La IIIe République : Stabilité, Menaces et Expansion Coloniale

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La IIIe République face aux menaces internes

La IIIe République est contestée par l’extrême-gauche et par la droite, qui dénoncent la corruption (affaire des décorations, scandale de Panama) et la politique coloniale au détriment de la revanche contre l’Allemagne. Cette contestation s’incarne dans la figure du général Boulanger, dont la tentative de prise du pouvoir échoue en 1889, avant son suicide en 1891.

La République est aussi menacée par l’Affaire Dreyfus. À partir de 1898, avec le « J’accuse » de Zola, la France se divise entre dreyfusards, défenseurs des droits de l’homme, de la justice et de la République, et antidreyfusards, partisans du nationalisme, du monarchisme et de l’antisémitisme. Malgré la réhabilitation de Dreyfus en 1906, l’affaire marque durablement la vie politique.

La question religieuse fragilise également le régime. Malgré le ralliement demandé par le pape en 1892, les tensions avec l’Église conduisent à la loi de Séparation des Églises et de l’État (1905), qui garantit la liberté de conscience et affirme la neutralité de l’État, provoquant de fortes oppositions comme la crise des Inventaires (1906).

Enfin, la question sociale est marquée par la montée du mouvement ouvrier et socialiste, favorisée par la Longue Dépression et de mauvaises conditions de travail. La création de la CGT (1895) et de la SFIO (1905), ainsi que les grèves et mobilisations, témoignent des tensions sociales. Malgré des affrontements violents, l’État maintient l’ordre et adopte des lois sociales importantes, comme le repos hebdomadaire et la création du ministère du Travail.

La politique extérieure et coloniale

L’héritage colonial à la proclamation de la IIIe République

À la proclamation de la IIIe République, la France possède un embryon d’empire, issu des restes du premier empire colonial et des débuts du second empire colonial.

La monarchie de Juillet et le Second Empire posent les bases de l’empire colonial français avec des conquêtes en Afrique (Algérie, Sénégal, Golfe de Guinée), en Asie (Cochinchine, Cambodge) et dans le Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française).

Sous la IIIe République, la France mène une politique d’expansion coloniale et de concurrence européenne, s’étendant en Afrique (Madagascar, Afrique occidentale, Tunisie, Maroc) et en Asie (Tonkin, Annam, Laos).

Cette expansion aboutit à la création de grands ensembles coloniaux : l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.), l’Afrique Équatoriale Française (A.E.F.) et l’Union Indochinoise.

La montée des périls

Une série de crises annonciatrices

La politique coloniale française se heurte à l’expansionnisme des autres puissances européennes, créant de fortes tensions avec l’Angleterre, lors de l’incident de Fachoda (1898), et avec l’Allemagne, lors des crises de Tanger (1905) et d’Agadir (1911).

Entre 1912 et 1913, les guerres balkaniques font monter la tension dans une région instable surnommée la « poudrière des Balkans », avec l’implication des grandes puissances et un mécanisme dangereux d’alliances.

La formation des alliances

Entre 1892 et 1893, la France devient alliée de la Russie, puis du Royaume-Uni en 1904 avec l’Entente cordiale. En 1907, se forme la Triple Entente, opposée à la Triple Alliance (1896) des empires centraux, regroupant le Reich allemand, l’Autriche-Hongrie et l’Italie.

La marche à la guerre

Sous l’impulsion du président Poincaré, la France fait passer le service militaire de deux à trois ans. Les esprits et l’économie sont préparés à la revanche contre l’Allemagne.

Après l’attentat de Sarajevo (28 juin 1914), les socialistes pacifistes tentent d’empêcher l’entrée en guerre, mais l’assassinat de Jaurès (31 juillet 1914) marque leur échec. S’impose alors la politique de l’« Union sacrée ».

1. La difficile mise en place du régime (1870-1875)

L’instabilité politique

  • Un gouvernement de Défense nationale est constitué.
  • Les Prussiens assiègent Paris et écrasent les armées françaises.
  • Des généraux hostiles à la République, comme Bazaine, se rendent.
  • La tentative de libérer Paris et de reprendre la lutte échoue.
  • L’armistice est signé le 28 janvier 1871, malgré l’opposition du ministre de l’Intérieur Gambetta.
  • Une nouvelle assemblée est élue en février 1871.
  • Elle est dominée par une majorité de monarchistes, siégeant à Bordeaux puis Versailles.
  • Thiers est nommé « chef du pouvoir exécutif » et négocie avec Bismarck la paix signée en mai 1871.
  • La Commune de Paris éclate.
  • Les Parisiens refusent la défaite et une dérive monarchique du régime, ce qui provoque la révolution de la Commune (mars – mai 1871).
  • Sur ordre de Thiers, les troupes fidèles à l’Assemblée écrasent dans le sang la Commune à partir du 21 mai 1871.

Les tentatives de restauration monarchique

  • Nommé Président de la République, Thiers tente de convaincre l’Assemblée de l’impossibilité d’une restauration monarchique.
  • Il est remplacé par Mac-Mahon, élu en 1873 pour sept ans.
  • Mac-Mahon mène une politique d’« ordre moral » pour préparer la restauration monarchique.
  • Cette restauration est impossible à cause des désaccords entre légitimistes et orléanistes.

2. La conquête de la République par les républicains (1875-1879)

Les lois constitutionnelles de 1875

  • Les lois sont votées grâce aux voix orléanistes autour de Thiers et aux voix républicaines.
  • Elles confirment la forme républicaine du régime.
  • La République est démocratique et parlementaire.
  • Le Parlement est bicaméral et élu au suffrage universel.
  • Le gouvernement est investi et renversé par le Parlement.
  • Le Président de la République a peu de pouvoirs, sauf la dissolution de la Chambre, et il est élu par le Parlement.

La conquête des institutions par les républicains

  • Face à des monarchistes divisés, les républicains conquièrent progressivement les institutions.
  • Les chefs républicains, Gambetta et Jules Ferry, veulent une République gouvernée par les républicains.
  • Ils adoptent une attitude prudente, ce qui leur vaut le surnom d’« opportunistes ».
  • Ils cherchent à conquérir les campagnes pour contrôler légalement le régime.
  • Les grandes institutions passent aux mains des républicains.
  • En 1876 et 1877, la Chambre des députés s’oppose à Mac-Mahon.
  • En 1879, les républicains conquièrent le Sénat et la Présidence de la République après la démission de Mac-Mahon, remplacé par Jules Grévy.

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