Le Positivisme d'Auguste Comte et la Distinction entre Droit et Morale
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Le Positivisme d'Auguste Comte
Caractéristiques du Positivisme
Le positivisme est une philosophie du XIXe siècle qui prône la sublimation de la science positive. Selon Auguste Comte, la méthode positiviste implique la renonciation à l'absolu, considérant que seuls les phénomènes naturels sont observables et mesurables par une expérimentation stricte. Le positivisme juridique considère le paysage social comme une facette de la vie sociale, soumettant les lois juridiques aux lois sociales. L'absolu est hors de portée de l'intelligence humaine.
La Théorie de Comte
En 1844, Comte publie son "Discours sur l'esprit positif". Sa théorie se divise en deux parties :
- Négation de la métaphysique : Comte rejette la métaphysique comme science, la qualifiant de chimérique. La méthode scientifique, selon lui, consiste à observer, analyser, classer, reconnaître et induire les lois qui expliquent la répétition des phénomènes sensoriels.
- Deux thèses principales :
- Loi des trois états : Cette loi décrit l'évolution de la pensée humaine :
- État théologique : L'esprit humain cherche des explications aux phénomènes en recourant à des agents surnaturels.
- État métaphysique : Les agents surnaturels sont remplacés par des entités abstraites pour expliquer la nature des choses. Comte critique la métaphysique comme une "théorie à la recherche d'une meilleure nourriture".
- État positif : L'intelligence rationnelle se libère et renonce à la connaissance de l'absolu. Toute proposition doit pouvoir être réduite à un fait réel et intelligible.
- Classification des sciences : Comte classe les sciences dans l'ordre suivant : mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie et sociologie. La sociologie est la science la plus aboutie et présuppose l'existence des autres.
- Loi des trois états : Cette loi décrit l'évolution de la pensée humaine :
Distinction entre Droit et Morale
Évolution Historique
La distinction entre droit et morale est un thème récurrent en philosophie du droit. Dans l'Antiquité, Platon et Aristote établissaient un lien étroit entre éthique et juridique. La philosophie morale romaine, avec ses praecepta iuris (honeste vivere, alterum non laedere, suum cuique tribuere), systématise ce lien.
Rationalisme Protestant et Droit Naturel
La distinction claire entre droit et morale émerge avec le rationalisme protestant et le droit naturel. Hugo Grotius, dans son "De jure belli ac Pacis", sépare le droit naturel de Dieu, distinguant un droit parfait (le droit positif) d'un droit imparfait (la morale). Pufendorf, dans "De jure naturae et gentium", développe la théorie de Grotius en distinguant le for interne (régi par la morale) et le for externe (régi par le droit).
Kant et la Distinction Finale
Thomas d'Aquin introduit les concepts de iustum (droit), decorum (pratiques sociales) et honestum (morale). Kant, dans sa "Métaphysique des mœurs", consacre la distinction entre droit et morale. Il distingue quatre types de législation :
- Interne : L'impératif catégorique, qui provient de la raison elle-même.
- Externe : La décision d'une autorité qui s'impose à tous.
- Morale : La législation qui transforme l'action en devoir.
- Juridique : Permet une motivation autre que le droit lui-même.
La morale relève de la coercition interne (éthique de la raison pratique), tandis que le droit peut être légal ou illégal, indépendamment de la morale.