La philosophie de Platon
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Le monde intelligible selon Platon
Le monde intelligible, ou monde des idées, est la vraie réalité selon Platon. C'est dans ce monde que se trouvent les Idées. On ne peut pas y accéder par les sens, mais seulement par la raison, la partie la plus excellente de l'âme. Le monde intelligible a un caractère religieux et des conséquences dans les domaines de l'épistémologie, de l'éthique et de la politique. Dans le mythe de la caverne, le monde intelligible est métaphoriquement représenté par le monde extérieur auquel accède le prisonnier lorsqu'il se libère de ses chaînes et quitte la caverne. Platon établit une hiérarchie des entités qui peuplent ce monde, au sommet de laquelle se trouve l'idée du Bien, qui, dans certains textes, est assimilée à Dieu. Viennent ensuite l'idée de la Beauté et l'idée de la Vérité, puis les idées de base, et ainsi de suite.
La méthode dialectique
La dialectique est la méthode philosophique proposée par Platon pour accéder au monde des idées. Le concept de dialectique a plusieurs significations dans la philosophie platonicienne, mais les plus importantes sont : la dialectique comprise comme une approche rationnelle, identifiée à la philosophie et à la science, et la dialectique comprise comme une pulsion érotique (eros), identifiée à l'amour.
L'idée du Bien
L'idée du Bien est l'entité la plus importante de toutes celles qui peuplent le monde intelligible. Platon lui attribue de nombreuses fonctions dans sa philosophie, à tel point que de nombreux auteurs l'ont identifiée à Dieu. Ce philosophe estimait que l'idée du Bien a deux rôles fondamentaux : créer les idées et donner l'intelligibilité au monde sensible. Elle donne l'être aux idées, et le résultat est le monde sensible. Toutes les choses aspirent d'une manière ou d'une autre au Bien. Dans le mythe de la caverne, l'idée du Bien est représentée par la métaphore du Soleil.
L'opinion
L'opinion est le nom donné par Platon à l'une des formes de connaissance. Cette connaissance est fondée sur les perceptions et concerne le monde sensible. L'opinion se divise en deux types de connaissance : la conjecture, qui est la connaissance que nous avons des choses lorsque nous voyons leurs ombres ou leurs reflets, et la conviction, qui est la connaissance que nous avons lorsque nous percevons les choses directement et que nous nous faisons une opinion d'elles.
La réminiscence
La réminiscence est un concept platonicien selon lequel la connaissance est un souvenir. Platon estimait que la connaissance ne peut pas s'expliquer uniquement par l'expérience empirique et défendait une vision particulière : lorsque nous connaissons la vérité, nous n'apprenons pas quelque chose de nouveau, mais notre âme se souvient d'une vérité à laquelle elle a eu accès avant de s'incarner et de vivre dans ce monde matériel. Notre âme se souvient de quelque chose qu'elle a rencontré en vivant dans le monde des idées.
Le philosophe-roi
Dans La République, Platon présente son idée de l'État idéal. Dans cet État, la société est divisée en groupes en fonction de la manière dont chacun d'eux doit répondre aux divers besoins de base : les artisans, chargés de créer les biens (nourriture, vêtements, etc.) ; les guerriers-gardiens, chargés de maintenir l'ordre dans la cité et de la protéger des agressions extérieures ; et enfin, les dirigeants, dont la fonction est d'édicter des lois et d'établir la justice. Eh bien, le philosophe-roi n'est autre que celui qui est chargé de gouverner les desseins de la polis. Dans le mythe de la caverne, Platon stipule clairement que seuls ceux qui ont connu l'idée du Bien seront capables de gérer les affaires publiques et privées. En outre, dans le même mythe, Platon propose tout un système d'éducation pour les futurs philosophes dirigeants. Ainsi, dès leur plus jeune âge, ils seront instruits dans les sciences diverses, l'effort physique et la pratique de la vertu, et lorsqu'ils atteindront la maturité, vers cinquante ans, le gouvernement devrait être confié à ceux qui ont démontré leurs capacités morales et intellectuelles.
Platon et les autres philosophes
Platon, dans sa recherche de la vérité, développe un dualisme ontologique, consistant en un monde sensible et un monde intelligible. Compte tenu de ce dualisme, il y a plusieurs auteurs qui peuvent être associés à Platon et qui peuvent donc se rapporter à des mondes différents.
- Dans le monde visible, comme Héraclite, la vérité passe par les sens et est en constante évolution, il n'y a donc pas de science possible. Pendant ce temps, Platon affirme que l'on doit rester à l'écart du sens pour connaître la vérité qui se trouve dans le monde intelligible.
- À ce stade, les Pythagoriciens et Platon conviennent que pour les deux il y a l'âme immortelle, qui est dans le monde intelligible, ce qui conduit à un processus de réminiscence.
- Parménide, en revanche, est opposé à Héraclite et Platon est d'accord avec lui parce que, dit-il, la vérité est atteinte par la raison.
- Ainsi Platon, ainsi que la connaissance de Socrate, a soulevé la dialectique comme une méthode scientifique qui nous permet de connaître la vérité grâce à l'utilisation de la partie la plus excellente de l'âme, qui est pour Platon la raison.
- Protagoras conteste toutefois l'un d'eux, car il n'y a pas de vérités absolues et comme nous l'avons vu, pour Platon la vérité absolue est dans le monde intelligible.
- Aristote était contre le dualisme ontologique proposé par Platon et critiqua durement la division ontologique entre le monde sensible et le monde intelligible. À son avis, ce que Platon avait fait, loin de résoudre un problème, l'avait doublé. Maintenant, il n'y a pas une seule réalité que nous ayons eu à réaliser, mais deux réalités, l'une sensible et l'autre intelligible.
Comme indiqué plus haut, les Pythagoriciens et Platon sont également liés, en ce que pour les deux il y a l'âme immortelle. La doctrine de l'âme de Platon a exercé une énorme influence dans toute l'histoire de la philosophie occidentale. La philosophie chrétienne a été la première à assimiler les idées principales de cette doctrine, pour en tirer le concept, toujours en vigueur, de l'âme, au cœur même de la révélation chrétienne. Au contraire, Nietzsche a estimé que la spiritualité était une haine et une trahison de la mortalité. Ce dualisme ontologique a de graves conséquences dans le domaine de la morale. Faire la distinction entre un monde de faux et un monde réel implique, du point de vue moral, le renoncement et le sacrifice de cette vie au profit d'une autre dans l'au-delà.