La Loi de Séparation des Églises et de l'État (1905)
Classé dans Histoire
Écrit le en
français avec une taille de 4,07 KB
La Loi sur les Associations de 1901
La loi sur les associations de 1901, portée par Pierre Waldeck-Rousseau, légalise le droit de créer une association. Dans un premier temps, les partis politiques en profitent. Les congrégations religieuses reviennent dans les années 1990.
Waldeck-Rousseau est écarté en 1902 par Émile Combes, qui arrive au pouvoir à la tête d’un gouvernement d’union des gauches. Il fait appliquer la loi de 1901 avec une rigueur que Waldeck-Rousseau dénonce en vain. Combes déclare : « Toutes les congrégations qui n’auront pas eu l’agrément seront expulsées. » L’expulsion relance une guerre religieuse entre cléricaux et anticléricaux.
Incident Diplomatique et Rupture avec le Vatican (Avril-Juillet 1904)
En avril 1904, le paroxysme de ces tensions est atteint lors d’un « incident diplomatique ». Le roi d’Italie invite le président de la République française, Émile Loubet (1838-1929). Le Vatican ne voit pas cette visite d’un bon œil. Un cri se fait entendre parmi la foule : « Vive la France anticléricale ! », ce qui suscite la colère du Vatican qui adresse une note secrète aux différents gouvernements européens catholiques. Le journal L'Humanité récupère cette note.
À la lecture de cette note, le gouvernement français exige des excuses publiques de la part du Vatican, ce que ce dernier refuse. Le Pape Pie X succède à Léon XIII. Fin juillet 1904, l'incident diplomatique aboutit à une rupture entre la France et le Vatican. Le Nonce Apostolique quitte la France.
Projet de Séparation de l'Église et de l'État
Le gouvernement Rouvier porte la loi de séparation. Le rapporteur du projet est Aristide Briand, grande figure politique de la Troisième République, qui fut :
- 11 fois président du Conseil (Premier ministre)
- 20 fois ministre
- Lauréat du Prix Nobel de la paix
Débats Parlementaires et Adoption de la Loi
En mars 1905, Briand présente son projet de loi à l'Assemblée. Le débat est passionné : entre mars et le 9 décembre 1905, il y aura 48 séances parlementaires. Certains parlementaires proposent des contre-projets :
- Le premier, présenté par l'abbé Gayraud.
- Un autre par un député d’extrême gauche, Maurice Allard (athée), qui souhaite une France sans Dieu.
- Un autre par le député de Vendée Léon Armand, royaliste, clérical et antisémite.
La loi est adoptée : 341 voix contre 233 à la Chambre et 181 contre 102 au Sénat.
Conséquences de la Loi de 1905
Cette loi impose la stricte neutralité confessionnelle (religieuse) et la séparation des Églises et de l'État (concernant le culte catholique, protestant et israélite). Elle s'inscrit dans une réalité historique, étant le fruit d'un affrontement idéologique majeur.
L'Affaire des Fiches (1904)
En 1904, l'affaire des fiches révèle la méfiance des républicains envers les militaires. Les officiers sont fichés afin de vérifier ceux qui fréquentent la messe.
Le Deuxième Procès Dreyfus
Le colonel Picquart, dreyfusard, est persuadé de l'innocence d'Alfred Dreyfus et apporte des éléments lors de ce deuxième procès pour prouver son innocence.
Le tribunal condamne Dreyfus une nouvelle fois, probablement pour éviter de reconnaître ses torts. Preuve des doutes : la sanction est réduite par rapport à la première instance.
Cette France antidreyfusarde est marquée par la presse catholique. « La Croix » se réclame être le journal le plus antisémite de France.
Fin de l'Affaire
1906 : Fin de l'affaire.