Hobbes vs Locke : L'état de nature et le contrat social
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Hobbes : L'état de nature
Il s'agit d'une situation où l'on trouve l'homme avant la vie en société. L'homme y vivrait en toute liberté et égalité ; il n'y aurait ni loi ni autorité, de sorte que chacun aurait droit à tout ou, ce qui revient au même, à rien, car il n'y aurait aucun moyen de faire valoir ses droits. En raison de l'égoïsme et de l'absence de freins, l'homme devient un loup pour l'homme (« homo homini lupus »), et l'état de nature deviendrait un état de guerre constant et généralisé.
Cela empêcherait tout progrès humain, qu'il s'agisse de l'agriculture, de l'industrie, de la connaissance ou de la culture. Cependant, l'instinct de conservation, ainsi que le désir de sécurité et de paix, pousseront les hommes à chercher un moyen de sortir de cette situation de danger constant. Bien que la conception de Hobbes sur l'origine de l'État soit très moderne, son point de vue pessimiste sur l'homme le conduit à défendre et à justifier un État absolutiste, capable de maintenir l'ordre et la sécurité.
Locke : L'état de nature
Locke s'écarte de la vision hobbesienne de l'état de nature. Pour Locke, dans cet état, en plus de jouir de la liberté et de l'égalité, les hommes possèdent des droits naturels (par le simple fait d'être humain, même sans vivre en société). Mais ces droits ne sont pas toujours respectés, surtout quand on considère que, dans l'état de nature, il n'existe pas de force publique suffisante pour les faire respecter.
La différence la plus évidente entre l'approche politique de Hobbes et celle de Locke est que, dans le premier cas, la théorie du contrat social sert à légitimer l'absolutisme politique, tandis que dans le second, elle constitue une défense du libéralisme et une attaque contre l'autoritarisme. L'un des points essentiels pour éviter l'absolutisme royal est, selon Locke, la division des pouvoirs. Le pouvoir ne peut se concentrer dans une seule main, car ce serait le chemin le plus rapide vers la corruption et l'absolutisme.
Locke soutient que, dans tout système politique, il existe trois branches :
- Législatif : le Parlement élabore les lois.
- Exécutif : le monarque applique la loi et sanctionne le non-respect.
- Fédératif : il s'occupe de nouer ou de rompre les alliances.