Méthodes quantitatives en sciences humaines
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Définitions et dimensions de la science
Science comme connaissance
Il s’agit de considérer que la connaissance qu’on a d’un objet respecte certains critères de scientificité. Plus précisément, une connaissance scientifique offre la définition et la description d’un objet de manière à ce qu’elles s’organisent à l’intérieur d’une pratique scientifique reconnue. Par conséquent, cette dimension fait de la communauté scientifique la gardienne de la scientificité de la recherche, car ce sont les pairs qui ont le devoir d’évaluer le travail d’un chercheur et de donner leur aval à celui-ci. Ainsi, il peut difficilement y avoir de science à l’extérieur du cercle des scientifiques, lui conférant du même coup un aspect social important.
Science comme objet d'étude
Dans ce cas, c’est l’objet lui‑même, c’est‑à‑dire la manière qu’on l’isole et le définit, qui se prête ou non à une investigation de nature scientifique. Pour qu’un objet soit objet d’étude de la science, on doit souvent le subdiviser, l’isoler en particules élémentaires (par exemple les produits chimiques qui composent une guimauve), en abstraire ou en isoler des dimensions, et surtout pouvoir se prêter à l’observation et à la mesure. Ainsi, l’ivresse n’est pas objet de science, mais le taux d’alcool dans le sang l’est. Cette définition de l’objet survient à l’étape de l’opérationnalisation des concepts.
Science comme méthode
Dans ce cas, cela signifie que la démonstration s’appuie sur une série de procédures éprouvées, connues et reconnues adéquates à l’objet d’étude par la communauté scientifique.
Science comme état d'esprit
C’est une qualité de celui qui emprunte une attitude le prédisposant à la production d’un savoir scientifique, comme dans l’expression « faire preuve d’un esprit scientifique ».
Étapes de la démarche scientifique
- La formulation d’une problématique et d’une ou plusieurs questions de recherche.
- Le choix d’une méthode d’investigation et l’élaboration d’un instrument de mesure.
- La collecte des données.
- L’organisation et le traitement des données.
- L’analyse et l’interprétation des résultats.
- La diffusion des résultats.
Expliquer la place des méthodes quantitatives
Expliquer la place des méthodes quantitatives dans les sciences humaines :
Liens entre approche quantitative et qualitative
En particulier, les liens qui unissent l’approche quantitative et l’approche qualitative sont indissociables. Les approches utilisées en sciences humaines pour étudier l’être humain peuvent être de nature qualitative ou quantitative. Recourant aux mesures (investigations de nature quantitative), il s’agit de la statistique pour :
- Décrire des phénomènes à l’aide de tableaux, de graphiques et de mesures.
- Établir l’existence de liens entre certains phénomènes, les expliquer par un modèle mathématique et faire des prédictions à partir de ce modèle.
- Généraliser à l’ensemble de la population les résultats tirés d’échantillons.
Statistique : outil qui permet de donner de meilleures réponses aux hypothèses de recherche, et qui s’inscrit dans la démarche scientifique.
La statistique seule ne permet pas de trouver une réponse adéquate. Les approches qualitative et quantitative sont complémentaires : la statistique n’a de sens que si un cadre théorique qualitatif lui sert de référence.
Utilité et limites des méthodes quantitatives
L’utilité et les limites des méthodes quantitatives. 1.6
La quantification permet de dépasser le sens commun en introduisant dans le processus une part d’objectivité sous la forme de mesure.
La quantification est utile pour les raisons suivantes :
- Précision de la mesure
- Objectivité de la mesure
- Comparabilité des données
- Généralisation
- Capacité de dégager des tendances générales
- Vérification
Malgré ces avantages indéniables, la quantification comporte certaines difficultés. La plus importante est sans doute celle de l’opérationnalisation adéquate d’un concept. La conversion d’une information de nature essentiellement qualitative en une mesure quantitative n’est pas toujours conforme à la réalité (problème de validité et de fidélité).
Reconnaître les principales techniques de collecte de données
Entrevue
L'entrevue est une méthode de collecte de données couramment utilisée en évaluation de projet, tant sur le plan de la vérification de l'implantation que sur celui de la mesure des résultats. Elle consiste à recueillir directement les perceptions, opinions, sentiments et expériences de personnes dans le but de dégager certains constats en rapport avec les questions d'évaluation.
- Les avantages :
- Permet d'interroger les répondants en profondeur;
- S’adapte à la réalité des répondants.
- Les inconvénients :
- Cette méthode exige du temps lorsque plusieurs entrevues doivent être effectuées;
- Les répondants peuvent vouloir plaire à l’intervieweur, ce qui, conséquemment, peut les conduire à filtrer ou à modifier leurs réponses;
- Difficulté à compiler et à analyser une information qualitative.
Enquête
Enquête : méthode de recherche qui consiste à interroger les gens sur des aspects d’eux‑mêmes qu’ils sont en mesure de décrire.
Méthode expérimentale
Méthode expérimentale : permet au chercheur de modifier une variable afin de mesurer l’influence que celle‑ci exerce sur une autre variable.
Analyse de contenu
Analyse de contenu : recueillir par soi‑même l’information nécessaire aux fins de l’évaluation est une tâche rigoureuse et complexe. Lorsque c’est possible, il peut être avantageux d’utiliser l’information que d’autres possèdent déjà. Plusieurs organisations ont en main des données pouvant possiblement renseigner sur les effets d’un projet en prévention d’un problème de sécurité ou de criminalité. La consultation de leurs publications, registres, procès‑verbaux, rapports d’activités et de recherche peut s’avérer une source de renseignements utile, facile d’accès et peu coûteuse.
Toutefois, l’information désirée pour l’évaluation n’est pas toujours accessible ou, encore, suffisamment fiable. Dans cette éventualité, l’évaluateur doit utiliser d’autres méthodes de collecte de données pour recueillir lui‑même les informations dont il a besoin. L’utilité de chacune de ces méthodes dépend du type de données qu’il souhaite obtenir et de l’analyse qu’il souhaite effectuer. Chacune possède des avantages et des inconvénients.
Observation
Observation : observer et enregistrer le comportement de manière systématique et rigoureuse, sans interagir de quelque façon que ce soit avec les individus étudiés. Habituellement sur un grand nombre d'individus.
Concepts de base et terminologie
La population : ensemble de tous faits, objets ou personnes sur lesquels porte une recherche.
- L’unité statistique : chaque élément de l’échantillon.
- La variable : constitue une caractéristique des unités statistiques qu’on veut mesurer.
- Nature de la variable
- Reconnaître la nature complète de la variable;
- Reconnaître différentes échelles de mesure
- Schéma
Zéros, échelles et mesures
Expliquer la différence entre les zéros relatif et absolu.
Le zéro absolu est une absence de quantité ; c’est une échelle de rapport.
Le zéro relatif est fixé par convention ; c’est une échelle d’intervalle (qui peut avoir des valeurs négatives).
Échantillonnage
Expliquer la différence entre l’échantillonnage aléatoire et non aléatoire ; avantage et désavantage de chacun.
Un échantillon probabiliste (aléatoire) est un échantillon choisi par hasard.
Avantage : possibilité d’évaluer l’erreur commise au cours de la généralisation à l’ensemble de la population des résultats tirés d’un échantillon.
Désavantage : il n’est pas toujours possible de recourir aux techniques aléatoires.
Un échantillon non probabiliste est choisi arbitrairement. Le plus fiable et le plus utile est l’échantillon probabiliste.
Avantage : ces méthodes peuvent être utilisées dans les études exploratoires lorsqu’on veut réduire les coûts, lorsque la population étudiée est relativement homogène.
Désavantage : ces techniques ne permettent pas de généraliser de manière rigoureuse à l’ensemble de la population les résultats tirés d’un échantillon ni d’évaluer la marge d’erreur.