Laïcité française et turque : Similitudes et différences
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Éléments de similitude entre la laïcité française et turque
- Volonté de réduire l’influence de la religion dans l’espace public.
- L’anticléricalisme. En France, il se traduit par une méfiance envers les congrégations religieuses (Jésuites). En Turquie, il s’agit de congrégations qui bénéficiaient d’une certaine autonomie. Les Derviches, un groupement religieux, seront combattus par Mustapha Kemal.
- L’importance accordée à l’éducation par la République française et son homologue turque. L'éducation s’est émancipée de la tutelle cléricale.
Vision de Mustapha Kemal sur l'éducation
Mustapha Kemal affirmait que l’éducation doit se baser sur la science et non sur la foi.
Différences fondamentales
- Rôle de l'État dans les affaires religieuses : C’est l’État qui est en charge de contrôler la bonne marche des affaires religieuses. Contrairement à la Loi de 1905, il n’y a pas de « séparation » totale des Églises et de l’État. La laïcité turque se rapproche du Concordat du début du XIXème siècle en France.
- Pluralisme politique : La France, lorsqu’elle légifère, est une démocratie pluraliste (avec plusieurs partis politiques). En Turquie, le pluralisme n’existe pas jusqu’à 1950, le pays étant autoritaire.
- Temporalité et processus : La laïcité française s'est établie sur un siècle et possède des « saints laïques ». Pour la Turquie, le processus fut rapide (1924-1928) et personnel, mené par Mustapha Kemal.
Contexte historique et influence française
La France a servi de modèle en raison des relations anciennes datant du début du XXème siècle. En 1908, le mouvement des Jeunes-Turcs prévoyait un déclin de l’Empire ottoman s’il n’y avait pas de modernisation.
Soutien d'Édouard Herriot
Édouard Herriot fut le principal soutien de Mustapha Kemal dans sa politique de réformes. Intellectuel et plusieurs fois ministre, il voyait dans la Turquie des réformes d’inspirations radicales.
Succession de Mustapha Kemal
Mustapha Kemal est mort en 1938. Il fut succédé par Ismet Inönü, son premier ministre et le deuxième pilier de cette Turquie moderne. Président pendant 12 ans, Inönü fut le continuateur de l’œuvre de Kemal et poursuivit son autoritarisme. La seule trace d’assouplissement fut la mise en place du multipartisme en 1950.
La transition vers l'ère Erdogan (depuis 2014)
Recep Tayyip Erdoğan est président depuis 2014. Comment est-on passé d’un régime qui voulait imposer une laïcité hermétique à un régime islamiste modéré ?
La vision de Kemal sur la religion et l'Islam
Bien que Kemal ait fait profession d’athéisme, il ne manifestait pas une hostilité totale à la religion. Il affirmait même que la religion est nécessaire au lien social : « Une nation sans religion est appelée à disparaître ». Il précisait cependant que la religion devait devenir une affaire individuelle, cantonnée à la sphère privée et exclue de l’espace public.
Critique de l'Islam par Kemal
Concernant l’Islam, Kemal estimait que la religion musulmane était marquée par la fixité et l’immobilité. Cet immobilisme témoignait, selon lui, de son inaptitude à la modernité.
La vision d'Erdogan et le Parti AKP
Recep Tayyip Erdoğan est président turc depuis 2014. Son parti, l’AKP (Parti de la Justice et du Développement), est conservateur. C’est grâce à ce parti qu’il a pu franchir les étapes pour arriver au pouvoir.
Réformes clés de la période kémaliste
- Transfert de la capitale (première réforme majeure).
- Imposition du calendrier occidental en 1926.
- Adoption de l’alphabet romain en 1928.
- Le dimanche devient jour chômé en 1935.