Indépendances et Évolutions Politiques en Europe (1814-1848)
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Indépendance de la Belgique (années 1830)
Les Belges ont obtenu leur indépendance à la suite d’une révolte populaire à Bruxelles, dans le sillage des Trois Glorieuses en France (1830). Les habitants, majoritairement catholiques et organisés en garde « bourgeoise », repoussent les troupes hollandaises (protestantes). La révolution s'étend au reste du territoire, l'indépendance est proclamée et un drapeau est choisi. Finalement, les grandes puissances, réunies à Londres, reconnaissent ce nouveau pays en 1831 et un roi, Léopold Ier, est désigné.
Échec de l'indépendance polonaise (années 1830)
Les Polonais échouent à obtenir leur indépendance. Un mouvement formé d'étudiants, de militaires et de bourgeois éclate à Varsovie (insurrection avec barricades). La Diète (Assemblée Nationale) déclare l'indépendance. Cependant, le mouvement est divisé entre républicains et monarchistes, et les Russes prennent l'avantage grâce à leur supériorité militaire. Les autres pays européens ne soutiennent pas les Polonais, malgré l'existence d'un mouvement polonophile. La répression est sanglante, et de nombreux Polonais doivent fuir et s'exiler, notamment en France.
Guerre d'indépendance grecque : un combat d'idées
Des artistes comme Delacroix, avec son œuvre Massacres de Chios, ou des écrivains comme Hugo, avec son poème L'Enfant, cherchent à émouvoir, à choquer et à susciter la compassion pour le sort des Grecs, présentés comme d'innocentes victimes des Turcs. Hugo appelle à financer l'achat d'armes pour les Grecs. Des comités de soutien se créent en Europe et tentent de pousser les gouvernements à intervenir. Le poète britannique Byron se rend en Grèce pour prendre les armes contre les Turcs et y trouve la mort à Missolonghi.
Le philhellénisme est l'amour de la Grèce, de sa culture considérée comme le berceau de la civilisation occidentale et de la démocratie. Il se traduit également par l'engagement de personnalités en faveur des Grecs dans leur guerre d'Indépendance. Les Grecs (chrétiens) se révoltent contre la domination de l'Empire ottoman (musulman) en 1821 et proclament leur indépendance. En représailles à un massacre commis par les Grecs, les Ottomans ravagent l'île de Chios en 1822. Environ 20 000 à 25 000 personnes sont tuées, 45 000 sont vendues comme esclaves, et 10 000 parviennent à s'enfuir. Cet événement émeut la communauté internationale.
À partir de 1824, des comités de philhellènes se constituent en France, où Charles X se heurte à l'opposition des libéraux, mais aussi des défenseurs de la chrétienté menés par Chateaubriand. Les libéraux, opposés à tout despotisme, pressent les gouvernements réticents à intervenir, tandis que des réfugiés arrivent en France. En 1827, la Russie, la France et le Royaume-Uni tentent une médiation qui échoue auprès de Constantinople. Ils envoient alors une flotte qui bat la flotte turque, tandis que les Russes attaquent par la terre. L'Empire ottoman doit d'abord reconnaître l'autonomie de la Grèce en 1829, puis son indépendance en 1830.
Évolution politique de la France (Restauration et Révolutions)
Les motivations pour intervenir dans les affaires grecques sont mêlées : appel à la croisade, goût de l'aventure, préoccupations économiques. En 1814, après la défaite et l'exil de Napoléon sur l'île d'Elbe, les puissances européennes imposent Louis XVIII, frère de Louis XVI, sur le trône de France. Il octroie une Charte qui limite l'arbitraire royal, garantit la liberté de pensée, de religion, de presse, la propriété, l'égalité devant la loi et le Code Civil. Cependant, le drapeau blanc remplace le drapeau tricolore, la Marseillaise est interdite, le pouvoir royal est reconnu de droit divin, le roi peut choisir ses ministres, les révoquer, dissoudre les Assemblées, il a seul l'initiative des lois, et le suffrage censitaire ne permet qu'à environ 100 000 citoyens de voter. La vie politique est partagée entre les « constitutionnels », attachés à la Charte, et les « ultras », hostiles à tout ce qui rappelle la Révolution. Ces derniers ont de plus en plus d'influence sur le roi, puis sur son successeur Charles X à partir de 1824. Charles X se fait sacrer à Reims, fait voter une loi punissant le sacrilège et indemnise les nobles émigrés de la Révolution.
Louis-Philippe, porté au pouvoir en 1830, est un roi de compromis. Il est issu de la famille royale, ce qui satisfait les conservateurs et les royalistes qui ne veulent pas d'une République. Mais son père a voté la mort de Louis XVI, lui-même était membre des Jacobins et a combattu pour la Révolution en 1792. Il vit assez bourgeoisement pendant la Restauration. Louis-Philippe prend le titre de « roi des Français » (soulignant ainsi le pouvoir du peuple), prête serment sur une Charte révisée (il ne peut plus suspendre les lois ni dissoudre la Chambre des députés). La censure est abrogée et le suffrage est élargi, doublant le nombre d'électeurs (qui ne représentent encore que 1,8 % de la population). Il est parfois qualifié de « roi citoyen ». La monarchie de Juillet est surtout favorable à la bourgeoisie aisée, favorisant la construction de voies ferrées et protégeant l'industrie contre la concurrence étrangère. La loi Guizot oblige les communes à ouvrir une école primaire gratuite pour les plus pauvres. Le travail des enfants de moins de 8 ans est interdit en 1841. Mais après un attentat raté contre le roi en 1835, la presse est à nouveau surveillée. Le roi, vieillissant, est de plus en plus critiqué. À cause d'une crise économique en 1846-1848, les conditions de vie des classes populaires se détériorent, les écarts de revenus augmentant considérablement. À partir de 1835, les rassemblements publics sont interdits.
La préservation des équilibres politiques entre puissances, la restauration des anciennes dynasties chassées par la Révolution (en Espagne, au Portugal).