Histoire de l'Union Européenne et le Concept de Tiers Monde

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Processus d'établissement de l'Union Européenne

L'Europe, totalement dévastée par la Seconde Guerre mondiale, cherchait des moyens d'établir une paix durable. L'intégration européenne est apparue comme un obstacle efficace au nationalisme exacerbé.

Les Premières Étapes de l'Intégration

Le premier succès fut le Benelux, formé par la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg en 1949. Ce fut l'établissement d'un marché intérieur libre de douane, facilitant le transit des personnes et le commerce des services.

Le Plan Schuman et la CECA (1950)

En 1950, le Plan Schuman proposa l'intégration de deux productions stratégiques, bases de l'industrie lourde : le charbon et l'acier. Cela mena à l'institution de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier).

La CECA encouragea les pays à travailler ensemble pour le bien de l'Europe et à éliminer la concurrence interne. Elle fut initialement formée par :

  • La France
  • La République Fédérale d'Allemagne (RFA)
  • Les pays du Benelux
  • L'Italie

Le Traité de Rome et la CEE (1957)

Réunis à Rome en 1957, les pays fondateurs de la CECA créèrent la CEE (Communauté Économique Européenne) avec le Traité de Rome, dans le but d'établir un marché commun en Europe.

Les Élargissements Successifs

Le Royaume-Uni (Grande-Bretagne) fut initialement réticent, ayant à cette époque un accord solide avec ses anciennes colonies, le Commonwealth (créé en 1933). Le Royaume-Uni dut apporter certains changements pour son adhésion.

  • 1973 : Le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni rejoignent la Communauté, portant le nombre d'États membres à neuf. La guerre israélo-arabe de 1973 provoqua une crise énergétique et des problèmes économiques en Europe.
  • 1981 : La Grèce devient le dixième membre de l'UE.
  • 1986 : L'Espagne et le Portugal adhèrent. L'Acte Unique Européen est signé, constituant la base d'un vaste programme de six ans visant à éliminer les obstacles à la libre circulation des marchandises à travers les frontières de l'UE, donnant ainsi naissance au « Marché Unique ».
  • 1992 : Institution du Traité de Maastricht, signé le 7 février aux Pays-Bas.

Principes Fondamentaux du Traité de Maastricht (1992)

Le Traité de Maastricht, signé le 7 février 1992, visait à modifier ou à approfondir les accords du Traité de Rome de 1957. Ses principaux objectifs incluaient :

  • Former un espace économique unique, assurant la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes.
  • Assurer la compatibilité de la croissance économique avec la gestion environnementale.
  • La création de l'Union Monétaire Européenne (UME).
  • La réaffirmation d'une identité européenne commune.
  • La coopération en matière de justice et de sécurité intérieure.
  • Le développement d'un paquet législatif supranational.
  • La mise en place progressive d'une citoyenneté de l'Union, reconnaissant les mêmes droits aux citoyens dans tous les pays, symbolisée par le passeport de l'Union.
  • Le respect de l'identité nationale des États membres.

Évolution Post-Maastricht

Les citoyens ont manifesté un intérêt croissant pour la protection de l'environnement et l'action conjointe en matière de sécurité et de défense.

  • 1995 : L'Autriche, la Finlande et la Suède adhèrent à l'UE.
  • Les Accords de Schengen (signés dans la petite ville luxembourgeoise de Schengen) permettent progressivement aux citoyens de voyager sans avoir à présenter leur passeport aux frontières intérieures.

Suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, la « lutte contre le terrorisme » est devenue une référence. Les pays de l'UE ont commencé à coopérer plus étroitement contre la criminalité organisée.

Le Concept de Tiers Monde

Le terme Tiers Monde a une origine politique. Il fut d'abord utilisé en 1955 par un sociologue pour désigner les pays qui, pendant la Guerre Froide, n'étaient ni socialistes ni capitalistes. Ces pays se sont eux-mêmes qualifiés de « non-alignés ».

La Conférence de Bandung (1955)

Ces nations se sont rencontrées pour la première fois à Bandung, en Indonésie, du 18 au 24 avril 1955. L'objectif était de promouvoir la coopération économique et culturelle afro-asiatique, en opposition à la colonisation et au néo-colonialisme des anciennes puissances coloniales et des États-Unis, ainsi qu'à l'inclusion dans la sphère d'influence exclusive de l'Union Soviétique.

Un ensemble de principes fut convenu pour guider les relations internationales des membres du Mouvement des Pays Non-Alignés, fondé dans l'esprit de cette conférence :

  1. Respect des droits humains fondamentaux et des buts et principes de la Charte des Nations Unies.
  2. Respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de toutes les nations.
  3. Reconnaissance de l'égalité de toutes les races et de toutes les nations, grandes et petites.
  4. Abstention de toute intervention ou ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays.
  5. Respect du droit de chaque nation à se défendre, seule ou en coopération avec d'autres États, conformément à la Charte des Nations Unies.
  6. S'abstenir de participer à des arrangements de défense collective visant à promouvoir les intérêts d'une des grandes puissances.
  7. S'abstenir d'actes ou de menaces d'agression et de l'utilisation de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout pays.
  8. Règlement de tous les différends internationaux par des moyens pacifiques (traités, conciliation, arbitrage, règlement judiciaire, etc.), conformément au libre choix des parties et à la Charte des Nations Unies.
  9. Promotion de l'intérêt et de la coopération mutuelle.
  10. Respect de la justice et des obligations internationales.

La conférence fut organisée en trois commissions de travail : politique, économique et culturelle. Les conclusions finales portaient sur la coopération économique et culturelle, les droits de l'homme, l'autodétermination, les problèmes des peuples dépendants, la promotion de la paix et la coopération globale selon les principes de la coexistence pacifique, ainsi que la condamnation de la discrimination raciale et de la radioactivité.

Au fil des années, le terme Tiers Monde a évolué pour devenir un synonyme de sous-développement.

Indicateurs du Sous-Développement

Les indicateurs sont des variables (qualitatives ou quantitatives) qui tentent de mesurer ou d'objectiver des événements collectifs, des actions politiques, et d'évaluer les réalisations et les objectifs. Ils permettent d'objectiver une situation donnée et d'évaluer son évolution dans le temps, ainsi que de la comparer à d'autres réalités. Sans eux, les comparaisons sont difficiles.

Catégories d'Indicateurs

Dans le cas du sous-développement, on distingue plusieurs types d'indicateurs :

Indicateurs Économiques

  • Faible Produit Intérieur Brut (PIB) et faible PIB par habitant.
  • Déficit de la balance commerciale.
  • Domination des activités économiques primaires.
  • Manque de recherche scientifique.
  • Taux de chômage élevé.

Indicateurs Sociaux

  • Faible apport calorique.
  • Faible espérance de vie.
  • Taux de natalité élevé.
  • Analphabétisme.
  • Travail des enfants.

Indicateurs Politiques

  • Faiblesse des régimes démocratiques, etc.

Il est important de noter que l'indicateur n'est pas l'événement lui-même (comme la faim ou la pauvreté), mais l'outil de mesure de cet événement.

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