Limites de l'Efficacité des Normes dans le Temps : Rétroactivité et Non-Rétroactivité
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) Limites de l'Efficacité des Normes en Relation avec le Temps : Rétroactivité et Non-Rétroactivité
Appréciation de la Constitution et du Code Civil
L'application des règles juridiques obligatoires dans le temps est marquée par deux aspects principaux :
- Leur entrée en vigueur.
- Leur cessation de validité.
Entrée en Vigueur de la Loi
Les lois entrent en vigueur dès leur publication, selon les modalités établies, qu'elles soient expresses ou implicites. Si aucune date n'est fixée, s'applique l'article 2 du Code Civil (CC) :
« Les lois entrent en vigueur 20 jours après leur complète publication au Journal officiel, sauf si elles en disposent autrement. »
L'entrée en vigueur présente généralement deux caractéristiques :
- Elle est simultanée dans tout le pays, sauf si des dates différentes sont prévues pour l'entrée en vigueur dans diverses localités, en fonction de leur éloignement de la date de la première publication (application séquentielle).
- Il y a, en règle générale, un risque immédiat reporté de 20 jours plus tard, afin de permettre une meilleure compréhension et préparation à la mise en œuvre.
Cessation de la Validité des Lois
Les lois cessent de prendre effet dans quatre situations :
- Lorsque la loi elle-même a fixé une période de vie qui est écoulée, ou lorsqu'elle était liée à un certain ordre ou état de choses qui prend fin ou disparaît.
- Par abrogation expresse : lorsque le législateur dit explicitement que telle ou telle loi perd sa force obligatoire.
- Par abrogation implicite : si une loi postérieure est incompatible avec la précédente. Cette incompatibilité peut être :
- A) Les règlements sont contradictoires.
- B) Les règles prévues dans la seconde loi absorbent la première.
- Lorsqu'une loi ultérieure, même sans être incompatible ou sans abroger expressément, suggère clairement l'abrogation des dispositions de la loi précédente.
Attention : L'abrogation d'une loi ultérieure n'entraîne pas le retour à l'effet de l'ancienne loi. L'article 2 du CC stipule :
« La simple abrogation d'une loi ne récupère pas l'effet qu'elle avait abrogé. »
La loi qui reprend vigueur à laquelle il fut bientôt abrogé est appelée loi réparatrice.
Il est important de noter qu'aucune loi ne peut être abrogée par la coutume, par la désuétude, ou par le simple fait de faire le contraire, mais uniquement par un principe général du droit accueilli dans une loi ou une loi ultérieure. On admet donc implicitement que la loi nouvelle remplace l'autre.
Valeur des Règles Abrogées
En dehors de leur aspect purement historique et de leur rôle d'élément d'interprétation des nouvelles règles, les lois abrogées conservent une certaine force réglementaire lorsque, en règle générale, elles sont remplacées par une autre loi qui, sur les relations créées en vertu de la première, ne sont pas entièrement soumises à sa nouvelle réglementation.
Physiquement, la règle abrogée continue de régir la relation, non pas parce qu'elle est elle-même une loi, mais parce que c'est le règlement auquel la nouvelle loi se réfère implicitement ou explicitement.
Rétroactivité et Non-Rétroactivité de la Législation
L'abrogation de l'ancienne loi peut être rétroactive, c'est-à-dire qu'elle n'abroge pas seulement à partir de maintenant, mais qu'elle est censée n'avoir jamais été en vigueur. L'abrogation rétroactive a pour effet de faire remonter ses effets au moment où la loi abrogée a commencé à produire des effets.
La rétroactivité et la non-rétroactivité concernent les droits acquis. Les conflits qui peuvent surgir sont résolus par des règles de transition qui marquent la frontière entre les points qui doivent être régis par l'ancienne règle et ceux qui doivent se conformer à la nouvelle. Dans notre droit positif, à chaque fois qu'une ancienne loi doit être remplacée par une nouvelle, le changement de réglementation et le champ d'application de la loi nouvellement promulguée sont établis, explicitement ou implicitement.
Non-Rétroactivité : Constitution et Code Civil
Si la nouvelle loi n'en dispose pas autrement, elle ne doit pas être rétroactive, car le principe de non-rétroactivité est établi comme base :
- Constitution : Elle garantit cet ensemble de propositions en stipulant que les sanctions ne sont pas rétroactives ni restrictives des droits individuels (Art. 9.3 CE).
- Code Civil : Bien que n'ayant rien de spécifique sur la rétroactivité, on en déduit la notion dans les règles transitoires, compte tenu de l'entrée en vigueur du CC. Elles indiquent qu'en principe, la nouvelle loi ne s'applique pas aux relations créées en vertu de l'ancienne.
Cela ne signifie pas que le retour en arrière n'est pas raisonnable dans certains cas. C'est au législateur de la nouvelle loi d'évaluer cette valeur et de se prononcer, car, comme nous l'avons dit, la loi est IRRETROACTIVE, le principe de la prime étant dans notre droit positif, à commencer par la Constitution (art. 9.3).
Conclusion sur la Rétroactivité
Bien que le principe soit la non-rétroactivité, les règles peuvent recevoir une application rétroactive si le législateur le prévoit, et ce, à des degrés divers :
- Degré Minimum de Rétroactivité : Lorsque la nouvelle loi s'applique uniquement aux effets de la relation créée en vertu de l'ancienne, qui se produisent après l'entrée en vigueur de l'ancienne loi.
- Degré Moyen de Rétroactivité : Lorsque la nouvelle loi s'applique aux effets des rapports juridiques qui ont été produits avant son émission, mais qui n'ont pas encore été consommés.
- Degré Maximum de Rétroactivité : Lorsque la nouvelle loi permet même de remettre en cause les effets produits et consommés sous l'ancienne loi, en les annulant tels qu'ils avaient été produits, et en les refaisant selon le sens de la nouvelle loi.