Périphérie urbaine : quartiers industriels et banlieues
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Quartiers industriels, classe ouvrière et banlieues
Les installations industrielles ont été établies dans la périphérie urbaine, à proximité des axes d'accès principaux à la ville, des ports et des gares. Elles ont également attiré des services liés au transport ferroviaire (hangars, haltes, ateliers, ...).
Les travailleurs qui ont migré vers les villes industrielles ne pouvaient pas s'installer dans l'hypercentre historique, car ses zones les plus prisées étaient coûteuses et occupées par la bourgeoisie ; de plus, les zones endommagées affichaient un taux d'occupation élevé. Ils ne pouvaient pas non plus s'installer dans l'expansion bourgeoise en raison des prix élevés, sauf dans les caves, les greniers ou les logements créés dans la cour intérieure des maisons de ville (quartiers cachés). Par conséquent, ils se sont installés dans des bidonvilles autour de l'expansion émergente.
A) Plan et conditions initiales
Au moment de leur création, ces quartiers ont adopté un plan en plein désarroi, car ils résultaient de lotissements privés et incontrôlés sur des terres rurales à la périphérie, réalisés par leurs propriétaires. Le parcellaire était fermé et dense ; dominaient des bâtiments de petite échelle et de qualité médiocre, une seule famille par logement ou des appartements exigus. Ces quartiers sont devenus des foyers de maladies infectieuses et de troubles sociaux.
B) Situation actuelle
Actuellement, avec la croissance urbaine, les vieux quartiers industriels et ouvriers sont restés dans une position centrale dans l'espace urbain, ce qui a entraîné une réévaluation des terres qu'ils occupent.
Les banlieues-jardins
Les banlieues-jardins ont été créées à la fin du XIXe siècle et durant le premier tiers du XXe siècle. Elles sont le résultat de la diffusion en Espagne des idées prônant une approche naturaliste et hygiéniste, qui valorisaient les effets positifs du soleil et de l'air frais sur la santé. En conséquence, on proposa de « mettre la campagne dans la ville », idée qui se concrétisa dans les quartiers-jardins et dans certains projets tels que Arturo Soria (Ciudad Lineal).
Initialement prévues pour le prolétariat, ces zones furent finalement investies par la bourgeoisie dans des secteurs centraux et de prestige lors de l'expansion urbaine. À leur création, la loi sur le logement bon marché joua un rôle de premier plan dans les colonies ouvrières inspirées du modèle jardin anglais.
La Ville Linéaire d'Arturo Soria a été conçue comme une grande artère, large de 40 pieds, bordée de lots constitués de maisons individuelles avec jardin et verger. Des centres sociaux, des commerces et des services publics étaient prévus dans les stations. On chercha à surmonter la ségrégation sociale liée aux différents niveaux de logement et de prix, mais seuls certains travailleurs purent réellement s'y installer. Le projet, destiné à entourer la banlieue de Madrid, fut partiellement réalisé au nord.
La périphérie et les transformations urbaines récentes
Depuis le milieu des années 1950, et surtout dans les années 1960, les principales villes espagnoles ont connu une croissance phénoménale. Ses causes furent l'augmentation naturelle de la population, les migrations rurales vers la ville attirées par l'essor industriel, et le développement progressif des services, en particulier le tourisme. Ainsi, les villes ont considérablement étendu leur domaine et créé de vastes banlieues le long de grands axes de transport. Les quartiers urbains se structurent en différents domaines : zones résidentielles, zones industrielles et zones d'équipements.
a) Bidonvilles insalubres
Les bidonvilles insalubres apparaissent sur des terres illégales, rurales ou non aménagées, sans organisation urbaine. Les maisons sont auto-construites avec des matériaux de rebut et manquent de services de base comme l'eau, l'électricité ou l'assainissement. Actuellement, le problème s'est de nouveau aggravé, lié à l'immigration et à des groupes sociaux marginalisés.
b) Districts de logement social
Les programmes de financement du logement public ont connu leur plus grand développement entre 1940 et 1960. Pendant cette période, afin d'atténuer le problème du logement, on a construit plus de 400 000 logements sociaux grâce à des aides d'État et à des restrictions sur le prix de vente ou de location.
c) Lotissements privés
Les lotissements privés de développement sont apparus après 1960. Ils sont souvent organisés en blocs ou en tours avec de larges espaces entre les bâtiments, entourés de jardins ou de parcs. Cependant, sont apparus des blocs en forme de « H », des hauteurs excessives et une forte densité, créant un réseau de rues semblant désordonné.
d) Quartiers en îlots fermés
Les quartiers en îlots fermés ont émergé dans les années 1980 et 1990 comme moyen de restaurer l'échelle humaine et l'organisation des rues.
e) Habitat unifamilial
La prolifération des zones d'habitat unifamilial en périphérie date des années 1980. On observe un tissu plutôt ouvert, avec la construction de maisons individuelles ou en rangée.
Zones industrielles et d'équipements périphériques
Les zones industrielles et d'équipements périphériques sont situées près des axes d'accès principaux à la ville.
A) Zones industrielles
Les zones industrielles, notamment celles développées dans les années 1950 et 1960, présentent des cas bien planifiés et d'autres désorganisés ; dans certains cas, elles ont été réhabilitées pour accueillir de nouvelles entreprises.
B) Domaines d'équipements
Les zones d'équipements résultent de la décentralisation des activités économiques vers la périphérie urbaine.
Les agglomérations urbaines
Certaines villes ont grandi jusqu'à se connecter à d'autres villes. Cette évolution crée des agglomérations qui peuvent être de différents types : régions métropolitaines, agglomérations polycentriques et mégarégions urbaines.
La région métropolitaine
La région métropolitaine est une agglomération composée d'une grande ville et de plusieurs villes environnantes, entretenant d'importantes relations socio-économiques.
Caractéristiques des aires métropolitaines :
- Elles sont dominées par une grande ville.
- Il existe des relations économiques et sociales intenses entre la zone centrale et les noyaux périphériques.
- La ville centrale fournit emploi et services ; les noyaux périphériques voient leurs habitants faire la navette quotidienne vers le centre, et s'implantent autour de cette activité économique en profitant de terres plus abondantes et moins chères.
- Le réseau de transport et de communications est essentiel pour assurer les relations avec la ville centrale et entre les noyaux qui constituent la région.
« Socialement, les municipalités de secteur présentent un mode de vie urbain, avec une population majoritairement jeune et une grande diversité sociale. »