Philosophie de la Nature Humaine: Concepts Clés
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Rationalité et Nature Humaine
La philosophie, née en Grèce, est une réflexion sur l'homme et la nature. L'être humain est différent des autres êtres naturels car il occupe une place particulière : c'est un animal distinct du reste et un animal rationnel. La rationalité permet de connaître et de comprendre la nature humaine, soi-même et ses relations avec les autres dans la société. Les êtres humains peuvent choisir comment ils veulent vivre, ils peuvent choisir les valeurs et les normes qui doivent régir la polis, la cité-état dont tout homme est un membre actif.
L'Homme, un Animal Politique
L'homme grec vivait dans la cité. Aristote disait que la cité a été créée pour que l'homme puisse bien vivre. L'homme grec se voyait avant tout comme un citoyen.
L'Âme selon Socrate
Pour Socrate, l'âme est droite, responsable à la fois de notre réflexion et de notre activité morale. Il méprise le corps, qui n'est qu'un simple instrument de l'âme. Idées fondamentales : l'âme et la raison confèrent à l'homme une caractéristique fondamentale, la capacité d'autocontrôle. La maîtrise de soi permet à l'être humain d'atteindre la vertu morale et la liberté. Le bonheur humain ne peut pas venir de l'extérieur, mais de l'ordre spirituel et de l'harmonie.
Le Problème de la Relation Corps-Âme
Le problème le plus important est de savoir comment le corps et l'âme sont liés. Les réponses à ce problème sont :
- Monisme anthropologique :
- Matérialiste : toutes les actions humaines sont expliquées à partir d'une seule et même réalité, le corps, qui est à l'origine de la réflexion et de l'activité émotionnelle.
- Spiritualiste : contrairement au matérialisme, c'est l'âme qui est le principe explicatif de l'homme.
- Dualisme anthropologique : l'homme est composé de deux réalités différentes, le corps et l'esprit, dont l'interaction produit toutes les activités humaines. La position dualiste est la plus acceptée en philosophie. L'un de ses défenseurs fut Platon, dont la thèse était :
- L'être humain est composé d'un corps et d'une âme, mais l'âme a la priorité absolue sur le corps car elle est la partie la plus noble de l'être humain.
- Le corps n'est que le réceptacle de l'âme.
- L'âme humaine est éternelle et immortelle. Son union avec le corps est temporaire.
L'Humanisme
L'humanisme est une volonté de renouveau de la société et de l'homme. Ce désir aboutit à une opposition au dogme religieux et à une défense de la liberté de pensée et d'expression. Les développements techniques et scientifiques ont éveillé chez l'homme le sentiment que tout est possible. On observe un intérêt considérable pour l'irrationnel, la pensée dite hermétique.
L'Anthropocentrisme
La pensée humaniste aspire à un homme nouveau. Les philosophes humanistes promeuvent l'éducation comme l'instrument principal du développement de la personnalité de l'individu. L'être humain est au centre de l'univers et est libre. Il doit rechercher sa dignité et, pour la première fois, il est considéré comme le maître de son propre destin.
Le Problème des Deux Substances selon Descartes
Dans ce contexte, Descartes utilise le doute comme méthode, doutant de toutes les vérités afin de trouver une vérité dont il est impossible de douter. Le résultat fut une affirmation célèbre : « Je pense, donc je suis ». La raison humaine est, selon lui, autosuffisante pour comprendre et changer la réalité du monde. Descartes décrit deux substances :
- La substance pensante : la conscience, le soi, l'esprit, l'âme.
- La substance étendue : la matière.
La pensée moderne se concentrera sur la dissociation et la distinction entre le corps et l'esprit, la pensée étant considérée comme supérieure.
Rousseau et la Critique de la Société
La pensée de Rousseau s'inscrit dans un cadre qui comprend :
- La raison comme outil de lutte contre l'ignorance et le dogmatisme.
- Le développement de la science.
- Le progrès considéré comme le moyen d'atteindre le bonheur.
- La connaissance encyclopédique.
- La sécularisation de la pensée.
Rousseau a fait une critique sévère de la société dans laquelle il vivait et du progrès. Selon lui, le progrès ne conduit pas au développement humain, il n'a pas de morale et ne conduit pas au bonheur, mais seulement à la corruption de l'individu. L'évolution humaine peut être vue à travers deux états :
- L'état de nature : les hommes vivent dans un état pré-social, où ils seraient heureux, libres et autosuffisants. Ils sont caractérisés par des sentiments positifs, comme l'amour, la sympathie et la compassion.
- L'état civil : l'état réel dans lequel l'homme se trouve dans la société moderne, caractérisé par l'injustice, l'inégalité, le manque de liberté. L'homme est mauvais, égoïste, vaniteux.
Hobbes et l'État de Nature
Hobbes croit que l'homme n'est pas sociable par nature. Sa conception de l'être humain dans l'état de nature est radicalement différente de celle de Rousseau. La nature humaine est caractérisée par la volonté de puissance et de gloire, l'égoïsme, la concurrence constante et la méfiance. Tout cela mène à la violence et à la guerre de tous contre tous. « L'homme est un loup pour l'homme ». Il défend la nécessité de l'État et de la société pour assurer la sécurité individuelle.
Kant et la Dignité Humaine
Kant a consacré une partie de sa philosophie à affirmer la dignité et les droits de l'homme. Il pensait qu'il existe deux dimensions opposées, l'être naturel et l'être rationnel, et que c'est la seconde qui domine la première. Comment savoir ce qu'est l'homme ? Il a trouvé la réponse à travers trois autres questions :
- Que puis-je savoir ? Quelles sont les possibilités et les limites de mes connaissances ?
- Que dois-je faire ? Il est vrai que je suis libre, mais ma raison et mes connaissances me disent que je ne devrais jamais agir de manière irrationnelle. Ce que je dois faire, c'est agir par devoir plutôt que par intérêt.
- Que puis-je espérer ? Si, au moyen de la raison et grâce à ma liberté de choix, j'ai agi correctement, alors je peux atteindre le bonheur.
Marx et l'Aliénation du Travail
Marx a conclu que le système social et économique empêche l'homme de se développer. L'homme est un être actif, dynamique, en constant développement. L'homme se construit lui-même et se caractérise par sa capacité à transformer la réalité. Cette transformation se fait par le travail, qui sert à gagner un salaire et à s'accomplir en tant que personne. Le travail est l'activité la plus importante de l'homme, car il signifie l'unité théorique et pratique de la pensée et de l'activité. Dans un travail idéal, l'homme se projette dans les produits qu'il crée, y imprimant sa personnalité. Marx dénonce le fait que le produit du travail n'appartient pas au travailleur, mais au propriétaire des moyens de production. Le produit finit par devenir son ennemi. Le travailleur se sent également aliéné dans ses relations avec les autres, qui sont désormais ses concurrents, et non ses compagnons. Le propriétaire considère le travail comme une marchandise. Ainsi, les relations humaines deviennent de purs intérêts économiques.
Nietzsche et la Critique de la Morale
Nietzsche défend la vie comme valeur fondamentale de l'homme. Il critique la morale occidentale, qui repose sur les valeurs chrétiennes et le rationalisme de Socrate et de Platon. Il s'agit, selon lui, d'une culture décadente qui tue la vie de l'homme authentique. La morale judéo-chrétienne oublie le réel et le concret car :
- Elle situe la clé de la vie dans un autre monde transcendant, provoquant le mépris pour la vie terrestre.
- Elle utilise la punition et la culpabilité pour annihiler les valeurs les plus nobles de la vie.
- Elle exalte les valeurs du troupeau : la douleur, l'abandon, l'obéissance.
Nietzsche propose un nouvel être humain caractérisé par :
- Une nouvelle morale qui accepte et exalte la vie.
- La volonté de puissance, la tendance à être plus, à se développer, à croître et à créer.
- L'objectif d'atteindre le surhomme, qui est capable de créer de nouvelles valeurs, d'aimer la vie et le monde, d'être fort et maître de lui-même.