Louis Aragon : Vie et Œuvre d'un Poète Engagé
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Louis Aragon (1897-1982)
Jeunesse et Formation (1897-1918)
Enfant illégitime, Louis Aragon avait pour père un fonctionnaire important de la IIIe République qui ne l'a pas reconnu. Il fut élevé par sa mère, d'origine modeste, qui tenait une pension de famille à Paris. Intelligent, voire brillant, il était passionné de lecture.
En 1916, il entreprend des études de médecine, tout comme son ami André Breton. Tous deux suivent des cours à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. En 1918, pendant la Première Guerre mondiale, il est envoyé au front et obtient la Croix de guerre (il obtiendra diverses décorations au cours de sa vie).
Du Surréalisme à l'Engagement Communiste (1919-1939)
En 1919, Aragon participe avec Breton à la fondation de la revue Littérature. Il rejoint le mouvement surréaliste et, à partir de 1918, il se consacre aux expériences de l’écriture automatique (inspirée de la psychanalyse freudienne), qu'il applique à différents textes (comme Les Aventures de Télémaque en 1921) et sur différents thèmes. Aragon rédige également un manifeste du surréalisme, précédant celui, plus célèbre, que son ami Breton publiera en 1924.
En 1926, il publie le texte en prose Le Paysan de Paris. En 1927, avec Breton et Éluard, Aragon adhère au Parti communiste. (Pour ces écrivains, surréalisme et engagement politique sont liés).
Il traverse aussi une période de découragement suite à un échec amoureux, mais la rencontre d'Elsa Triolet (écrivaine d'origine russe qui deviendra sa muse et sa compagne pour la vie) lui redonne confiance. Elle l'encourage à visiter l'URSS, où il participe à la Conférence des écrivains révolutionnaires. Lors de cette conférence, certains principes surréalistes sont condamnés, notamment le recours à la psychanalyse et à l'écriture automatique.
À un moment donné, Aragon finit par s'éloigner du groupe surréaliste et, sous l'influence d'Elsa, il revient au genre romanesque, genre que les surréalistes rejetaient au profit de la poésie. Il publie alors les romans Les Cloches de Bâle (1934) et Les Beaux Quartiers (1936).
Également journaliste, il est nommé en 1937 codirecteur du quotidien communiste L’Humanité.
La Seconde Guerre Mondiale et la Résistance (1939-1945)
Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est à nouveau mobilisé comme médecin auxiliaire (participant ainsi aux deux guerres mondiales) et envoyé au front. Son courage lui vaut une deuxième décoration, la Médaille militaire. Sous l'Occupation allemande, il entre dans la Résistance et écrit des poèmes clandestins, dont le célèbre Les Yeux d’Elsa.
L'Après-Guerre : Œuvres Majeures et Engagement Continu
En 1945 paraît le recueil de poèmes La Diane française. Il publie également le recueil Le Roman inachevé en 1956 (malgré son titre, ce n'est pas un roman).
En 1951, il publie le vaste roman Les Communistes. En 1958 paraît son roman historique La Semaine Sainte.
En 1963, en tant que poète engagé, il écrit Le Fou d'Elsa, œuvre mêlant l'amour pour Elsa, la protestation contre la guerre d'Algérie et un hommage à la culture arabe. On voit que sa vie personnelle et son attitude engagée se mêlent et vont de pair.
Les Dernières Années et l'Héritage (1970-1982)
En 1970, Elsa meurt, ce qui bouleverse profondément le poète. Il prend ses distances avec la politique active et se consacre davantage à l'écriture, renouant avec des thèmes de ses débuts.
En 1981, il publie son dernier recueil, Les Adieux, ultime hommage à sa grande inspiratrice, Elsa.
On considère Aragon comme un écrivain étincelant pour sa faculté magique de révéler le merveilleux du monde quotidien. Lorsqu'il recrée la réalité, celle-ci est transfigurée ; au-delà des décors et des êtres, c'est la réalité même du langage qui émerge.