Laïcité Tunisienne : Bourguiba et l'Après Printemps Arabes
Classified in Histoire
Written at on français with a size of 4,13 KB.
La Laïcité Tunisienne de Bourguiba à l'Épreuve des Printemps Arabes
Différences entre Laïcité Turque et Tunisienne
Première différence entre laïcité turque et tunisienne :
- En Tunisie, il n'y a jamais eu la volonté de renoncer à l'Islam. Il n'y a pas eu de rupture radicale.
- En Turquie comme en Tunisie, il y a des réformes personnalistes, à chaque fois c'est un homme qui a porté les réformes. En Tunisie : Habib Bourguiba. Il y a un objectif commun.
Habib Bourguiba (1903-2000) : Le Père de la Tunisie Moderne
Habib Bourguiba, premier président tunisien, a mené la Tunisie à l'indépendance en mars 1956. Issu d'une famille bourgeoise partiellement ruinée par la colonisation, il a été encouragé à faire des études. Ali Bourguiba était persuadé que l'instruction pouvait permettre à ses enfants de s'élever dans la société. Grâce à son frère, il a pu faire des études. Il a obtenu son bac en 1924 et est parti à Paris pour suivre des études de droit, suivant également des cours à l'École Libre des Sciences Politiques. Il s'est forgé une conscience politique qui lui a permis de partager sa connaissance du débat politique de retour dans son pays. Il a intégré le Destour (créé en 1920).
En 1934, il quitte le Destour pour créer une nouvelle formation politique : le Néo-Destour. Il estimait que la ligne politique menée par le Destour était inefficace. Il avait pleinement conscience des retards de la société tunisienne, considérant que ses faiblesses structurelles, sociales et organisationnelles étaient responsables de la colonisation.
En 1938, il est incarcéré à Marseille, puis libéré en 1942 par les autorités allemandes, dont il refusa la collaboration. Il a fallu attendre le début des années 1950 pour que l'État français, en la personne de Pierre Mendès France, le considère comme un interlocuteur crédible.
1956 : Indépendance de la Tunisie.
L'Héritage de Bourguiba : Modernisation et Ambiguïtés
Les Tunisiens doivent à Bourguiba une volonté permanente de moderniser la société tunisienne.
L'article 1 de la Constitution tunisienne de 1959 peut amener à réfléchir à une possible ambiguïté, puisqu'il traite de la religion. La Constitution stipule également que le président doit être élu et musulman.
Bourguiba a supprimé les tribunaux religieux, les remplaçant par des tribunaux modernes. La source du droit, dans la Constitution, n'est pas religieuse. Cette Constitution de 1959 est moderne, prônant l'égalité, notamment vis-à-vis des femmes. Il a supprimé la polygamie, abrogé la répudiation et instauré le divorce judiciaire, ainsi que la liberté de mariage.
À la différence de Mustapha Kemal, les réformes n'ont pas été introduites en bloc, mais progressivement, afin de ne pas heurter la mentalité tunisienne.
- 1958 : Suppression du mariage traditionnel.
- Autorisation et légalisation de l'adoption.
- Réforme du droit successoral.
Réformes Sociales et Droits des Femmes
1981: Bourguiba établit le principe d'une compensation financière en cas de divorce, particulièrement en cas de divorce à la seule volonté du mari.
La dernière réforme est celle de Ben Ali en 1993. Ben Ali a prolongé les réformes concernant la place de la femme dans la société tunisienne, supprimant notamment le devoir d'obéissance.
Autres Réformes (Économiques et Éducation)
- Domaine économique : Suppression des biens de mainmorte (un quart des terres qui ne pouvaient pas être cédées), afin de redistribuer les terres.
L'Après Bourguiba et la Constitution de 2014
En 2011, Ben Ali quitte le pouvoir. La Tunisie s'est ensuite dotée d'une nouvelle Constitution, aboutissant en 2014 à un texte de compromis où la laïcité demeure présente. Le nouveau président, Béji Caïd Essebsi, avait 90 ans en 2016.