Histoire des désamortissements en Espagne : Cadix et Mendizábal

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La confiscation des Cortes de Cadix

En 1811, le problème de la dette publique est soulevé. Une solution envisagée fut de déclarer la faillite. Cependant, un groupe de députés s'y est opposé, proposant un décret prévoyant le paiement via les loyers des terres affectées à cette fin. Ce décret constitue la première loi générale de désamortissement du siècle, bien que son application ait été limitée.

Au cours de la période du Trienio Liberal, le droit de désamortissement fut restauré. En 1820, tous les couvents des ordres monastiques furent supprimés. Avec ce décret, la saisie ne se limitait plus à des mesures partielles, mais était poursuivie avec détermination.

La confiscation de Mendizábal

Juan Álvarez Mendizábal a participé à la guerre d'indépendance et s'est identifié aux idées libérales, soutenant financièrement le soulèvement de Rafael del Riego en 1820, ce qui lui a valu l'exil après l'insurrection. À son retour en Espagne en 1835, il rejoint le Parti progressiste et est nommé ministre des Finances. En septembre de la même année, il devient président intérimaire du gouvernement, tout en conservant son poste de ministre des Finances jusqu'en 1836, dans un contexte de crise économique aggravée par les dépenses militaires de la guerre civile.

La première préoccupation de Mendizábal fut le problème financier :

  • Les caisses de l'État étaient vides.
  • La dette publique avait atteint des proportions gigantesques.
  • Le gouvernement devait financer une guerre civile coûteuse.

Il a donc procédé à la vente à grande échelle de biens nationaux.

Première loi de désamortissement

En 1836, la vente des biens immobiliers ayant appartenu à des sociétés et communautés religieuses fut approuvée, entraînant la suppression des institutions monastiques, à l'exception des biens destinés aux services publics ou classés monuments nationaux. Le décret visait à réduire la dette publique via une vente publique avec appel d'offres.

Modalités de paiement :

  • Paiement mixte : une partie en titres de créance et une partie en espèces.
  • L'acheteur devait payer un cinquième du prix en espèces pour obtenir l'acte, le reste étant échelonné sur huit ans.
  • Les titres de la dette ayant fortement chuté, ils étaient considérés comme dépréciés.

Pour encourager les paiements en espèces, l'État a offert des facilités supplémentaires : un cinquième en espèces et le solde sur seize ans.

Deuxième loi de désamortissement

En 1837, une deuxième loi de désamortissement est promulguée, conçue davantage comme une réforme fiscale. Les dîmes furent abolies et la quasi-totalité des biens du clergé fut déclarée propriété nationale. La demande fut toutefois quasi nulle, le transfert ne devant commencer qu'en 1840 avant que l'article ne soit finalement abrogé.

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