La Philosophie de l'Art : Définitions, Création et Jugement

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Définition et fondements de l'Art

Définition

Définition : Toute production de la beauté par les œuvres d’un être conscient (versus animaux). / Activité humaine qui consiste à produire des œuvres ayant une valeur esthétique.

Amorce philosophique

Amorce : Merda d’artista de Piero Manzoni questionne la valeur et la définition de l'œuvre d’art.

Éléments fondamentaux de l'Art

  • L’œuvre d’art
  • L’artiste
  • Le public

I. Qu'est-ce qu'une œuvre d'Art ?

A. L’Art doit-il imiter la nature ?

  • Conception classique : La nature est parfaite (référence à la religion), donc l’art doit l’imiter pour être parfait aussi.
  • Platon : S’oppose à cette idée. Pour lui, l’art ne doit pas imiter la nature car celle-ci est trompeuse et dangereuse. « L’art de l’imitation est donc bien éloigné du vrai ».
  • Léonard de Vinci : Défend l’idée contraire. Pour lui, imiter la nature, c’est imiter le divin. « On doit prendre le miroir pour maître ».
  • Fernand Léger : Propose une vision moderne : l’artiste est libre d’imiter ou non. L’art doit s’émanciper de la réalité.

B. Une œuvre d’art doit-elle être belle ?

  • Art classique : Une œuvre doit représenter quelque chose de beau et harmonieux.
  • Art moderne : Introduction de la laideur, du choquant.
  • Heidegger : L’important, ce n’est pas l’objet mais la vision de l’artiste.
  • Exemple : Les vieux souliers aux lacets de Van Gogh. Un objet banal devient esthétique par sa charge symbolique sur une catégorie sociale basse.

C. Les œuvres d’art sont-elles des objets comme les autres ?

L’Art contemporain pose cette question en plaçant des objets tout faits dans les musées (ready-made ou land-art).

Exemples : L’urinoir de Duchamp ou Spiral Jetty.

Hannah Arendt et la distinction des objets

Distingue les objets selon leur utilité et leur durée :

  • Les œuvres d’art n’ont pas de but utile et ont une durée illimitée.
  • Les autres objets ont une durée limitée avec une utilisation très nécessaire ou moins.

Nelson Goodman et les critères de l'œuvre d'art

Cinq critères de l’œuvre d’art :

  1. L’originalité : l’œuvre est unique.
  2. Elle est symbolique : elle renvoie à autre chose que ce qu’elle montre.
  3. L’intention de l’artiste est essentielle.
  4. Le contexte critique (experts qui jugent l’œuvre) lui donne de la valeur.
  5. Le lieu d’exposition (ex : musée) lui donne une aura particulière.

II. Comment l’artiste crée-t-il ?

A. Par la technique

  • L’artiste apprend une technique. Il se forme : ce n’est pas toujours un don.
  • Alain distingue :
    1. L’artisan : crée un objet utile, selon un plan précis.
    2. L’artiste : crée une œuvre qui évolue en cours de création, sans but utile.
  • « Il est spectateur aussi de son œuvre en train de naître ».

B. Par le génie

  • Le génie : capacité naturelle à créer de manière originale et libre.
  • Antiquité : Les artistes seraient inspirés par les muses, des dons divins.
  • Kant : Le génie est naturel et non divin. Il suit des règles indéterminées et ne peut pas transmettre son talent.
  • Nietzsche : Critique la vision du génie inné. Pour lui, tout le monde peut être un génie à condition de travailler son intelligence.

III. Pourquoi s’intéresse-t-on à une œuvre d’Art ?

A. Par la beauté

  • Critère classique, mais problème : la beauté est subjective.
  • Théophile Gautier : Défend l’art pour l’art. « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ».
  • Nietzsche : Critique ce point de vue. Il pense que l’art est utile, car il nous aide à vivre et à nous dépasser.

B. La beauté est-elle subjective ?

  • Hume : Oui, totalement. La beauté dépend du regard du spectateur. « La beauté n’est pas une qualité des choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple ».

C. Pour son message et sa spiritualité

  • Une œuvre peut nous élever, nous faire réfléchir.
  • Aristote : L'Art a une fonction morale : il permet la catharsis (purification des émotions).
  • Hegel : Ce qui importe, c’est l’esprit de l’artiste dans l’œuvre.

Débats philosophiques sur l'Art

Peut-on juger une œuvre d’art objectivement ?

I. Oui, certains critères permettent une évaluation rationnelle

  1. Maîtrise technique, cohérence, originalité peuvent se mesurer.
  2. Il existe des critères historiques et esthétiques partagés (académies, prix…).

II. Non, le jugement de goût est subjectif par nature

  1. Kant : Le beau ne repose pas sur des règles, il est ressenti, pas démontré.
  2. La réception de l’œuvre dépend de la culture, du contexte et de la sensibilité.

L’art imite-t-il la réalité ?

I. Oui, l’art est une représentation du réel

  1. L'Art comme miroir du monde (mimesis chez Platon et Aristote).
  2. La beauté artistique dépend de la fidélité à la nature.

II. Non, l’art transforme la réalité

  1. L’artiste interprète et recrée le monde à sa manière.
  2. L’art peut représenter l’irréel, le rêve, l’imaginaire.

III. L’art est une interprétation créative du réel

  1. L’art exprime une vérité plus profonde que le réel brut.
  2. Il révèle une vision singulière du monde à travers la subjectivité.

L’art a-t-il une utilité ?

I. Oui, il a des fonctions sociales et éducatives

  1. Il transmet des idées, des valeurs, une mémoire collective.
  2. Il éveille les émotions et la réflexion critique.

II. Non, l’art est inutile et gratuit

  1. L’art ne sert à rien d’immédiat : il est pur plaisir esthétique.
  2. L’artiste crée sans viser l’utilité : autonomie de l’art.

III. L’art n’a pas d’utilité pratique mais une valeur humaine

  1. Il contribue à l’enrichissement spirituel de l’homme.
  2. Son inutilité apparente est ce qui lui donne sa grandeur.

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