Peines d'amende : jours-amendes et peines proportionnelles

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Peines d'amende : types et mécanismes

Il existe deux types d'amendes- peine : la peine des jours-amendes et la peine proportionnelle.

- Peine des jours-amendes

Articles 50 et 51 du Code pénal : Ce système se compose de deux phases.

Première phase

Elle cherche à rétablir la peine en fonction de la gravité de l'infraction :

  • Identification des unités de pénalité (un mois = 30 jours ; une année = 360 jours). Il faut suivre les règles générales de détermination de la peine. Le système est destiné à être proportionné et approprié à la gravité de l'infraction : les infractions les plus graves entraînent plusieurs jours-amendes.
  • Durée de réalisation :
    • Minimum : 10 jours
    • Maximum : 2 ans

Aux fins du calcul, lorsque la peine est réglée en mois, un mois est égal à 30 jours, et une année est égale à 360 jours. Bel exemple : une pénalité de 2 mois et 15 jours = 30 jours + 30 jours + 15 jours = total = 75 jours-amendes.

Deuxième phase

Elle vise à mettre en œuvre le principe de l'égalité de l'impact :

  • Chaque unité de jour-amende devient une somme d'argent, et cette conversion est effectuée en fonction de la capacité économique de l'individu.
  • Limites financières :
    • Minimum : 2 €
    • Maximum : 400 €

Article 51 du Code pénal prévoit la possibilité que, si la capacité économique de l'accusé change de manière significative, les juges et les tribunaux modifient les montants :

  • Si la situation économique s'améliore, la quantité quotidienne de l'amende peut être augmentée.
  • Si la situation se dégrade, la quantité quotidienne peut être réduite.

- Peine proportionnelle (article 52)

Article 52 du Code pénal :

  • Il s'agit d'une modalité dérivée de la peine des jours-amendes.
  • Elle consiste généralement à imposer une somme d'argent basée sur le bénéfice ou le gain, parfois en appliquant un multiple de celui-ci, en tenant compte de trois critères :
    • les dommages ;
    • la valeur de l'objet ou du bien concerné par l'infraction ;
    • le gain produit par l'infraction.
  • Cela concerne des infractions spécifiques (stupéfiants, blanchiment d'argent, ...).
  • Les juges disposent de limites dans l'application de cette peine pour les crimes concernés.
  • Les juges tiennent compte non seulement des circonstances atténuantes ou aggravantes de l'infraction, mais aussi de la capacité économique de l'auteur (la situation économique de l'intéressé).

Art. 52.3 du Code pénal : En cas de situation économique défavorable du délinquant, le tribunal, dans des cas exceptionnels et après enquête appropriée, peut réduire le montant de l'amende, toujours dans les limites définies par l'infraction. Dans le cas où la situation économique s'améliore, il peut être possible d'augmenter la peine (principe du système des jours-amendes).

- Responsabilité pénale subsidiaire (article 53)

Article 53 du Code pénal :

Si le condamné ne s'acquitte pas volontairement ou par d'autres moyens de la peine imposée, il est soumis à une responsabilité personnelle subsidiaire, une fois constatée l'extinction de l'obligation initiale.

Art. 53.1 : système des jours-amendes

Si une infraction entraîne une peine d'amende, l'emprisonnement peut être prononcé pour tous les jours-amendes non satisfaits (voir art. 53.3 du Code pénal). La condamnation est limitée à 15 ans, et la responsabilité personnelle subsidiaire n'est pas imposée aux personnes condamnées à une peine privative de liberté de 5 ans dans certains cas. (La responsabilité personnelle subsidiaire en cas de non-paiement de l'amende peut être exécutée par une privation de liberté correspondant à un jour d'emprisonnement pour chaque deux parts de jours-amendes non satisfaites.)

Substitutions possibles

  • En cas d'infractions non criminelles (contraventions), la peine peut, dans certains cas, être remplacée par une mesure de placement permanent.
  • La limitation de durée prévue à l'art. 37.1 du Code pénal (jusqu'à 12 jours) ne s'applique pas nécessairement ; dans certains cas, la limite de 12 jours peut être augmentée en cas de siège permanent.
  • Travail pour le bénéfice de la communauté, avec l'accord de la partie défenderesse : le tribunal peut, sous réserve de l'approbation de la personne condamnée, convenir que l'obligation soit remplie par un travail d'intérêt général. Dans ce cas, chaque jour-amende équivaut à une journée de travail.

Art. 53.2 : peine proportionnelle

Pour la peine proportionnelle, la conversion peut donner lieu à de l'emprisonnement selon l'appréciation du tribunal (art. 53.3 : la limite des peines de 5 ans de prison peut ne pas s'appliquer). Toutefois, la durée ne doit pas, dans tous les cas, dépasser un an lorsque des limites spécifiques le prévoient.

Art. 53.3 : la responsabilité personnelle subsidiaire n'est pas imposée aux personnes condamnées à une peine d'emprisonnement de 5 ans. Le travail d'intérêt général peut être proposé avec l'accord du défendeur. L'accomplissement de la responsabilité personnelle subsidiaire éteint l'obligation de payer l'amende, sauf si l'amélioration de la situation économique du condamné justifie une autre mesure.

Comme nouveauté, ce régime supprime l'arrestation le week-end.

- La peine d'amende comme alternative à l'emprisonnement

a) Avantages

  • Elle partage certains traits avec l'emprisonnement tout en évitant ses défauts majeurs :
  • Pas d'effets stigmatisants importants.
  • Elle n'empêche pas la personne d'atteindre ses objectifs de vie.
  • Elle ne prive pas fondamentalement de la liberté.

La peine peut être réglée de manière à respecter le principe de proportionnalité, mais elle ne remplit pas toujours pleinement les objectifs de réinsertion.

b) Inconvénients

Elle n'a pas encore permis d'atteindre l'égalité d'impact nécessaire pour remplacer totalement une peine par une autre.

  • Les personnes qui ne peuvent pas payer, conformément à l'art. 53, doivent aller en prison ou effectuer un travail d'intérêt général : pour remplacer une sanction par une autre, il faut prendre en compte le principe d'égalité d'impact.

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