La Première République Espagnole (1873-1874)

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La Première République espagnole est proclamée le 11 février 1873. À ce moment, un changement sociopolitique important s'opère : l'abandon des démocrates et la montée en puissance du parti républicain. Ainsi, le pouvoir civil prend le pas sur l'armée et l'Église. En outre, elle renforce l'idée fédéraliste qui se dégage, le cantonalisme, et la division des pouvoirs dans le monde républicain, entre les républicains et les démocrates les plus progressistes. Le processus de la République est divisé en plusieurs étapes :

  • 1. L'abdication d'Amédée Ier de Savoie.
  • 2. Un vide de pouvoir qui provoque une crise sociale et économique.
  • 3. Une crise du Trésor public (Hacienda) renforcée par la guerre carliste, qui conduit à l'élaboration de la ligne modérée de l'armée ; s'y ajoutent une crise agricole et une absence de développement engendrée par la peur de la bourgeoisie. En outre, le régime n'est pas soutenu par les puissances européennes.

Dans cette situation, on assiste à la nomination du premier président de la République : Estanislao Figueras, suivi de Pi y Margall, puis de Salmerón et enfin de Castelar.

Après les deux premiers présidents, la question politique n'étant pas réglée, Pi y Margall convoque des élections. Celles-ci tendent vers le fédéralisme et Pi y Margall décide d'élaborer une constitution fédérale et républicaine. Les élections sont marquées par une forte abstention. Une nouvelle constitution est rédigée, prévoyant 16 États (dont Cuba), divisés en communes, États régionaux et État fédéral. Un État non-centralisateur est proposé pour la première fois, considéré comme la base d'un futur nationalisme espagnol. Malgré cela, la situation en Espagne reste instable et la République tente de corriger le tir.

Pi y Margall échoue et le troisième président de la République, Salmerón, entre en fonction. Il se concentre sur la pacification du sud de la péninsule et encourage la bourgeoisie pour sortir l'Espagne de la crise. Malgré le conflit militaire, Salmerón refuse de signer une sentence de mort contre les dirigeants du mouvement cantonaliste. C'est alors qu'arrive le quatrième président : Emilio Castelar, qui met davantage l'accent sur les domaines sociaux, délaissant les idées fédéralistes et réformistes.

Le 3 janvier 1874, les Cortes (Parlement) s'ouvrent et le gouvernement de Castelar est défait. La formation d'un gouvernement de gauche est imminente mais, face à cette perspective, le capitaine général de Nouvelle-Castille, Manuel Pavía, exige la dissolution du Parlement républicain, rencontrant peu de résistance.

Le général Serrano arrive ensuite au pouvoir, favorisant l'union entre les syndicalistes et les progressistes. En décembre 1874, un coup d'État militaire est mené par Arsenio Martínez Campos. Ce mouvement met fin à l'expérience républicaine avec la signature du Manifeste de Sandhurst, qui assure la victoire à l'héritier du trône d'Espagne : Alphonse XII.

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