Philosophie du Désir : Définition, Besoins et Enjeux

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Introduction à la notion de désir

Le désir vient du latin « desiderium », qui lui-même vient du verbe « desiderare » signifiant regretter l’absence de quelque chose ou la contemplation d’un objet admirable très éloigné, voire inaccessible. On peut remplacer le mot désir par d’autres termes tels que : la concupiscence, l’appétit ou encore la libido.

Nous rattachons toujours le désir à l’objet désiré. Nous désirons car nous éprouvons le manque de cet objet, qui est l’image de l’imperfection ; nous voulons donc combler ce manque et cette incomplétude. Le désir est également l’image de la finitude humaine. C’est pourquoi Dieu, étant parfait et ne manquant de rien, n’a pas de désirs.

La distinction entre le désir et le besoin

Le besoin : une nécessité naturelle

Le besoin est ce qu’il y a en commun entre l’homme et l’animal ; il relève du strictement nécessaire et de la survie. Il appartient au domaine de la nature.

Le désir : une transformation culturelle

Il faut souligner que le désir s’appuie sur le besoin, mais il ne relève pas de celui-ci, car le besoin seul ne nous permet pas d’en tirer une satisfaction pleine. L’homme n’est pas qu’un être de nature, car il est aussi un être de désirs. L’homme va faire entrer d’autres aspects dans la satisfaction : il va au-delà de la simple réponse à ses besoins pour les transformer.

En effet, le désir est cette transformation culturelle et sociale du besoin. Nous observons donc que le désir déborde du cadre du besoin. Cette transformation du besoin est une médiation qui relève d’une culture située en dehors de la simple satisfaction organique, puisque le plaisir entre en jeu. L’animal est prisonnier de sa brutalité : régi par ses instincts, il ne peut pas attendre pour satisfaire ses besoins, il est dans l’immédiateté du besoin.

Par le biais de la médiation, l’homme peut non seulement satisfaire ses besoins, mais en tirer un plaisir maximal et supplémentaire. Pour l’exemple précis de l’action de manger, l’animal réduit cet acte à la satisfaction de son besoin ; cependant, l’homme va impliquer d’autres aspects pour atteindre une satisfaction majeure grâce à la gastronomie.

CETTE TRANSFORMATION CULTURELLE DU BESOIN EN DÉSIR PEUT ÊTRE COMPRISE COMME UN SUPPLÉMENT D’ÂME

Les risques du désir : passion et démesure

Le risque, cependant, est que le désir finisse par se séparer du besoin. Quand cela se produit, il se transforme en une passion destructrice (par exemple : la gourmandise, où l’on mange beaucoup plus que ce qui est nécessaire pour être rassasié). Le désir se transforme alors en un appétit insatiable. Le risque est l’excès, la démesure, l’hybris.

On peut citer l’exemple de la société de consommation qui inverse le besoin et le désir : elle manipule l’individu pour lui faire penser qu’un simple désir est un besoin vital. De même, un autre risque existe : si le désir ne peut jamais être satisfait, cela dénote une déception puisqu’on ne peut pas en tirer de plaisir.

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