Littérature baroque et classicisme au XVIIe siècle

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Littérature baroque et classicisme

À la fin du XVIe siècle, la France sort déchirée par les guerres de Religion et souhaite l’instauration de l’ordre : Henri IV, Louis XIII et son ministre Richelieu s’attachent à renforcer le pouvoir politique, qui s’épanouit avec Louis XIV et l’absolutisme.

La création littéraire du baroque

Le XVIIe siècle est marqué en littérature par deux courants importants : le mouvement baroque et le classicisme. Le baroque et le classicisme coexistent et peuvent être compris chez un même auteur. L'héritage humaniste a aussi donné naissance à un mouvement très controversé mais dont l'influence sera importante : le libertinage. Ces deux courants esthétiques, avec leurs tendances opposées, sont à certains égards contradictoires : traduction privilégiée des émotions et déploiement parfois débridé de l'imaginaire dans le cas du baroque ; priorité à la raison et à la mesure dans les œuvres marquées par le classicisme. Néanmoins, il est parfois difficile d'établir une frontière nette entre les deux mouvements. Référence au passé classique humaniste.

La poésie baroque

Dans le baroque nous trouvons deux esthétiques qui coexistent au cours du siècle : le courant baroque, qui prédomine jusque vers les années 1660, et l’esthétique classique qui s’impose peu à peu. Les premiers représentants de la poésie baroque sont notamment Guillaume de Salluste, seigneur du Bartas (1544-1590), qui imite les procédés des poètes de la Pléiade en ce qui concerne le lexique poétique et la formation de mots nouveaux sur le patron des Anciens. Mais il prend les sujets de ses vastes poèmes dans la Bible. Et Malherbe :

Le rôle de Malherbe, du baroque au classicisme

Malherbe illustre la diversité littéraire qui caractérise cette époque : dans ses premières œuvres il penche vers le baroque, puis il est gagné par une conception plus rigoureuse de la poésie et élabore une doctrine qui annonce le classicisme. Cette poésie assume l’expression des sentiments de la collectivité ; elle sublime les lieux communs dans une forme sacralisée, issue directement du cantique religieux, d’où dérivent les Odes et les Stances. L’amplitude du mouvement et la sonorité des vers haussent l’expression du remords au niveau d’une solennelle lamentation ; on peut qualifier son œuvre de « grand lyrisme » pour ses « Consolations » et pour le développement des thèmes funèbres dans les Psaumes.

Ses œuvres : « Consolation à M. du Périer », « Prière pour le roi allant en Limousin », « Commentaires sur Desportes ». Il épure la langue, la débarrasse des mots rares, des termes techniques et des régionalismes, et discipline sévèrement la technique poétique. La doctrine de Malherbe apporte « une critique des défauts », non pas une « critique des beautés ». C'est une série d'interdictions et de préceptes concernant la langue et la versification : la poésie devient parfois une sorte de « jeu de société ».

Mathurin Régnier : le satirique du baroque

Le mérite de Régnier est d'avoir élevé la satire au niveau d'un genre littéraire. Dans la « Satire à Rapin » il s'oppose aux nouveautés de Malherbe qu'il juge contraires à toute véritable poésie. « Le Souper ridicule » (X) et « Macette » (XIII), portrait réaliste d'une fausse dévote, comptent parmi ses pièces les plus célèbres. Régnier reste, en somme, fidèle à la tradition humaniste et à l'individualisme esthétique de la Renaissance.

Théophile de Viau, libertin lyrique du baroque

Né près d’Agen, Théophile de Viau mène une vie libertine et dissolue. Il est emprisonné pour avoir écrit des vers impies. En dehors de la tragédie Pyrame et Thisbé (1617), très lyrique, il écrit des œuvres poétiques où il se montre un poète indépendant, suivant sa propre nature et traduisant franchement les émotions fugitives ou profondes qu'éveillait en lui la vie : enjoué, élégiaque, discrètement harmonieux.

Saint-Amant, aventurier et poète

Il fut l'un des premiers membres de l'Académie française. Son premier poème est dans le genre sentimental. Odes poétiques : quatre recueils à l’inspiration variée. Poète baroque, il décrit la nature dans sa diversité et son caractère éphémère ; poète précieux, il chante l’amour et ses subtilités ; poète burlesque, il évoque avec humour les réalités de la vie quotidienne.

Paul Scarron et le courant burlesque

D’inspiration baroque, le burlesque désigne un mode d’écriture très en vogue à l’époque de la régence d’Anne d’Autriche et de la Fronde. Il cultive l’art de la discordance et joue sur les effets d’opposition : tantôt il met en scène un grand personnage auquel il prête un langage vulgaire ; tantôt, à l’inverse, il prête à des petites gens le langage des héros. L’exemple le plus célèbre en sera Le Lutrin de Boileau.

Issu de la bourgeoisie parlementaire parisienne, Scarron entre dans les ordres pour s’assurer des revenus et mène une vie de libertin. Malade et paralysé, en butte à des perpétuels soucis d’argent, il prend néanmoins le parti de rire de ses malheurs. Ses œuvres : Le Virgile travesti (1648-1652) : une parodie burlesque de l’Énéide de Virgile. Les héros sublimes de cette épopée deviennent des bourgeois grotesques.

Le classicisme

Le classicisme correspond à la période de la littérature et de l'art français qui s'étend de 1661 à 1685, ce qui correspond à la toute-puissance de la monarchie absolue. Le terme « classique » est pour la première fois utilisé par Stendhal au XIXe siècle pour désigner les œuvres du XVIIe siècle qui s’inspirent de l’art antique. Le classicisme est un humanisme qui s’applique à l’analyse et à la peinture de l’homme en se référant à l’enseignement des Anciens, mais il a des valeurs propres et strictes : la discipline, l’ordre et la régularité.

Les précurseurs et la recherche de règles

En 1635, Richelieu fonde l'Académie française, dont les quarante membres sont chargés d'introduire l'ordre dans la langue et dans la littérature par le moyen d'un dictionnaire, d'une grammaire et d'une poétique. Les Remarques sur la langue française de Vaugelas codifient le bon langage et prônent la clarté fondée sur la raison.

Une vision esthétique et morale : cette communauté de goût, qui aboutit au remarquable essor de la prose et de la poésie françaises, s'exprime dans quelques grands principes qui fixent les caractères généraux du classicisme. Boileau s'en fait l'écho en 1674 dans son Art poétique.

  • L'imitation des Anciens : tous les écrivains classiques prônent l'imitation des thèmes abordés par les écrivains de l'Antiquité gréco-latine.
  • La maîtrise de la nature et de l'âme : aucune envolée de l'imagination, nul dérèglement, nulle fabulation recherchés ; on privilégie « une action simple chargée de peu de matière ».
  • Les valeurs : ordre et clarté, équilibre et perfection, analyse et vérité, raison et vraisemblance.

La recherche du beau absolu et du bien. Enfin, cette discipline et cette éloquence sont inséparables de la certitude qu'il existe un beau absolu. Cette ascèse se propose un autre but : rendre l'homme meilleur.

L’idéal classique

Le classicisme implique dépouillement et humilité, harmonie et discipline, ordre et permanence : un ordre radical de l’œuvre dans ce qu’elle a de plus intime.

La poésie classique

Il y a deux représentants parmi les plus importants : Jean de La Fontaine, maître de la fable, et Nicolas Boileau, théoricien du classicisme. Fables : livres I à VI dédiés au Dauphin, fils de Louis XIV ; livres VII à XI dédiés à Mme de Montespan ; livre XII dédié au jeune duc de Bourgogne, élève de Fénelon.

Boileau et L'Art poétique : ses œuvres sont une codification des principes de l’art classique, fondés sur des exigences de travail, de rigueur et de clarté. Dans cette œuvre on peut voir clairement les préceptes de sa doctrine. Ses Satires s'attaquent aux vices et aux ridicules de son temps : ils se moquent des mauvais poètes, attaquent les mœurs de la ville et les défauts de ses contemporains. Le Lutrin : des chanoines se querellent au sujet d’un lutrin : un événement banal traité sur un mode pompeux. Il s’agit d’une œuvre didactique et satirique placée sous le signe de la raison.

Le roman baroque et le courant précieux

La préciosité se développe dans les hôtels aristocratiques et les salons. Elle procède d’un désir de s’élever au-dessus du vulgaire et se traduit par une recherche affectée de la distinction dans les manières, les sentiments et le langage. Face à la préciosité de bon aloi, qui consiste à rechercher la distinction, il existe une préciosité qui se rend ridicule par son exubérance ; c’est celle dont se moque Molière. Malgré ses excès, la préciosité a contribué à forger la langue classique dans sa volonté d’épurer le langage ; elle a orienté la littérature vers l’analyse du cœur humain, ouvrant ainsi la voie à la psychologie classique.

Honoré d'Urfé, maître du roman pastoral

À dix-sept ans, d'Urfé tombe amoureux de sa belle-sœur, Diane de Châteaumorand. Fervent catholique, il s’engage dans les guerres de Religion. En 1600, alors que son frère se consacre à la vie religieuse, il peut épouser celle qu’il aime. Il compose Sirène, un poème pastoral publié en 1604, qui est une allégorie de ses amours, et des Épîtres nouvelles (1598, 1603, 1608), où d'Urfé développe, dans une prose à la fois érudite et encombrée, une théorie platonicienne de l'amour.

Ses œuvres : L'Astrée : 5 000 pages contant, dans un décor bucolique, les aventures du berger Céladon et de la bergère Astrée, épris l’un de l’autre mais issus de familles ennemies. On le considère comme le premier roman-fleuve de la littérature française. Une structure romanesque complexe, riche d’intrigues secondaires ; une peinture subtile du sentiment amoureux ; une conception de l’amour qui repose sur le mérite et les valeurs morales.

Madeleine de Scudéry, précieuse illustre

Elle tient un salon littéraire à Paris qui devient bientôt le haut lieu de la préciosité. Militante féministe, elle revendique pour les femmes l’accès à l’instruction et refuse le mariage. Son attachement pour son frère, écrivain lui aussi, la console des désillusions amoureuses.

Ses œuvres : Le Grand Cyrus : Cyrus est amoureux de la belle Mandane qui lui est plusieurs fois enlevée ; il se livre à des poursuites et à des combats incessants pour la retrouver. Clélie : œuvre en dix volumes contenant la fameuse carte du Tendre ; celle-ci reproduit l’itinéraire symbolique suivi par l’amant, qui doit éviter le lac d’Indifférence pour gagner le village de Tendresse ou de Sincérité.

Oeuvre multiple et foisonnante. La Correspondance de Mme de Sévigné est une œuvre-clef pour la connaissance du XVIIe siècle dans son esprit et du fait littéraire dans ce qu’il a de plus élémentaire : la communication par lettres. De cette possible métamorphose de la vie en art, l’auteur eut une conscience obscure mais réelle.

La tradition burlesque : Paul Scarron

Ex-abbé galant devenu libertin parisien et difforme, Scarron cultive le genre burlesque. Proche de la Fronde, puis protégé de Fouquet, enfin époux de Françoise d'Aubigné – future marquise de Maintenon, épouse morganatique de Louis XIV –, il accumule les déconvenues. Mais il a la réputation de faire face par le rire et la dérision.

Ses œuvres : Le Roman comique : il utilise le style burlesque pour jouer de l'opposition entre le haut et le bas, les réalités sordides, le registre populaire et la dignité que ses personnages veulent conserver. Le roman est composé en deux parties : l'une est dédiée « au coadjuteur », le cardinal de Retz, frondeur magnifique ; l'autre à la « surintendante », l'épouse de Fouquet, dernier grand mécène privé et futur exilé. L'ensemble est inachevé, l'auteur étant mort sans avoir conclu son histoire. L'argument est simple : une troupe de comédiens, qui rêve de jouer fièrement la tragédie, se trouve prise dans des accidents sordides. Le roman est donc doublement comique : divertissant, il a aussi rapport à la comédie, ce qui lui permet d'être à la fois irrespectueux, réaliste et novateur.

Madame de La Fayette et le roman classique

Le roman est sans doute le genre qui s’est le plus développé au XVIIe siècle. Les caractères du roman à l’époque classique rejoignent les grandes lignes de l’esthétique qui triomphe au théâtre, mais ils ont aussi pour grand mérite de préparer l’essor incomparable du genre pendant les siècles suivants, de Marivaux à Balzac.

Une nouvelle esthétique, le déclin des romans héroïques : la recherche d’un réalisme plus net va d’abord s’affirmer par l’adoption d’une forme plus courte : la nouvelle. De plus, les valeurs héroïques avaient été combattues aussi bien par la politique d’ensemble de Louis XIV que par l’invention d’un nouveau réalisme. Dans la génération classique, le réel n’est plus réduit à son aspect outrancier et ridicule : il devient sérieux, car il est inspiré de la vérité historique. La nouvelle, qui, comme son nom l’indique, tient plus de la chronique véritable que de la fiction, confirme cette recherche de réalisme.

La véritable réflexion théorique va naître des débats suscités par La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette (1634-1693), qui demeure un roman d’amour ancré dans un contexte historique précis. Le goût des genres mondains : en présentant la fiction comme un document brut, découvert par hasard et simplement publié, le romancier joue subtilement avec le réel : on a ainsi cru pendant longtemps que les Lettres portugaises (1669) de Guilleragues (1628-1685) étaient authentiques.

La Princesse de Clèves, roman d'amour et d'histoire

La Princesse de Clèves, roman bref en quatre parties, raconte l’amour impossible d’une jeune femme mariée et fidèle pour un gentilhomme, à l’époque du roi Henri II (1547-1559). On y retrouve la psychologie élaborée par les romans héroïques et précieux. Les éléments traditionnels du roman sont présents : lorsque la princesse, après une brève retraite à Coulommiers, revient à Paris, elle se voit dérober un portrait d’elle par le duc, dont elle est toujours amoureuse. De même, c’est une lettre galante, échappée accidentellement au duc, qui lui fait subir les affres de la jalousie.

Un roman classique : il a marqué son temps, ne serait-ce que par le scandale provoqué par la scène de l’aveu. Héritière du langage précieux, dont elle connaît toutes les finesses, Madame de La Fayette a su en faire ressortir toute la force en atténuant tous les excès. L’autre point de rupture avec la tradition galante du roman est le choix d’une intrigue fondée sur une histoire simple, même si Madame de La Fayette ne perd jamais de vue certains codes du genre.

L'art épistolaire

Plusieurs circonstances sont nécessaires pour qu’une correspondance soit pieusement conservée et publiée : il faut que l’auteur ait occupé une place assez importante dans la société de son temps, et que ses lettres puissent servir en quelque sorte à compléter l’histoire et les mémoires ; il faut aussi que l’auteur y ait mêlé des sentiments si vifs et si profonds qu’à l’intérêt du document historique se joigne la valeur du document humain.

Madame de Sévigné, une plume alerte

Cette séparation fut douloureuse : Mme de Sévigné idolâtrait sa fille. Et nous devons à cette circonstance et à ce sentiment, un peu outré, la plus grande et la plus vivante partie des lettres de la marquise. Ses œuvres : « Les Lettres » sont à la fois des lettres et une œuvre d'art. D'abord des lettres : celles qu'une mère écrit à sa fille absente pour lui dire son amour, ses espoirs, ses lectures, ses rencontres, les nouvelles qu'elle vient de glaner, et pour recevoir à son tour de l'enfant chérie des lettres auxquelles elle s'empressera de répondre afin d'entretenir le dialogue indispensable à son cœur. Les Lettres sont parfois un monologue. Elles constituent le recueil épistolaire le plus considérable et le plus parfait du XVIIe siècle. Elles sont d'abord un document d'histoire de premier ordre : non pas tant pour le détail matériel et chronologique des faits que pour l'expression de la vie et des mœurs d'une société de ce siècle.

La littérature des idées et la pensée philosophique

René Descartes : le triomphe de la raison

René Descartes élabore une nouvelle méthode de connaissance fondée sur la raison, qui, seule, permet à l’homme de parvenir avec une parfaite certitude aux plus hautes vérités. Le fameux Cogito, ergo sum (« Je pense, donc je suis ») fait de la pensée le principe de l’existence.

Blaise Pascal, un « effrayant génie »

Ses œuvres : Les Provinciales (1656-1657) : Pascal défend la cause janséniste et dénonce la morale relâchée des Jésuites. Les Pensées (1669-1670) : recueillies après sa mort, elles constituent principalement une apologétique, c'est-à-dire une défense de la religion chrétienne contre les sceptiques et les libres penseurs.

Moralistes et témoins du siècle

Le XVIIe siècle voit l'émergence d'une littérature morale et d'observation, souvent sous forme de maximes, essais et mémoires, qui témoigne de la réflexion sur la nature humaine et la société.

François de La Rochefoucauld : le maître de la maxime

Issu de la haute noblesse et déçu par la monarchie, il se range, durant la Fronde, du côté des rebelles. Les Maximes (1664) sont à l’origine un jeu de salon : il s’agit de trouver des réflexions piquantes et brillantes pour exprimer une vérité générale. La Rochefoucauld se montre pessimiste quant à la nature humaine : selon lui, l’amour-propre est le principe fondamental du comportement humain.

Le cardinal de Retz : un esprit indépendant

Mémoires (publiés en 1711) : en restituant l’atmosphère de cette période agitée, Retz se montre un portraitiste féroce, se dépeignant lui-même avec une franchise cynique. L’expression est spontanée, la verve savoureuse.

Jean de La Bruyère : la satire sociale

Les Caractères et Mœurs de ce siècle publiés en 1688 : l'auteur propose un ouvrage original, entièrement porté à décrire, satiriser, juger et mettre en débat les grands sujets du temps, tout en respectant la propension du genre à parler des valeurs universelles. Devant le succès rencontré, La Bruyère ajoute de nombreux textes originaux, interpole les fragments, si bien que les éditions se succèdent jusqu'en 1694. L'édition finale est composée de seize chapitres. À l'intérieur de chacun d'eux, les fragments sont numérotés. Son projet et son esthétique insistent, dans la deuxième partie, sur la vertu individuelle des hommes et des héros.

La littérature religieuse : deux auteurs

Jacques-Bénigne Bossuet, l’éloquence religieuse

Précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV, évêque de Meaux, Bossuet prêche de nombreux sermons cherchant à toucher les âmes. Il prononce des « Oraisons funèbres » à l’occasion de la mort de personnages célèbres : celles d’Henriette de France (1669), d’Henriette d’Angleterre (1670), de Condé (1687). Il souligne la vanité des choses de ce monde. Son éloquence est simple et ferme : il frappe les imaginations par la puissance des images poétiques.

François de La Mothe-Fénelon, un précurseur des philosophes

Ordonné prêtre, Fénelon devient précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, puis est nommé archevêque de Cambrai. Il compose Les Aventures de Télémaque et des études préparatoires à l'explication des maximes des saints durant les conférences d'Issy. Il est élu à l'Académie française le 7 mars 1693 et nommé à l'archevêché de Cambrai le 4 février 1695. Télémaque serait donc écrit durant l'année 1694, alors que le duc de Bourgogne a douze ans, et que le roi, malade, remarié secrètement avec Mme de Maintenon en 1683, âgé de cinquante-six ans, règne depuis trente-trois ans.

Télémaque : ce texte est conçu comme une insertion dans le récit de l'Odyssée : Télémaque, fils d'Ulysse, part à la recherche de son père et le retrouve à son retour, à Ithaque. L'itinéraire du héros forme la matière de vingt-quatre livres (ce découpage date de 1717) qui exploitent autant de thèmes esthétiques, moraux, politiques et religieux. Télémaque est guidé par Mentor, l'ami de son père, qui se révèlera être Minerve, bonne fée et déesse de la raison athénienne.

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