Le Marché du Travail : Population, Emploi et Chômage
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1. Schéma de la population active
Population totale :
- A) Population en âge de travailler (15 à 64 ans) :
- Population active : comprend la population active occupée (salariés et indépendants) et les chômeurs.
- Population inactive : par exemple, les personnes malades ou les femmes au foyer.
- B) Autres : moins de 15 ans et plus de 65 ans.
2. Vocabulaire : les demandeurs d'emploi en Belgique
Chômeurs indemnisés :
- Le taux d'activité : représente l'effectif total des forces de travail (personnes occupées ou chômeurs), soit la population active exprimée en pour cent de la population âgée de 15 à 64 ans.
- Le taux de chômage : représente le nombre de chômeurs exprimé en pour cent des forces de travail (personnes occupées et chômeurs au sens du BIT).
- La population au chômage : se compose de chômeurs selon les critères définis par le Bureau International du Travail (BIT), à savoir la population active inoccupée. Il s'agit de toutes les personnes âgées de 15 ans et plus, qui n'ont pas d'emploi, qui sont directement disponibles pour le marché de l'emploi et qui sont en recherche active d'un emploi.
- La population inactive : comprend toutes les personnes, y compris celles âgées de moins de 15 ans, qui ne sont pas économiquement actives, notamment : les personnes qui s'occupent exclusivement du ménage ou travaillent comme bénévoles, les étudiants et les retraités.
- Population active occupée : elle comprend les personnes (âgées de 15 ans et plus) ayant travaillé (ne serait-ce qu'une heure) au cours d'une semaine de référence, qu'elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l'entreprise ou l'exploitation familiale. Elle comprend aussi les personnes pourvues d'un emploi mais qui en sont temporairement absentes (causes : maladies, congés payés, congé de maternité, conflit de travail, formations, intempéries, etc.). Les apprentis et les stagiaires rémunérés effectuant un travail font partie de la population active occupée.
- Un navetteur : est une personne qui fait régulièrement la navette (aller-retour) au moyen d'un transport public ou d'un véhicule privé de son habitation à son lieu de travail au sens strict, ou à son lieu d'étude et d'autres activités au sens large.
- Le taux d'emploi : représente le nombre de personnes ayant un emploi (les personnes occupées) exprimé en pour cent de la population âgée de 15 à 64 ans.
3. L'offre de travail
L'offre de travail dépend d'une multitude de variables telles que les préférences des travailleurs quant au choix du niveau de salaire, les prix anticipés des biens et services, et les revenus réels qu'ils gagnent en dehors du travail.
4. La demande de travail
La demande de travail représente la quantité de travail dont les entreprises ont besoin pour pouvoir produire des biens et services. En échange du travail fourni, les entreprises rémunèrent les travailleurs. La demande de travail issue des entreprises augmente lorsque le coût du travail diminue.
5. L'équilibre du marché
Une fois l'offre et la demande de travail construites, il suffit de chercher l'intersection des courbes comme sur n'importe quel marché. On obtient alors, pour le salaire d'équilibre, les quantités offertes et demandées de travail telles que l'offre est égale à la demande.
6. Les déterminants de l'offre et de la demande
L'offre : les facteurs démographiques
- L'accroissement de la population : augmente la réserve potentielle de travail.
- L'activité féminine : si de plus en plus de femmes travaillent, l'offre de travail augmente.
- L'allongement de la durée des études et l'abaissement de l'âge de la retraite : diminuent l'offre de travail.
- Les facteurs déterminant l'offre réelle : le salaire, les conditions de travail, la fiscalité, etc.
La demande
- Le volume de la production : à réaliser, qui dépend essentiellement de la demande.
- La durée du travail.
- Le type de combinaison productive : retenu, qui peut être plus ou moins capitalistique.
- La productivité.
- Les contraintes réglementaires : concernant les statuts juridiques des employés et leur rémunération.
7. Variation de l'offre et de la demande
Dans le modèle de la concurrence pure et parfaite, le marché du travail est soumis à plusieurs variations qui dépendent de l'offre et de la demande de travail. La confrontation des courbes d'offre et de demande de travail agrégées détermine les quantités échangées et le salaire.
Hypothèses : le travail est un bien homogène, atomicité de la demande et de l'offre de travail, information parfaite, mobilité parfaite des travailleurs.
8. L'imperfection du marché du travail
Sur le marché du travail, on peut citer trois sources d'imperfection :
- Relâchement de l'hypothèse d'atomicité des agents.
- Comportements ou calculs d'agents qui n'obéissent pas aux critères habituels de maximisation du profit (employeurs) ou de l'utilité (travailleurs).
- Interventions d'agents économiques extérieurs (l'État) qui modifient le fonctionnement du marché.
9. Le salaire
Le salaire est une somme d'argent versée à un salarié en contrepartie de son travail. Le salarié peut travailler dans le secteur privé ou public.
10. Politique du marché du travail belge
Pour lutter contre le chômage et relancer l'emploi, plusieurs politiques sont mises en œuvre :
- Augmenter les subventions aux entreprises privées et publiques pour alléger les charges salariales.
- Soutenir des formations professionnalisantes (formations par alternance par exemple).
- Le développement de secteurs spécifiques : les énergies durables, la santé ou encore le numérique.
- La réduction du temps de travail : une nouvelle baisse collective du temps de travail qui signifie un partage du travail avec modération salariale.
- La réduction du coût du travail.
11. Le chômage
En général, le chômage est un problème humain ; il est défini comme l'inactivité d'une personne apte et voulant travailler. Une personne qui ne travaille pas n'est pas nécessairement au chômage. Pour être considérée comme un chômeur dans les statistiques officielles, une personne doit non seulement être sans emploi, mais aussi rechercher activement du travail, par exemple en envoyant des CV.
En Belgique, pour être considéré comme chômeur, il faut :
- Habiter en Belgique.
- Ne pas être responsable de la perte de son emploi.
- Ne bénéficier d'aucune rémunération (salaire, indemnité de licenciement).
- Ne pas travailler pour un tiers ou effectuer un travail qui apporte un avantage (par exemple, construire sa propre maison).
- Être disponible sur le marché de l'emploi.
- Ne pas avoir atteint l'âge de la retraite.
12. D'où vient le chômage ? Les 3 raisons
- Causes économiques : les crises économiques, les ralentissements de l'activité économique, la délocalisation, le progrès technique et l'évolution de la productivité.
- Causes démographiques et sociologiques : la croissance de la population active, le développement du travail féminin et l'incohérence entre l'offre et la demande de travail.
- Causes structurelles : causes économiques, démographiques et sociales profondes.
13. Les types de chômage
- Chômage conjoncturel : résulte d'un ralentissement temporaire de la croissance.
- Chômage structurel : touche les actifs dont les qualifications ne correspondent plus à celles recherchées par les entreprises.
- Chômage frictionnel : lié aux délais d'ajustement de la main-d'œuvre d'un emploi à l'autre.
- Chômage technique : dû à une interruption de la production à la suite d'une panne, d'une grève ou d'une pénurie.
- Chômage technologique : lié à la substitution du capital au travail (remplacement des salariés par des machines).
- Chômage d'insertion : concerne les jeunes ayant achevé leurs études qui entrent sur le marché du travail.
- Chômage d'exclusion : frappe les personnes ayant de grandes difficultés à retrouver un emploi (handicaps sociaux, absence de diplômes, analphabétisme, quartier réputé difficile).
- Chômage de longue durée : chômage dont la durée excède un an.
14. Raisons du chômage structurel
Le progrès technique, la délocalisation, le manque de flexibilité sur les marchés du travail et l'inadéquation entre qualifications et besoins.
15. Lutter contre le chômage
Valoriser les filières qui recrutent, faciliter les conversions professionnelles, et la flexisécurité (garantir de bonnes indemnisations de chômage en compensation de la flexibilité accordée aux entreprises pour recruter et licencier).
16. Solution keynésienne pour lutter contre le chômage
Relancer la consommation et l'investissement, réduction d'impôts et création d'emplois.
17. Solution néoclassique
Réduire le coût du travail et diminution des cotisations patronales.
18. Chômage structurel, keynésien et classique
- Chômage structurel : c'est un chômage qui traduit un déséquilibre profond et durable du marché du travail.
- Chômage keynésien : il faut appliquer les consignes de politiques économiques permettant de soutenir l'activité de manière à encourager les entreprises à embaucher. Confrontées à une demande anticipée plus importante, les entreprises vont utiliser plus de travail.
- Chômage classique : il ne sert à rien d'essayer de modifier la demande de travail par un changement d'anticipation des chefs d'entreprises. Le chômage classique traduit la rigidité des salaires qui empêche le salaire réel de revenir à un niveau compatible avec le plein emploi.