Point 21 : Justifications (art. 20 CP)
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Point 21 : Justifications
POINT 21 Art justifications. CP 20 (4,5,7)
Les justifications des situations particulières dans lesquelles la commission d'un fait typiquement illégal n'est pas illégale parce qu'il existe une règle qui l'autorise ou l'exige. Exemple : permettre de tuer en légitime défense. Inclus dans la section 20.4, 20.5, 20.7, bien que d'autres sections énumèrent également des moyens de défense et des causes d'irresponsabilité pour folie. Nous clarifions, en ce sens, que les justifications suppriment l'illicéité ; elles suppriment les causes de culpabilité et que les causes d'exonération suppriment également la culpabilité.
Avant de continuer, nous allons ajouter deux types de justifications :
- Causes de justification génériques : s'appliquent à n'importe quel crime.
- Causes de justification concrètes : réglementées pour une infraction donnée et ne prennent effet que pour cette infraction.
Base des causes de justification
La base des causes de justification se fonde sur deux principes :
- Intérêt prépondérant : l'intérêt à faire respecter la loi face à une agression injuste (légitime défense). Lorsque toutes les conditions prévues par la règle sont remplies, on considère que l'intérêt représenté par cette conduite l'emporte sur l'intérêt lésé, il s'agit donc d'un intérêt prépondérant.
- Absence d'intérêt : si le titulaire du droit a légalement exprimé son désintérêt pour le bien protégé (en consentant à la blessure ou à la conduite), celle-ci ne peut pas être considérée comme illégale. Pour qu'une conduite soit justifiée, il faut que le droit légal en danger soit disponible ou ait été valablement renoncé.
Nature de la cause de justification
Il existe un doute sur la nature objective ou subjective de la cause de justification ; la doctrine propose quatre solutions :
- Une tendance doctrinale exige toujours un élément subjectif, car les motifs subjectifs semblent nécessaires pour justifier pleinement le comportement.
- D'autres soutiennent que cela ne nécessite pas d'élément subjectif de l'injustice et que cet élément est essentiel : sans lui, le comportement ne serait jamais justifié.
- Certains estiment que le sujet a accompli les actes constitutifs du crime mais que, pour des raisons échappant à son contrôle, l'acte n'a pas été consommé ; la peine correspondante serait celle de la tentative.
- Une autre partie de la doctrine considère que l'élément subjectif est nécessaire mais non indispensable.
Le Code pénal espagnol considère que l'élément subjectif n'est pas indispensable.
Effets généraux de toutes les causes de justification
On peut distinguer plusieurs effets :
- La justification éteint l'illicéité de l'acte : un fait justifié est également exonéré de toute responsabilité pénale.
- Un fait justifié ne répond pas comme acte criminel, et il ne devrait pas entraîner une responsabilité pénale. Par conséquent, on ne peut pas imposer certaines mesures de sécurité ou une responsabilité lorsque l'acte est couvert par une justification.
Erreur de justification
La cause d'erreur de justification intervient lorsque le sujet pense à tort que les raisons l'autorisant à agir sont présentes ; on parle alors de justification putative. L'erreur est régie par l'article 14 du CP. Dans ces cas, la construction factuelle que le sujet forme est fausse. Il s'agit d'une erreur dans la formation de la volonté : la majorité de la doctrine l'appelle erreur de ban (erreur sur l'existence d'une justification), puisque le sujet croit à tort qu'il existe une justification pour agir.
Code : causes de la défense pénale
CODE : JUSTIFICATION — CAUSES DE LA DÉFENSE PÉNALE
Exempte de toute responsabilité pénale l'usage de la violence contre une personne ou ses droits lorsque les conditions légales sont remplies. Ces causes sont contenues dans l'article 20 du CP (paragraphes 4, 5 et 7) et nécessitent des conditions spécifiques selon le type.
Légitime défense (art. 20.4)
La légitime défense est exclue de responsabilité pénale et nécessite généralement les conditions suivantes :
- Qu'il y ait une attaque illégitime.
- Qu'il existe une défense (réaction à l'attaque).
- Que l'auteur de la défense n'ait pas provoqué l'attaque dirigée contre lui.
- Que les biens personnels protégés soient protégés par la loi.
*** Nous devons également distinguer deux figures d'excès :
- Excès extensif : erreur sur l'objet défendu (par exemple, l'auteur croit à tort qu'il est agressé) ; il s'agit d'une justification putative.
- Excès intensif : surdimensionnement des moyens, utilisation irrationnelle ou disproportionnée des moyens de défense.
État de nécessité (déclaration du besoin)
État de nécessité : exonère de responsabilité pénale lorsqu'une personne commet un acte pour protéger un ou plusieurs intérêts exposés à un grave danger, et qu'il est impossible d'éviter ce danger autrement qu'au prix d'une atteinte à un autre intérêt. La nécessité contient classiquement trois conditions :
- a) Le préjudice causé ne doit pas être supérieur à celui qu'on cherche à éviter.
- b) La situation ne doit pas avoir été provoquée intentionnellement par celui qui se prévaut de la nécessité.
- c) La nécessité ne doit pas résulter d'une obligation ou d'une charge qui impose de sacrifier autrui (i.e. la situation ne doit pas découler d'un devoir professionnel qui exige le sacrifice d'autrui).
Elle exige en outre la présence d'un danger réel et actuel, produisant un dommage appréciable pour soi-même ou autrui. L'action doit être adéquate et constituer le moindre mal possible. Il est nécessaire, dans tous les cas, de peser les différents intérêts concurrents. La doctrine considère généralement que, si le préjudice causé est inférieur à celui évité, il y a justification ; s'il est équivalent, il s'agit d'une cause d'exonération.
Exercice des droits et accomplissement du devoir (art. 20.7)
Exercice de droits et accomplissement d'un devoir (juridique ou de charge) est prévu à l'article 20.7. La justification comporte généralement quatre exigences :
- a) L'auteur est un fonctionnaire public autorisé à utiliser des moyens violents dans l'exercice de ses fonctions.
- b) L'acte s'inscrit dans le service ou la mission particulière qui requiert l'usage de la violence.
- c) La violence employée doit être la plus limitée possible : utilisation du moyen le moins dangereux et le moins dommageable.
- d) La force utilisée doit être proportionnée à la gravité de la situation donnant lieu à l'intervention.
*** En remplissant un devoir, on évoque l'expression obéissance due qui se rapporte à des cas d'exonération de responsabilité pour l'exécution d'un ordre, y compris lorsque l'ordre contient un contenu illégal. Elle requiert l'existence d'une relation hiérarchique émanant d'une autorité supérieure. Tant la jurisprudence que la doctrine s'accordent à considérer que l'obéissance due fait partie de la défense fondée sur l'accomplissement du devoir et revêt la nature d'une justification dans certains cas.
Consentement de la victime (objet du passif)
Consentement de l'objet du passif : il n'est pas conçu strictement comme une justification, et il présente une double virtualité :
- Comme cause d'« atypie » : il peut rendre l'élément matériel non typique (le comportement cesse d'être typique).
- Comme cause de justification : il peut rendre l'acte légalement disponible et s'intégrer comme élément du type dans les cas où le droit le permet.
D'une part, il existe des cas où le consentement est légalement admissible ; d'autre part, pour les atteintes graves à la vie, ce consentement est restreint. **** Le consentement de la victime peut fonctionner comme une cause d'irresponsabilité atypique ou comme une justification selon les circonstances.