La Pléiade et les Lumières : Mouvements Littéraires et Idéologies
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La Pléiade : Naissance d'une Renaissance Poétique Nationale
L'apparition du groupe est liée à une série de rencontres. Jacques Peletier du Mans (traducteur de l'Art poétique d'Horace) connaît Pierre Ronsard, qui est ami d'Antoine de Baïf. Leur précepteur est Jean Dorat. Pierre Ronsard et Joachim Du Bellay se connaissent en 1547. Lorsque Jean Dorat est nommé principal du Collège de Coqueret, tout ce petit groupe décide de suivre Dorat. Jodelle et Belleau, qui venaient du Collège de Boncourt, rejoignent également ces poètes, formant ainsi La Pléiade. C'est une constellation formée par sept étoiles.
En 1548, Thomas Sébillet publie l'Art poétique. Il y exprime ses idées théoriques sur la création d'une nouvelle poésie française, donnant Marot comme modèle à suivre. Ceci provoque une réaction au sein de ce groupe de poètes, car ils considèrent qu'il faut effectivement renouveler la poésie française, mais qu'il ne faut pas prendre Marot comme modèle. C'est alors qu'ils réagissent avec la Défense et Illustration de la Langue Française, rédigée par Joachim Du Bellay.
Affirmation d'une posture élitiste
Le poète s'affirme comme un travailleur indépendant et revendique l'autonomie de son art. La poésie possède en soi-même sa dignité et ne pourra jamais être subordonnée à des intérêts courtisans.
Idéologie moderniste et progressiste
Le ressourcement à l'Antiquité et l'importation des modèles culturels d'Italie sont la base de leur optimisme. Ils mettent en avant la théorie du profit littéraire, appliquée au capital culturel. Ils considèrent que l'imitation n'est pas une reproduction, car l'imitateur apporte une plus-value.
Affirmation d'un nationalisme culturel
La Pléiade accorde un rôle très important à la formation de la langue française. Elle considère que si la langue française n'a pas créé de poésie éternelle, c'est parce que la langue n'a pas encore évolué.
L'Apogée des Lumières et la Production Littéraire
La première moitié du XVIIe siècle donne naissance aux Lumières. La deuxième moitié du XVIIIe siècle, qui s'ouvre symboliquement par la publication de l'Encyclopédie en 1751, consacre le triomphe des philosophes. Pendant cette période, les philosophes sont plus que jamais conscients de leur mission comme guides spirituels de l'humanité.
La littérature de ces années ouvre la voie vers une nouvelle sensibilité appelée Préromantisme. Cela signifie qu'au moment où la raison et l'esprit des systèmes triomphent, les écrivains donnent la parole aux âmes sensibles et font l'apologie de l'individu, surtout lorsqu'il est passionné.
Denis Diderot : Complexité et Dynamisme
L'œuvre de Denis Diderot est dynamique et vivante. Elle est aussi à l'image de son auteur : contradictoire, riche et diversifiée.
Déterminisme ou Liberté ?
Diderot se pose la question suivante : comment est-il possible de concilier le système matérialiste et son déterminisme avec la liberté de l'homme et sa responsabilité ? Le système déterministe affirme que l'homme peut être transformé, et considère aussi que l'homme possède un profond sens moral.
Éloge ou condamnation de la sensibilité
Diderot fut un ardent défenseur de la sensibilité. Il affirme que le génie repose sur l'instinct, que l'inspiration naît des passions, et que les passions s'imposent comme le principal moteur de la création.
Cependant, quelques années plus tard, sa pensée change. Il considère alors que la sensibilité est la qualité principale des êtres médiocres. Dans cette deuxième période, il estime que la sensibilité n'est qu'une caractéristique physiologique, et la considère comme un synonyme de faiblesse et de passivité.
Le Corps : Objet d'étude privilégié
Quel que soit le genre littéraire développé, Diderot a un objet d'étude privilégié : le corps. Le corps se trouve au centre de sa réflexion.
- Dans l'optique matérialiste, l'homme est lui-même matière. Nos sentiments et nos idées procèdent de nos émotions et de nos sensations, qui dépendent directement de nos organes. La connaissance de l'homme repose donc sur l'étude de son organisme et des mécanismes de la vie.
- C'est sur le corps que Diderot fait reposer les fondements de sa morale. Le bien et le mal dépendent, selon Diderot, des impressions sensibles et des émotions. Plaisir et vertu sont donc indissociables.
- Le corps est aussi un mode d'expression privilégié, car le langage corporel exprime les manifestations les plus profondes de la vie intime. Pour Diderot, le corps est spontané et authentique. Ce langage corporel présente un double intérêt esthétique, car il est à la fois réaliste et pathétique.