le monde des Idées (immatérielles, éternelles) et le monde sensible (matériel, changeant). L'âme appartient au monde des Idées ; connaître les choses sensibles n'est qu'un ressouvenir (anamnèse) des Idées contemplées par l'âme avant son incarnation.
Aristote
"Tous les hommes désirent naturellement savoir." L'étonnement face à ce que nous ne comprenons pas est à l'origine de toute connaissance. Toute connaissance commence par l'expérience sensible.
Épicure
Fondateur de l'épicurisme. "Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse." L'épicurisme recherche un plaisir stable et équilibré (ataraxie), physique et intellectuel (privilégiant ce dernier), distinct de l'hédonisme qui recherche le plaisir immédiat à tout prix.
Sénèque (Stoïcisme)
"Ce qui doit arriver arrivera." (Acceptation du destin). La mort est vue comme une libération.
Philosophie Médiévale
Étude centrée sur Dieu et les questions théologiques.
Augustin d'Hippone
"Crois pour comprendre." (Credo ut intelligam). La foi précède et éclaire la raison dans la compréhension des mystères divins.
Anselme de Canterbury
Il fut le premier à proposer une preuve ontologique de l'existence de Dieu. "L'insensé dit en son cœur : il n'y a pas de Dieu." (Argument : Dieu est l'être le plus parfait que l'on puisse concevoir ; l'existence est une perfection ; donc Dieu existe).
Thomas d'Aquin
Foi et raison sont deux voies distinctes mais harmonieuses pour atteindre la connaissance de Dieu.
Guillaume d'Ockham
La foi permet de comprendre le surnaturel, la raison permet de connaître le naturel (principe du rasoir d'Ockham). Concernant la morale, il soutient que le bien est bon parce que Dieu le veut (volontarisme divin), plutôt que Dieu veuille le bien parce qu'il est bon en soi.
Philosophie Moderne
Étude centrée sur la connaissance humaine (épistémologie).
Renaissance
Nicolas Machiavel
"La fin justifie les moyens." (En politique).
Galileo Galilei (Galilée)
Promoteur de la révolution scientifique. "L'univers est écrit en langage mathématique."
Thomas Hobbes
"L'homme est un loup pour l'homme." (Homo homini lupus). Il pense que la liberté naturelle sans État mène à la guerre de tous contre tous.
Période Moderne
René Descartes
"Je pense, donc je suis." (Cogito ergo sum). Initiateur du rationalisme : la raison, si elle utilise une méthode appropriée, peut atteindre la connaissance certaine. Il expose sa méthode dans le Discours de la méthode.
David Hume
Figure majeure de l'empirisme : toute connaissance provient de l'expérience sensible et y trouve ses limites. On ne peut jamais avoir la certitude absolue que le soleil se lèvera demain, même si cela s'est toujours produit.
Immanuel Kant
Appartient aux Lumières (Aufklärung). "Sapere aude !" (Ose savoir ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement). L'homme doit sortir de sa minorité intellectuelle et affronter la réalité par la raison. Promoteur de l'Encyclopédie comme projet de rassemblement des connaissances.
G.W.F. Hegel
Figure centrale de l'idéalisme allemand. "Le réel est rationnel, et le rationnel est réel."
Philosophie Contemporaine
Examen critique de la pensée et de la culture antérieures.
Karl Marx
Fondateur du marxisme, une théorie critique du capitalisme visant au communisme (société sans classes, sans propriété privée, où chacun contribue selon ses capacités et reçoit selon ses besoins, sous l'égide d'un État initialement). "Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme." "La religion est l'opium du peuple."
Friedrich Nietzsche
Philosophe de la volonté de puissance et du vitalisme. "Dieu est mort." (Constat de la perte de la foi et des valeurs traditionnelles en Occident).
Sigmund Freud
"Le sentiment de culpabilité est le problème le plus important de l'évolution de la culture." Découvreur de l'inconscient. Il affirme que le psychisme ne se réduit pas à la conscience, mais inclut une large part d'inconscient.
Branches de la Philosophie
- Métaphysique : Étude de l'être en tant qu'être, de ce qui existe fondamentalement.
- Logique : Étude de la structure, de la forme et de la validité des raisonnements et des arguments.
- Épistémologie : (ou théorie de la connaissance) Étude de la connaissance (ses sources, ses types, ses formes, ses limites...).
- Éthique : (ou philosophie morale) Étude des principes moraux, du bien et du mal, du juste et de l'injuste.
- Esthétique : Étude de l'art et de la beauté en général.
Contribution des Femmes en Philosophie
- Antiquité : Des femmes philosophes existaient parmi les pythagoriciennes et les épicuriennes. Hypatie d'Alexandrie est souvent considérée comme la première grande philosophe de l'histoire.
- Moyen Âge : Hildegarde de Bingen a mené des réflexions théologiques et scientifiques.
- Époque Moderne : Ada Lovelace (née Byron), penseuse précurseure en mathématiques et langage informatique.
- XXe et XXIe siècles : Hannah Arendt (théoricienne politique), Simone de Beauvoir (philosophe existentialiste, théoricienne des droits des femmes).
Les Limites de la Connaissance
La Possibilité de la Connaissance
- Dogmatisme : Affirme que nous pouvons acquérir des connaissances certaines et universelles avec une certitude absolue, et que la connaissance peut être étendue indéfiniment. Penseur : Descartes (dans une certaine mesure).
- Scepticisme :
- Modéré : Doute de la possibilité d'atteindre une connaissance ferme et totalement sûre.
- Radical : Nie la possibilité même de la connaissance. Penseur : Pyrrhon.
- Criticisme : La connaissance est possible, mais elle n'est ni incontestable ni définitive. Elle doit être continuellement revue et critiquée afin de détecter les erreurs. Penseur : Kant.
- Relativisme : Soutient qu'il n'y a pas de vérité absolue. Chaque vérité est relative à un individu, un contexte social, culturel ou historique particulier.
- Perspectivisme : Chaque individu appréhende la réalité depuis une perspective particulière, qui constitue sa vérité. La vérité absolue serait la somme de toutes les perspectives. Penseur : Ortega y Gasset.
Épistémologie
C'est la branche de la philosophie qui s'occupe de l'analyse critique de la connaissance scientifique, de ses fondements, de ses méthodes et de sa portée. Elle a pris une importance croissante avec l'essor des sciences naturelles.
Le Concept de Connaissance
- Opinion : Appréciation subjective dont nous ne sommes pas sûrs et que nous ne pouvons pas prouver aux autres.
- Croyance : Il existe deux usages du terme :
- Usage hésitant : Exprime une incertitude quant à la vérité d'une affirmation ; présence de doutes.
- Usage assertif : Exprime une conviction, une certitude subjective, mais sans disposer de preuves suffisantes pour la justifier objectivement.
- Connaissance : Croyance vraie et justifiée. Nous sommes subjectivement sûrs et nous pouvons apporter des preuves objectives. Deux types :
- Théorique : Ensemble des informations qui décrivent et expliquent le monde naturel et social qui nous entoure. Pour Aristote, c'était la contemplation désintéressée de la nature.
- Pratique (Savoir-faire) : Connaissance orientée vers l'action, savoir comment agir dans le monde ou réaliser une tâche.
Vérité des Faits
Les apparences peuvent être trompeuses et masquer la réalité telle qu'elle est. La vérité des faits renvoie à la réalité authentique, par opposition à la réalité apparente ou illusoire.
Vérité des Propositions
La vérité ne concerne pas seulement la réalité (faits), mais aussi les énoncés (propositions) que nous formulons à son sujet. La vérité est une propriété de nos propositions (empiriques ou formelles).
Vérités des Propositions Empiriques
- Vérité comme correspondance : Une proposition est vraie lorsqu'elle correspond aux faits, à la réalité qu'elle décrit. Initiateur : Aristote.
- Vérité comme cohérence : Une proposition est vraie si elle n'entre pas en contradiction avec d'autres propositions acceptées au sein d'un système donné (scientifique, logique...). Promoteur : Hegel (dans le cadre de son système).
- Vérité comme succès (Pragmatisme) : Une proposition est vraie si elle est utile, si elle fonctionne, si elle a des conséquences positives lorsqu'elle est mise en pratique.
Vérité des Propositions Formelles
Dans les propositions formelles (logique, mathématiques), la vérité est principalement entendue comme cohérence. Une proposition formelle est vraie si elle est déduite correctement à partir d'axiomes ou si elle ne contredit pas les autres propositions admises dans le système formel.