La légitimité de l'État et les démocraties représentatives

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IV. La légitimité de l'État

La nécessité d'établir des mécanismes de légitimation du pouvoir est particulièrement importante lorsque l'on tente d'expliquer dans quelles conditions les citoyens doivent respecter les lois et se soumettre à l'État. Lorsqu'une autorité est habilitée à exercer le pouvoir, et que nous reconnaissons ce droit, on dit que le pouvoir est légitimé. Selon Max Weber, il existe trois formes de légitimation du pouvoir :

Traditionnelle

Traditionnelle. Elles font appel à la tradition pour justifier le pouvoir que certaines familles ou dynasties ont exercé depuis longtemps. Il est basé sur la croyance en un droit héréditaire ou divin. Par manque de rationalité, il est difficile de présenter beaucoup d'arguments en sa faveur plutôt que contre :

Exemples : monarchies héréditaires ou empires classiques qui ont existé dans l'histoire.

Charismatique

Charismatique. Le pouvoir est légitimé par le charisme, une sorte de don que possèdent certaines personnes, et qui leur permet d'attirer et de mobiliser la population. La légitimité charismatique se distingue de la légitimité traditionnelle car elle est considérée comme personnelle et non héréditaire. Les exemples incluent la montée des régimes fascistes et l'émergence de leaders comme Hitler ou Franco; des modèles tels que le leader révolutionnaire Che Guevara et Gandhi. Des leaders charismatiques peuvent apparaître comme Staline ou des personnalités religieuses comme le pape.

Rationnelle-légale (bureaucratique)

Rationnelle-légale (bureaucratique). Le pouvoir est légitimé par le recours à la loi. Les procédures bureaucratiques et juridiques confèrent un pouvoir en vertu de la loi et transforment les processus démocratiques. Un État a un pouvoir légitime car il résulte d'un accord ou d'un arrangement raisonnable acceptable pour le public. On peut établir des mécanismes d'argumentation rationnelle : les démocraties, par exemple.

Ces formes de légitimité ne sont jamais pures. Certains analystes critiquent la tendance à renforcer l'élément charismatique dans le processus de sélection des dirigeants. Le danger est le remplacement de l'élément rationnel du débat politique par l'élément charismatique des leaders.

V. Les démocraties représentatives

Après la Deuxième Guerre mondiale, des régimes démocratiques ont été introduits en Europe. Ce type de gouvernement est fondé sur la reconnaissance du suffrage universel, avec un parlement et l'articulation de l'activité politique par les partis politiques. Il établit la figure d'un intermédiaire entre la population, qui n'est pas directement impliquée dans les tâches politiques, et le gouvernement d'une nation. Les mécanismes d'intermédiation sont définis comme « des formes de représentation » des citoyens. Ces formes de représentation doivent également être considérées comme des structures d'État et comme une configuration à double rendement : elles possèdent leurs caractéristiques propres. La participation politique des citoyens s'inscrit dans un modèle à différents niveaux, selon leurs responsabilités et les tâches qui leur sont assignées.

Pour le premier niveau, la population : l'activité politique est limitée au vote. Temps, options, contenu, personnalités... sont déterminés par l'appareil institutionnel auquel les électeurs n'ont pas accès. Le droit de vote est un droit de choix parmi des options préétablies pour ceux qui ne peuvent exercer qu'un contrôle indirect.

Le deuxième niveau concerne les structures du parti. Les membres actifs des partis sont responsables de l'analyse, du profilage, de la décision et de la mise en avant des différentes options présentées par leur groupe ou leur courant idéologique. Cela implique une variété de questions allant des attentes électorales du groupe aux éléments culturels qui façonnent leur point de vue social ou idéologique. Les relations entre ces membres sont hiérarchisées et, dans de nombreux cas, régies par des groupes d'intérêt.

Le troisième niveau concerne les pouvoirs de l'État, dont les fonctions et les postes sont occupés par des membres du parti vainqueur aux élections ; ils administrent au nom de tous et cherchent à se perpétuer au pouvoir.

Les relations entre les partis dans les États démocratiques sont de nature concurrentielle. La vie politique est parfois plus proche du comportement d'un consommateur de biens que de celui d'un citoyen engagé dans un projet social.

Les conséquences d'un modèle qui fonctionne en pratique comme un système d'élite sont :

  1. Le fait que l'intervention politique soit réduite à un seul acte (le vote) signifie que les citoyens sont réduits à des atomes sociaux dont le choix se limite à répondre par OUI / NON à des options restreintes qui se présentent à eux.
  2. Leurs pouvoirs sont réduits parce que les affaires publiques sont confiées à des spécialistes, dans des domaines réservés aux structures du parti et aux bureaux techniques consultatifs.
  3. Dans la dynamique de la démocratie, les partis se détachent de leur base sociale et deviennent l'appareil politique de l'État. Ils fonctionnent comme représentants des citoyens et symbolisent des choix politiques, mais ils agissent souvent comme des organismes d'État.

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