Mesures contre la délinquance juvénile (Lois 5/2000, 8/2006)

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Mesures prévues par les lois 8/2006 et 5/2000

Les mesures contre les crimes mineurs sont couvertes par la loi 8/2006, du 4 décembre, modifiant la loi organique 5/2000, du 12 janvier, relative à la responsabilité pénale des mineurs. La présente loi vise à promouvoir des mesures destinées à punir plus fortement et plus efficacement les actes criminels commis par des personnes qui, même mineures, ont commis des faits d'une gravité particulière. Les mesures, qui peuvent être imposées par les juridictions pour mineurs en veillant toujours à l'intérêt supérieur de l'enfant, sont les suivantes :

Liste des mesures applicables

  • a) Placement en foyer fermé : la personne soumise à cette mesure demeure dans le centre et participe aux activités organisées, axées sur la formation, l'éducation, le travail et les loisirs.
  • b) Placement en semi-liberté : la personne réside dans le centre mais peut effectuer une ou plusieurs activités à l'extérieur ; ces possibilités seront conditionnées par l'évolution de la personne et la réalisation des objectifs fixés.
  • c) Placement en centre thérapeutique (fermé, semi-ouvert ou ouvert) : dans ce type de centres sont dispensés un enseignement spécifique ou des traitements spécialisés destinés aux personnes présentant des anomalies mentales ou des altérations, un état de dépendance à l'alcool, aux médicaments, aux toxiques ou aux substances psychotropes, ou des modifications de la perception entraînant une déficience grave de la conscience de la réalité. Cette mesure peut être utilisée seule ou en complément d'une autre mesure prévue par la loi.
  • d) Traitement ambulatoire (art.) : les personnes soumises à cette mesure suivront l'établissement désigné à la fréquence requise par les médecins qui participent au traitement et respecteront les directives établies pour le traitement approprié des troubles mentaux, de la toxicomanie ou des modifications perceptives dont elles souffrent. Lorsque l'objet du traitement est la toxicomanie, le juge appliquera d'autres mesures appropriées selon les circonstances.
  • e) Assistance à une garderie publique ou centre communautaire : la personne réside dans son lieu d'habitation habituel et se rendra dans un centre entièrement intégré à la communauté.
  • f) Régime de fins de semaine : la personne soumise à cette mesure restera à son domicile ou dans un centre pour un maximum de 36 heures entre le vendredi après-midi/soir et la nuit du dimanche.
  • g) Mise à l'épreuve (probation) : cette mesure consiste à suivre et encadrer l'activité de la personne afin de l'aider à surmonter les facteurs ayant conduit à l'infraction.
  • h) Interdiction d'approcher ou de contacter la victime.
  • i) Obligation de cohabiter avec une autre personne, une famille d'accueil ou un groupe éducatif : la personne visée devra vivre, pendant la période fixée par le juge, avec une autre personne, dans une famille autre que la sienne ou au sein d'un groupe éducatif, choisi de façon appropriée pour l'accompagner dans son processus de socialisation.
  • j) Travaux d'intérêt général (service à la collectivité) : effectuer des activités non rémunérées dirigées, d'intérêt social ou pour le bénéfice de personnes en situation de précarité.
  • k) Tâches socio-éducatives : la personne concernée doit exécuter, sans privation de liberté ou dans le cadre d'une mise à l'épreuve, des activités éducatives spécifiques visant à faciliter le développement des compétences sociales.
  • l) Avertissements : cette mesure consiste en une réprimande prononcée par le tribunal pour la jeunesse afin de faire prendre conscience à la personne de la gravité de l'infraction commise et des conséquences qu'elle a eues ou aurait pu avoir, en lui demandant de ne pas recommencer à l'avenir.
  • m) Privation de la conduite de cyclomoteurs et de véhicules à moteur, ou de l'obtention d'autorisations administratives pour la chasse ou l'usage des armes. Cette mesure peut être imposée comme accessoire si l'infraction a été commise à l'aide respectivement d'un cyclomoteur, d'un véhicule à moteur ou d'une arme.
  • n) Déchéance (disqualification) : la mesure de déchéance consiste en la privation de tous les honneurs, emplois et fonctions publiques que la personne occupait, ainsi que, éventuellement, l'incapacité d'accéder aux mêmes honneurs, à la fonction publique ou à d'autres fonctions.

«Le seul but des peines est la prévention du mal, ne jamais pousser quelqu'un vers le vice.» — Horace Mann

36. La délinquance des mineurs et réponses préventives

La délinquance des mineurs et jeunes : actions préventives et réponses socioéducatives. Loi 5/2000 du 12 janvier, responsabilité pénale des mineurs

Selon Morant (2003), la délinquance juvénile est l'un des grands phénomènes sociaux que nos sociétés ont observés. Un comportement socialement déviant attire généralement une attention négative et se manifeste le plus souvent chez la population jeune par rapport aux adultes. Il est également important d'aborder la délinquance juvénile le plus tôt possible.

La criminalité juvénile peut être définie en Espagne comme un phénomène social composé de l'ensemble des infractions pénales commises par des personnes de plus de 14 ans et de moins de 18 ans. La plupart des études descriptives portant sur la carrière criminelle reposent sur un ensemble de biographies individuelles caractérisant les mineurs et concluent que le mineur délinquant présente souvent un grand ensemble de déficits (impulsivité, recherche de proéminence, échec scolaire, usages de drogues, faible estime de soi, etc.).

Sur la base de leurs traits de personnalité distinctifs ou de leur nature psychosociale, on peut distinguer trois types de mineurs délinquants (Smith, Smith, 2002) :

  • 1) Jeunes délinquants présentant des éléments pathologiques : mineurs délinquants avec psychopathies, névroses, etc.
  • 2) Jeunes délinquants présentant des caractéristiques non pathologiques d'anomalie : mineurs délinquants réactifs, antisociaux, avec troubles de la personnalité réactionnelle.
  • 3) Jeunes délinquants ayant des traits de personnalité statistiquement normaux ou quasi normaux : cette catégorie englobe la plupart des mineurs en situation de délinquance par opposition aux délinquants dits « classiques ».

Face à la question de savoir comment résoudre la délinquance juvénile, il existe des réponses «radicales» et «conservatrices». Des recommandations et lignes directrices ont été élaborées par les professionnels directement liés au traitement des enfants à risque (criminologues, psychologues, travailleurs sociaux, sociologues, etc.) dans le but de régler les conflits découlant de la délinquance juvénile, de réduire ou d'atténuer ces problèmes et de fournir des soins et un accompagnement aux enfants, le tout dans le respect de l'ordre constitutionnel et des droits de l'homme.

Ces recommandations s'inspirent des lignes directrices établies par l'ONU et sont reflétées dans les textes internationaux suivants :

  • Les lignes directrices des Nations Unies pour la prévention du crime juvénile.
  • Règles des Nations Unies pour la protection des enfants privés de liberté.
  • Ensemble des règles minimales des Nations Unies pour l'administration de la justice pour les mineurs.
  • Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989.

Les recommandations tirées de ces textes et proposées par les secteurs spécialisés pour résoudre le problème de la délinquance juvénile, face à l'augmentation du nombre de voix appelant à une solution plus répressive, se présentent comme suit :

  1. Prévention plutôt que répression : la meilleure façon de prévenir la délinquance juvénile est d'empêcher l'apparition de jeunes délinquants, ce qui exige des programmes adéquats de protection sociale, économique, éducative et d'insertion professionnelle.
  2. Minimiser le recours au système judiciaire traditionnel : privilégier d'autres moyens de résolution des conflits liés à la délinquance juvénile avant de recourir au juge.
  3. Réponses disciplinaires flexibles et diversifiées : appliquer des mesures souples, ajustables et réévaluables selon la situation de l'enfant, en fonction de ses conditions, de ses progrès et de l'exécution de la mesure, afin d'obtenir une personnalisation de l'action juridique et une réponse proportionnée à la gravité des faits et aux besoins du mineur.
  4. Garantir les mêmes droits aux mineurs qu'aux adultes : les jeunes délinquants doivent bénéficier des mêmes droits fondamentaux que les adultes.
  5. Professionnalisation et spécialisation des acteurs : professionnaliser et spécialiser la police en matière de mineurs, ainsi que les juges, les procureurs et les avocats intervenant dans ce domaine.

Ces orientations visent à concilier la protection de la société, la prévention de la récidive et la réinsertion sociale des mineurs, tout en respectant les droits fondamentaux et les principes de proportionnalité et d'individualisation des mesures.

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