Pierre Henry et Steve Reich: Pionniers de la Musique Électroacoustique

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  1. Différentes esthétiques

Pierre Henry (1927) et ses sons nouveaux

Formation de piano et percussion au Conservatoire de Paris, élève de Messiaen. Collaborateur de Pierre Schaeffer (1949-58), Club d’Essai. Si Schaeffer choisit la cabine d’enregistrement, Henry privilégie la captation dans le studio. Il compose 3 œuvres avec Schaeffer: Bidule en ut (1950), Symphonie pour un homme seul (1950), Orphie 51, remaniée 2 ans plus tard en Orphée 53, présentée lors d’un festival en Allemagne. À partir de 1958, il devient compositeur indépendant de musique électroacoustique.

Collaboration avec le chorégraphe Maurice Béjart (danseur d’avant-garde), qu’il rencontre en 1955, pour une quinzaine de ballets: Symphonie pour un homme seul (1955), Orphée (1958) et Le voyage (1962), La reine verte (1967).

Collaboration avec Michel Colombier pour une commande de Béjart, Messe pour le temps présent (1967).

Collaboration avec le sculpteur et penseur avant-garde Nicolas Schöffer (sculptures cinétiques et spatiodynamisme 1973), connu pour ses monumentales sculptures cinétiques. Kyldex (1973): opéra, spectacle cybernétique et lumino-dynamique conçu autour de la sculpture de Schöffer.

Cinéphile: Symphonie d’une grande ville (1988), L’homme à la caméra (1993).

1967: il imagine un concert avec public coché (Festival Sigma, Bordeaux).

1968: concert-marathon, 26h, au théâtre de la musique bd. de Sébastopol, avec son propre répertoire.


Steve Reich (1936) et un son d’aujourd’hui

Diplôme de philosophie à la Cornell University en 1957. Il étudie l’histoire de la musique avec William Austin. À New York, il étudie la composition avec le jazzman Hall Overton. Il retourne en Californie pour étudier la composition avec Darius Milhaud et la musique atonale de Luciano Berio, obtenant son master of art. Il rejette le sérialisme mais s’imprègne du jazz modal de John Coltrane.

Ses premières œuvres pour bande magnétique: (Déphasage, il recherche la musicalité d’un fragment parlé et invente le principe du décalage, 2 fragments sonores identiques se déphasent/Terry Riley avait commencé):

1965: It’s gonna rain, il enregistre un prédicateur noir à San Francisco. Première grande œuvre électroacoustique basée sur le principe du déphasage graduel, pour bande seule.

1966: Come out, discours d’un jeune militant sortant d’une manifestation: « J’ai en fait ouvert la blessure pour laisser couler un peu de sang pour leur montrer. »

Fin des années 1950, l’art minimal apparaît aux États-Unis.

1966: retour à New York, il fonde son propre ensemble: « Steve Reich and Musicians ».

1967: à New York, il développe la musique mixte (musique électroacoustique + instruments): Piano phase (1967, décalage entre un piano enregistré et un piano en direct, 2 parties, chorégraphie d’Anne Teresa de Keersmaeker), Violon phase (1967, chorégraphie d’Anne, principe d’écriture: accélération d’une partie contre l’autre, répétition d’une phrase, décalage).

1970: disque avec ses œuvres. Grand succès.

Fin des années 1980, Steve Reich développe le concept de Speech Melody (mélodie de la prosodie) avec Different Trains (1988, musique mixte): évocation des allers-retours de son enfance entre New York et Los Angeles, allusion aux déportés transportés en Europe, voix enregistrée et quatuor à cordes, la musique instrumentale épouse la prosodie.

1995, City life: activités urbaines, ensemble de chambre et échantillonneurs (x2). Les instruments suivent la ligne mélodique des sons enregistrés (ville de New York), 5 parties (check it out, it’s been a honeymoon, heavy smoke), déphasage.

1995, Proverb, inclination pour la musique ancienne, Videront omnes, Purotin (compositeur, chef de l’école Notre Dame XII, XIII), 3 sopranos, 2 ténors, 2 vibraphones, échantillonneur.

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