Olympe de Gouges : Plaidoyer pour les Droits des Femmes

Classé dans Langue et de philologie

Écrit le en français avec une taille de 2,3 KB

Appel à la justice et à l'égalité

« Soutenez, Madame, une si belle cause. Défendez ce sexe malheureux. Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. »

Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, l'homme veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles. Dis-moi, qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ?

L'éducation et les droits naturels

Puisqu’il est question, en ce moment, d’une éducation nationale, voyons si nos sages législateurs penseront sainement sur l’éducation des femmes :

  • La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits.
  • Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
  • La Nation n’est que la réunion de la femme et de l’homme.

L’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose. La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune.

Réveil et émancipation

Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en assemblée nationale. Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits.

Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? L'effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société montre qu'une femme n’avait besoin que d’être belle ou aimable ; quand elle possédait ces deux avantages, elle voyait cent fortunes à ses pieds. Dans les siècles de corruption, vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes.

Critique du mariage et de la société

Le mariage est le tombeau de la confiance et de l’amour. Si l’homme est riche, il se croira dispensé de partager sa fortune avec ses nobles victimes. Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnaissant les droits de la nature, il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur dans nos îles.

Entrées associées :