Nietzsche et la critique du corps et de Dieu
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Le corps humain en question
La critique de Nietzsche
Le corps humain a été un sujet central de la philosophie. Nietzsche est l'un des rares penseurs à avoir replacé le corps au centre de la réflexion sur l'homme.
Dans sa critique de la philosophie occidentale, Nietzsche s'attaque à deux points principaux :
- La raison comme seul moyen d'accès à la vérité (Platon, Socrate), rejetant les sens et le corps.
- Le christianisme et sa séparation entre le spirituel et le corporel.
Nietzsche suspectait la philosophie d'une mauvaise compréhension du corps (des individus, mais aussi des États et des races). La « mort de Dieu » marque un tournant historique, car la morale chrétienne, basée sur une « âme » et un « esprit » au détriment du corps, s'effondre. L'homme moderne, qui s'identifiait à Dieu, se retrouve faible et incomplet face à la perfection divine.
L'importance des sens
La dévalorisation des sens a conduit à la négation du corps comme source de connaissance. Cependant, privilégier la raison l'a affinée comme outil cognitif pour aborder les questions de sens et de vérité. Le nihilisme, maladie de l'Occident, résulte de cette focalisation sur la raison et de l'abandon du corps.
Nietzsche propose de déplacer le centre de gravité de l'âme vers le corps, pour une nouvelle compréhension de l'homme. Il s'agit de dépasser les fantômes de la modernité : le nihilisme et la décadence.
Les concepts et la notion de Dieu
La critique du langage
Pour Nietzsche, le langage, et non la raison, falsifie la réalité. L'homme est victime du langage, qui :
- Confond les mots et les choses (ex. : le « je » comme entité unique, alors qu'il est une pluralité d'instincts).
- Tromp par ses apparences, notamment avec les concepts. La capacité de généralisation masque le changement permanent des choses.
L'homme, piégé par le langage, construit un monde qu'il interprète ensuite. L'erreur, selon Nietzsche, est favorisée par le langage. Nous ne pouvons nous débarrasser de Dieu, car nous sommes victimes de la grammaire.
Le concept de « Dieu »
Nietzsche critique la formation des concepts suprêmes. Pour lui, le « supérieur » est un produit de l'« inférieur ». L'homme doit être expliqué comme animal, et Dieu comme invention de l'homme.
La philosophie traditionnelle a inversé ce rapport : supérieur = antérieur, inférieur = postérieur. Les philosophes ont expliqué les valeurs suprêmes (dont Dieu) comme des causes en soi.
Dieu représente le suprasensible : les Idées de Platon, l'idéalisme, les religions, les vérités absolues. La « mort de Dieu » est une métaphore de la fin des vérités absolues et des idéaux. Notre civilisation s'effondre, car ses valeurs reposaient sur un sens extérieur au monde, incarné par Dieu. Le sens ne se cherche plus hors du monde.